Blocage des lycées : le mouvement de contestation se poursuit avant deux semaines de vacances, mettant un frein aux mouvements de blocage

Les représentants des lycéens ont un rendez-vous en fin d'après-midi avec Édouard Geffray et son collègue à l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste. Les collèges et lycées vont fermer pendant deux semaines pour les vacances scolaires de la Toussaint, éteignant de fait les mouvements de blocage.

Par Hugo Coursier

Publié le 15 octobre 2026

Blocage des lycées : le mouvement de contestation se poursuit avant deux semaines de vacances, mettant un frein aux mouvements de blocage

Les organisations lycéennes doivent être reçues par le ministre Edouard Geffray, jeudi 15 octobre, au ministère de l'Éducation nationale.

Des lycéens poursuivent le mouvement de contestation, ce jeudi 15 octobre 2026. Des actions ont eu lieu ce jeudi matin. Plusieurs établissements étaient toujours bloqués. Néanmoins, le mouvement a enregistré un léger recul ces derniers jours. Il y avait un peu moins de 200 lycées fermés.

Ce jeudi, un blocus inédit est en cours devant la prestigieuse école de commerce HEC, située à Jouy-en-Josas dans les Yvelines. Ils ont barricadé, pour la première fois, l’entrée de l’établissement.

Le gouvernement joue-t-il la montre pour éteindre la contestation lycéenne ? On ne pourra jamais avoir de réponse claire à cette question, mais il y a fort à parier que oui. Alors que plus de 2,6 millions de lycéens seront en vacances à compter de ce vendredi 16 octobre, les mobilisations vont inévitablement faiblir.

Cette semaine, deux versions s’affrontent : le gouvernement dit remarquer un ralentissement du mouvement à l’approche des vacances de la Toussaint, mais cela est démenti par les syndicats lycéens et étudiants qui ne veulent rien abandonner.

Les organisations lycéennes doivent être reçues par le ministre Edouard Geffray, jeudi 15 octobre, au ministère de l’Éducation nationale. Cette réunion est prévue à 17h30. « On attend des choses concrètes sur Parcoursup, le bâti scolaire, les emplois du temps », a rappelé Pierre Sourzat, représentant de Les Lycéens !, déplorant n’avoir obtenu que des « miettes » jusqu’à présent.

Les étudiants de HEC Paris mobilisés devant l’entrée de l’école de commerce, une première

Les cours de la Faculté de Nanterre se dérouleront en distanciel à cause des blocus «en soutien» au mouvement lycéen. «La présidence fait passer les cours en distanciel pour casser la grève ! On doit les stopper ! On le refuse, Organisons-nous face à ça !», regrette l’UNEF Nanterre, dans une publication X. Le syndicat appelle à un nouveau blocage ce matin à 9h30.

La prestigieuse école de commerce HEC Paris, située à Jouy-en-Josas dans les Yvelines, est perturbée ce matin par des étudiants mobilisés pour soutenir les lycéens. Une première pour l’établissement.

Les étudiants ont réuni des poubelles, des palettes en bois et des barrières pour barricader l’entrée du bâtiment et ont déployé une banderole où il est inscrit « HECoutez les lycéens ». Plusieurs d’entre eux ont également brandi des pancartes « Privilégiés mais pas aveugles » ou encore « Nos valeurs ne sont pas cotées en Bourse ».

La violence a été présente lors des blocages, en particulier à l’encontre des forces de l’ordre et du personnel de l’Éducation nationale. Plus de trois semaines après le début des blocages de lycées, les services du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, annoncent ce mercredi 7 950 gardes à vue, dont 1 177 concernent des majeurs et 6 773 des mineurs, soit 85 %.

En tout, la Chancellerie a comptabilisé 2 735 poursuites (80 % de mineurs) et 2 225 alternatives aux poursuites. 2 545 mis en cause ont été déférés devant la justice.

Emmanuel Macron a reconnu mercredi 14 octobre que « la jeunesse exprime des angoisses légitimes », mais a déploré qu’elles soient « exploitées politiquement et transformées en violences urbaines avec des scènes inacceptables ». Il s’agit pour les lycéens de manifester leur mécontentement face au manque de ressources allouées à leurs établissements et de remettre en question l’entreprise destructrice que constitue Parcoursup. Jusque-là, rien à redire.

Le chef de l’État a demandé au gouvernement « d’apporter des réponses concrètes (…) dans les semaines à venir », notamment sur la question du bâti scolaire qui est « une des revendications principales » des lycéens, selon des propos rapportés par la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon à la sortie du Conseil des ministres.

H. C.

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