deuxième partie

Émeutes lycée-haines : le temps du feu

Brûler un lycée, c’est favoriser l’émergence de « l’homme nouveau » des régimes totalitaires. Et ce n’est certainement pas un hasard si la rhétorique LFIste prophétise l’avènement prochain d’une « nouvelle France », une « nouvelle France » censée se substituer à la France républicaine et à son héritage celte, gréco-romain et judéo-chrétien magnifiquement amendé par l’apport philosophique des Lumières.

Par Marc Hellebroeck

Publié le 6 octobre 2026

Émeutes lycée-haines : le temps du feu

Pompier en feu rue Sainte Catherine (Bordeaux, 29 septembre, près du lycée Montaigne)

En marge des émeutes lycée-haines et de leur cortège de vandalisme, les agressions physiques se multiplient également.
Il y a eu ces personnels éducatifs molestés ou aspergés d’essence, comme par exemple au lycée de la Ciotat (1).
Il y a eu cette jeune policière, à Paris, poursuivie comme un gibier, puis jetée au sol et lynchée à coups de pied par une meute de garçons (2).
Il y a eu cette femme, à Marseille, victime d’un adolescent cagoulé qui a utilisé un spray pour lui brûler le visage (3).

On constate donc que de nombreuses victimes sont des femmes, ce qui démontre au passage que certains lycéens, ainsi que les miliciens antifas qui les ont rejoints, sont juste de gros « beaufs » pétris de préjugés masculinistes.

On constate également, aussi bien en ce qui concerne les dégradations urbaines qu’en ce qui concerne les violences physiques, l’utilisation récurrente du feu par les jeunes émeutiers.

Symbolique du feu et « homme nouveau »

Le feu. Le feu aux poubelles. Le feu aux lycées. Le feu sur les gens. Le feu partout. Le feu tout le temps.

Le feu n’est pas anodin. Le feu est éminemment symbolique. C’est le feu purificateur qui fait « table rase du passé », c’est le feu de l’incendie du Reichstag et c’est le feu des autodafés nazis.

Brûler un lycée, ce n’est pas seulement brûler un bâtiment public par seul goût du vandalisme, même si cette dimension nihiliste existe indéniablement. Brûler un lycée, c’est aussi brûler délibérément les livres du CDI (Centre de Documentation et d’Information) et c’est par conséquent brûler la culture française (laquelle, par ailleurs, n’existe pas, selon le chef de l’État lui-même).

Brûler un lycée, c’est favoriser l’émergence de « l’homme nouveau » des régimes totalitaires. Et ce n’est certainement pas un hasard si la rhétorique LFIste prophétise l’avènement prochain d’une « nouvelle France », une « nouvelle France » censée se substituer à la France républicaine et à son héritage celte, gréco-romain et judéo-chrétien magnifiquement amendé par l’apport philosophique des Lumières.

« L’homme nouveau » de cette « nouvelle France » souhaitée par l’extrême gauche est donc en train de naître avec ces émeutes lycéennes. Qui est-il ?

« L’homme nouveau » que souhaite l’extrême gauche n’est pas l’homme nouveau « augmenté » et monstrueux des apprentis-sorciers transhumanistes ; « l’homme nouveau » de cet automne 2026 est un adolescent diminué, un jeune amputé de son esprit critique et à la pensée-croupion (4). C’est aussi un monstre – certaines de ses actions violentes le démontrent – mais un monstre qui fait autant peur que pitié.

« L’homme nouveau » que souhaite l’extrême gauche, c’est l’élève à demi-illettré dont le discours éructant est un hybride stérile de gauchisme infantile et de religiosité confuse.

« L’homme nouveau » que souhaite l’extrême gauche, c’est le lycéen qui rallume dans nos villes les bûchers médiévaux. On n’arrête pas le progressisme !
Et puisqu’il est question de bûchers médiévaux, la séquence récente où un édile LFIste danse avec des lycéens autour d’un feu de poubelle évoque le film « Sacré Graal », des Monty Python’s : il s’agit de la fameuse scène où des paysans médiévaux, confits dans l’abrutissement superstitieux et les préjugés, hurlent « burn her, burn her ! » devant leur seigneur féodal afin qu’on dresse le bûcher pour une prétendue sorcière (5).  

Finalement, une fois adulte, « l’homme nouveau » que souhaite l’extrême gauche ne sera rien d’autre que le recyclage d’un homme ancien, d’un homme d’avant l’école républicaine et laïque ; soit un homme déculturé et à l’esprit suffisamment ductile et crédule pour être perméable à toutes les manipulations.

Le pompier et les zombies

Sans vouloir le moins du monde manquer de compassion et de respect à l’égard de toutes les victimes de cette violence juvénile orchestrée par un parti qui a un agenda politique, l’image que je retiens en priorité des événements demeure toutefois celle de ce pompier en flammes dans une rue bordelaise.

Il est seul au centre de la photo.
Il brûle.
Il brûle parce que quelqu’un, parmi les manifestants/émeutiers, a allumé un incendie et laissé traîner sciemment une substance inflammable.
Les lycéens, quant à eux, restent en retrait, respectant prudemment une distance de sécurité.
Et ils regardent.
Ils regardent tranquillement un homme brûler vif devant eux, un homme qui était venu les protéger de l’incendie que l’un d’entre eux a déclenché.

Ils regardent un homme brûler en direct sous leurs yeux comme s’ils visionnaient une vidéo TikTok ou Instagram.

Aucun lycéen n’esquisse le moindre geste pour venir en aide à ce pompier.
Lui, l’homme qui sauve, personne ne le sauve.
Si je n’étais pas athée, je dirais qu’il y a une dimension christique dans cette image.

Ces lycéens ont quasiment tous sorti leur téléphone portable.
Ils filment la scène, ils filment l’obscène, ils filment l’indicible.
Ils filment cette scène insoutenable comme s’ils voulaient conserver un souvenir du spectacle de leur chanteur favori. Pour revoir ensuite les images. Encore et encore.
On les imagine un peu plus tard, débriefant ladite scène dans un quelconque fastfood : « wesh, regarde comme il bougeait le gars, trop de la balle ! Faut que j’envoie ça à mon p’tit frère, il va kiffer grave, wallah ! »…

Au sein de cette foule de jeunes français qui se proclament certainement anticapitalistes, certains regrettent probablement de ne pas avoir encore le dernier iPhone, car la qualité vidéo de ce qu’ils filment aurait été meilleure.
Peut-être même qu’ils sont impatients de voir le pompier se consumer entièrement, afin de pouvoir poster au plus vite leur vidéo sur le réseau social d’un milliardaire californien.
Une angoisse existentielle les étreint sans doute : qui, parmi eux, obtiendra le plus de « likes » pour sa vidéo ?

À voir ces lycéens ainsi massés, on ne peut s’empêcher de penser à ces hordes de zombies indifférenciés et au regard vide des films ou des séries post-apocalyptiques.

Comme les zombies, ils ne ressentent manifestement plus de sentiments humains.

Comme les zombies, ils annoncent et préfigurent la faim du monde, la fin de notre monde.

Comme les zombies, ils ont faim d’immonde.

Comme les zombies, ces lycéens sont terrifiants. Leur passivité face à un homme en flammes est d’ailleurs encore plus terrifiante que leurs actes de vandalisme ou que leurs agressions. Les vivants qui contemplent la mort ne sont-ils pas au final plus malsains que les morts-vivants ?

L’éducation en France est devenue une expérience de tératogenèse.

Des générations nouvelles, dégénération nouvelle ?

Cette scène, qui aurait pu finir en drame absolu pour le soldat du feu (6), s’est déroulée à Bordeaux, à proximité du lycée Montaigne. Montaigne qui, dans ses « Essais », a écrit : « Il faut savoir si le feu est chaud, si la neige est blanche, s’il n’y a rien de dur ou de mou dans notre connaissance ».
Qui, parmi les lycéens qui regardaient sans intervenir le pompier brûler, serait encore capable de commenter cette phrase autrement que par « Wesh frair, tu çé pa parlé l’çéfran, on di pa jé étai fèr du ski a la montaigne, on di jé étai fèr du sqi a la montagne ! » ?

Notre histoire aurait pourtant dû nous apprendre que ceux qui incendient d’abord les lieux de savoir et les livres finissent toujours par brûler des hommes…

Que faire d’une génération de jeunes gens parmi lesquels certains ne ressentent aucune émotion en voyant un être humain brûler devant eux ? De tels individus, en état de distanciation totale avec la mort possible, concrète et visible de l’autre, sont de purs sociopathes tout prêts à être happés par la première idéologie totalitaire politique, religieuse ou politico-religieuse de passage.

De cette situation – qui n’est absolument pas révolutionnaire, mais pré-totalitaire – certains idéologues se réjouissent.
Ils rient.
Dans leur barbe.

Il y a déjà eu une génération où certains jeunes n’éprouvaient aucune empathie à voir des êtres humains brûler.
C’était il y a bientôt un siècle.
En Allemagne.

(1) « C’était hyper choquant » : des enseignants molestés devant un lycée bloqué à La Ciotat, plusieurs personnes interpellées | TF1 Info

(2) Une policière agressée par plusieurs jeunes à Paris – Vidéo Dailymotion

(3) Blocage des lycées à Marseille : une femme brûlée au visage par un spray inflammable, une enquête pour agression ouverte

(4) Quelle autre saison pourrait mieux se prêter à l’évocation du pourrissement et de la décadence ?

(5) https://youtu.be/whnp_arhdGo?si=Jt8NVlN9RMC6l4Qy

(6) Fort heureusement, le pompier s’en est tiré sans blessure grave.

M. H.

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