Grâce de Boualem Sansal
Un avion de transport militaire allemand acheminera Boualem Sansal d’Alger à Berlin
L'Algérie a accepté une demande de l'Allemagne de gracier et transférer l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal. Sébastien Lecornu a salué la grâce de l’écrivain franco-algérien annoncée par Alger ce mercredi, «fruit d’une méthode faite de respect et de calme». Cet après-midi, un avion militaire de transport allemand acheminera l'écrivain d'Alger vers Berlin, accompagné par l'ambassadeur d'Allemagne, Georg Felsheim.
Par Karim Maloum
Publié le 12 novembre 2025

L’Algérie a accepté une demande de l’Allemagne de gracier et transférer l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, emprisonné depuis un an, dans ce pays pour qu’il puisse y être soigné, a indiqué un communiqué de la présidence algérienne.
L’Algérie a accepté une demande de l’Allemagne de gracier et transférer l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, emprisonné depuis un an, dans ce pays pour qu’il puisse y être soigné, a indiqué un communiqué de la présidence algérienne.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune « a répondu favorablement » à une demande de son homologue Frank-Walter Steinmeier, « concernant l’octroi d’une grâce en faveur de Boualem Sansal », selon le communiqué officiel.
Le président allemand avait demandé que Boualem Sansal soit gracié et bénéficie de soins médicaux en Allemagne « compte tenu de son âge avancé (…) et de son état de santé fragile ».
L’écrivain avait été condamné à cinq ans de prison le 27 mars pour «atteinte à l’unité nationale», une peine confirmée en appel le 1er juillet.
Lecornu exprime le «soulagement» du gouvernement
Devant les députés, le Premier ministre français Sébastien Lecornu a salué la libération future de l’écrivain, quelques minutes après l’annonce, évoquant un « fruit d’une méthode faite de respect et de calme » et le « soulagement » du gouvernement.
De leurs côtés, les avocats français de Boualem Sansal se sont dits mercredi « heureux que l’humanité ait prévalu sur toute autre considération » après cette annonce. « Nous avons toujours été convaincus que le sort de Boualem Sansal devait être dissocié des aléas diplomatiques », ont indiqué Me Pierre Cornut-Gentille et François Zimeray, qui « saluent le rôle de l’Allemagne dans ce dénouement ».
«J’étais pessimiste mais j’y ai toujours cru», dit sa fille Sabeha
L’une des filles de Boualem Sansal a exprimé mercredi son soulagement après l’annonce de la grâce de son père emprisonné en Algérie, affirmant à l’AFP y avoir «toujours cru» même si elle était «pessimiste».
«J’étais un petit peu pessimiste parce qu’il est malade, il est vieux et qu’il pouvait mourir là-bas. J’étais pessimiste mais j’y ai toujours cru. J’ai gardé l’espoir que ça arrive un jour», a déclaré Sabeha Sansal par téléphone, depuis la République Tchèque où elle vit. «Je suis très heureuse parce que c’était vraiment une situation extraordinaire. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi il était emprisonné», a ajouté cette Algéro-Tchèque de 51 ans, ajoutant: «J’espère qu’on va se revoir bientôt».
Braun-Pivet : «La liberté de penser, d’écrire, de douter et de critiquer triomphe aujourd’hui»
«Après une année d’emprisonnement arbitraire, notre compatriote Boualem Sansal est enfin libre», a publié sur X Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale. «La liberté de penser, d’écrire, de douter et de critiquer triomphe aujourd’hui», a-t-elle ajouté.
Après une année d’emprisonnement arbitraire, notre compatriote Boualem Sansal est enfin libre.
— Yaël Braun-Pivet (@YaelBRAUNPIVET) November 12, 2025
La liberté de penser, d’écrire, de douter et de critiquer triomphe aujourd’hui.
Je salue le travail patient de celles et ceux qui ont rendu possible cette issue tant attendue, et je… pic.twitter.com/xwusUcokOF
Le président de l’Académie Goncourt se réjouit
«Très heureux de le voir sortir de la prison algérienne, près d’un an après son emprisonnement. Quel que soit le mode opératoire, même s’il doit transiter par un autre pays, le plaisir est là de voir à la liberté cet écrivain Franco-algérien», s’est réjoui Philippe Claudel, président de l’Académie Goncourt sur BFMTV.
«Pendant un an, Boualem n’a pas écrit ou parlé, ou alors il était inaudible, sa libération, son retour en Europe, en Allemagne peut-être, et en France après, c’est quelque chose de magnifique, sur le plan littéraire et sur la liberté d’expression. Il faut que nos relations avec ce beau pays qu’est l’Algérie n’en souffrent pas.»
Le 4 novembre, lors de l’annonce, en marge de l’attribution du prix Goncourt 2025, les dix jurés de l’Académie Goncourt arboraient un badge « Je suis Boualem Sansal ». Et le prix Renaudot poche a été décerné à l’écrivain franco-algérien pour son roman Vivre.
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