Monstres en vrac – premier épisode : L’apocalypse des loups-garous
Notre époque est monstrueuse ! Ça tombe bien car cet été, Rupture vous propose des monstres, des monstres en vrac ! Zombies, vampires, extra-terrestres et autres loups-garous, ils seront tous là pour vous… Y compris le pire des monstres : l’homme !
Par Marc Hellebroeck
Publié le 24 juillet 2026

La cheffe de file des députés Verts fit un discours enflammé à l’Assemblée nationale.
Les loups-garous… On pensait que ces métamorphes velus, perpétuellement affamés et aux dents acérées, appartenaient au domaine des légendes. Jusqu’à la nuit où ils surgirent en masse, boulottant tous les humains qui se trouvaient sur leur passage, et reprenant même plusieurs fois du rab’ !
On constata toutefois que même s’ils mangeaient tout le monde, ces gourmands griffus manifestaient une prédilection pour la chair sans doute plus tendre des jeunes filles et des femmes. Il apparut également que, conformément aux récits légendaires, il était possible de les neutraliser avec des armes en argent.
Aussitôt, la cheffe de file des députés Verts fit un discours enflammé à l’Assemblée nationale, discours dans lequel elle martela que puisque les loups-garous avalaient les gens tout crus, au lieu de les faire cuire au barbecue patriarcal, c’était bien la preuve que la culture lycanthrope était parfaitement compatible avec le néo-féminisme.
Ensuite, les mêmes écolos protestèrent de manière véhémente contre l’utilisation de l’argent, considéré non seulement comme un métal toxique pour l’environnement, mais aussi comme un insupportable symbole du capitalisme. Recourir à l’argent pour se protéger des loups-garous fut donc interdit et on substitua au métal précieux des stages de déradicalisation nutritive, afin de favoriser la transition alimentaire nécessaire à la création d’une nouvelle génération de lycanthropes déconstruits et végétaliens. À cet égard, les militantes végano-féministes chargées de la mise en œuvre de ces stages purent ainsi expérimenter in vivo et sur elles-mêmes (quoique brièvement) ce que cela faisait d’être « intersectionnées »…
Puis, ce fut au tour des antiracistes de protester : ils dénoncèrent avec force la lycanthrophobie systémique qui consistait à interdire aux loups-garous de pratiquer, chaque nuit de pleine lune et après 29 jours et demi de jeûne, leur rite anthropophage au sein de l’espace public.
Une loi fut donc votée dans l’urgence, qui autorisait les loups-garous à vivre librement leur foi et, en même temps, à satisfaire leur foie en engloutissant les gens. « On laisse bien les chrétiens manger le corps du Christ ! », « Non au droit d’ingérence, oui au droit d’ingestion ! », disaient de nombreux progressistes qui virent d’ailleurs dans l’expérience d’être croqués la forme ultime de l’inclusivité. Ainsi, militants écolos et antifas cagoulés du mouvement « Les Jeunes Gras » se réjouissaient ostensiblement à l’idée d’être d’abord avalés, puis recyclés sous forme de biocrottes de lycanthropes…
Enfin, l’État mit en place dans les écoles des menus respectueux des traditions alimentaires lycanthropes, ce qui permit à l’Éducation nationale de réaliser de substantielles économies : en effet, la cantine des élèves loups-garous ne coûtait pas le moindre argent public dans la mesure où lesdits élèves coupaient en deux leurs camarades de classe – c’est ce qu’on appelle une véritable demi-pension ! – avant de les manger !
Au bout de quelques mois, il n’y eut plus un seul habitant humain encore en vie dans le pays : tous avaient été dévorés par les loups-garous. Peu après, ces derniers moururent de faim.
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