R.I.P. l’État français !
Le mercredi 21 octobre 2026, l’État français est mort. Son avis de décès a été rédigé et signé par le préfet de police de Paris, qui a invité les commerçants de la capitale à faire appel à « des agents de sécurité privée » pour assurer leur sécurité et celle de leurs boutiques (1).
Par Marc Hellebroeck
Publié le 23 octobre 2026

Le mercredi 21 octobre 2026, l’État français est donc mort. Il n’y aura ni fleurs ni couronnes aux funérailles.
En effet, un État qui n’est plus en capacité de protéger ses ressortissants et qui leur délègue la fonction régalienne de police est un État failli, autrement dit, un État disparu.
Après avoir acté cette disparition et, par conséquent, avoir confessé son impuissance et son inutilité, ledit préfet a néanmoins affirmé que « Face à ceux qui veulent semer le désordre, nous serons forts et vigilants », démontrant en cela qu’il maîtrisait magistralement la dialectique du « en même temps » macronien.
Tout va très bien, madame la marquise !
Le président de la République n’a même pas daigné écrire et signer lui-même l’avis de décès de cet État qu’il est censé diriger. Après des mois passés à dénoncer de prétendues ingérences russes et à ignorer les véritables ingérences étrangères que constituent ces drapeaux étrangers brandis lors de chaque manifestation ou émeute en France (2), voilà qu’il sombre dans le complotisme le plus paranoïaque en déclarant à propos des émeutes, des pillages et des incendies qui ravagent la France, qu’il y a eu « une manipulation étrangère de l’information » et que « des dirigeants étrangers » relayent des « images d’intelligence artificielle qui ont montré des scènes qui ne se sont jamais passées en France » (3).
Après les incendies estivaux allumés par Poutine (4), voici donc les incendies automnaux de Trump ! On attend avec gourmandise, pour les prochaines émeutes, les incendies hivernaux de Xi Jinping et les incendies printaniers de Netanyahou ! Peut-être même que ces quatre dirigeants politiques ont prévu un concert au Stade de France pour interpréter ensemble « Allumer le feu », de Johnny Hallyday ? Espérons que le couple présidentiel n’ira pas y assister, comme il a assisté au récital de Céline Dion, sinon c’est encore une émeute garantie le lendemain !
Puisqu’il est question de chanson et qu’en France, tout finit par des chansons, peut-être faudrait-il réactualiser la fameuse chanson de Ray Ventura en l’adaptant au chef de l’État, de retour du Qatar, alors que notre pays est à un Doha d’une guerre civile dont il refuse obstinément de voir les prémisses :
Allô, allô, Sébastien ?
Quelles nouvelles ?
Une mairie a donc brûlé ?
Expliquez-moi
Ministre modèle,
Comment cela s’est-il passé ?
Cela n’est rien, Monsieur le Président,
Cela n’est rien, tout va très bien.
Pourtant, il faut, il faut que l’on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Si la mairie brûla, Monsieur,
C’est qu’le pays était en flammes.
Mais, à part ça, Monsieur le Président.
Tout va très bien, tout va très bien !
Le Léviathan, les travailleurs et les tiques
Thomas Hobbes affirmait, dans son Léviathan, que seul l’État, incarné à l’époque par le roi, peut et doit préserver la paix civile, si nécessaire par la répression. C’est ce que Max Weber appellera plus tard, dans son ouvrage intitulé « Le Savant et le Politique », le « monopole de la violence physique légitime », un monopole qui doit demeurer le privilège exclusif de l’État, afin de garantir le contrat social.
Le libre consentement à l’impôt provient du fait que l’État-racketteur, en échange des sommes versées, a le devoir d’assurer une protection contre la violence aux contribuables, ainsi qu’à leurs familles, à leurs biens et à leurs outils de travail.
Aujourd’hui, alors que les émeutes et les pillages sont devenus récurrents et qu’un préfet – nommé par le président de la République et représentant de l’État dans le département – incite les commerçants à financer désormais eux-mêmes leur sécurité, le contrat social devient caduque.
Ainsi, pour le commerçant dont la boutique a été ravagée, Messieurs Macron, Lecornu, Nunez et Darmanin, qui incarnent aujourd’hui l’État, ne sont finalement pas différents du milicien Black Bloc qui casse la vitrine de ladite boutique ou du jeune banlieusard allogène qui la pille. Président, Premier ministre et ministres payés par les impôts des travailleurs, deviennent donc, dans la mesure où ils n’assurent plus leur mission de protection de la classe productive, de simples racketteurs parmi d’autres… Et peut-être même des racketteurs pires que les autres, puisqu’une partie des impôts des Français qui travaillent garantit la pérennité d’une classe politique devenue une aristocratie totalement parasitaire, tandis que l’autre partie desdits impôts, via la redistribution sociale, finance la classe oisive des jeunes racailles de banlieue, qui ne se lèvent qu’à partir de 15 heures, car les pillages ne commencent pas avant 19 heures.
Il risque d’arriver un jour où le peuple laborieux, traité comme un chien, se grattera furieusement pour se débarrasser des tiques des 6e, 7e et 8e arrondissements parisiens, ainsi que de leurs cousines des banlieues…
Généralement, ça s’appelle une révolution.
Requiem de Mozart pour la France, requiem du Mozart de la finance…
Le mercredi 21 octobre 2026, l’État français est donc mort.
Il n’y aura ni fleurs ni couronnes aux funérailles. Il n’y aura pas non plus de cérémonie pour rendre hommage à Philippe II Auguste, qui avait largement contribué à créer cet État, ou à Charles de Gaulle, qui l’avait rétabli.
De la victoire de Bouvines du 27 juillet 1214, où le royaume de France avait écrasé une coalition de souverains européens et de grands seigneurs, à la défaite de Limoges du 17 octobre 2026, où l’hôtel de ville a été brûlé et les commerces environnants pillés par une coalition de gauchistes crasseux et de banlieusards « wesh wesh », cet État presque millénaire, cet État qui avait créé la nation française et traversé tant de régimes politiques, cet État-nation qui avait illuminé le monde par ses Lumières, cet État qu’on croyait de granit depuis Napoléon Bonaparte, a connu une fin minable et sordide, assassiné par des individus minables et sordides et déserté par des responsables politiques tout aussi minables et sordides.
Même Néron était présent quand Rome brûla !
L’État français est mort et il n’aura pas non plus de sépulture…
Quiconque aura observé les émeutes de ces derniers jours aura compris qu’il ne s’agissait pas d’un enterrement, mais d’une crémation.
Il ne pouvait en être autrement.
C’est toujours ainsi au temps du feu (5).
(2) De la double dimension, symbolique et politique, des émeutes – Rupture
(4) Si, si ! Il s’est trouvé, le 5 août dernier, sur BFMTV, une dame présentée comme analyste géopolitique pour sous-entendre une éventuelle implication russe dans les incendies de l’été dernier… Moi qui pensais que c’était encore un coup de « Kevin et Mathéo », les fameux « supporters anglais » de Gérald « Père Castor » Darmanin !(5) Émeutes lycée-haines : le temps du feu – Rupture
La rédaction vous conseille
- De la double dimension, symbolique et politique, des émeutes
- De la contestation lycéenne à la guerre civile : une pièce en quatre actes et un épilogue
- Émeutes lycée-haines : le temps du feu
Envie de lire tous les articles ?
Débloquez immédiatement tous les articles. Sans engagement.