Manifestations du 24 octobre : Une interdiction pour camoufler la faiblesse et la lâcheté

Les couvre-feux et interdictions préfectorales de manifester ce week-end sont un scandale démocratique. Le droit de manifester est constitutionnel, c'est une liberté fondamentale. Le pire est que cette décision n'est pas prise avec une visée autoritaire, pour établir un pouvoir qui le serait, mais parce que précisément l'inverse. Ces interdictions sont l'illustration de la faiblesse incommensurable de l'État en France, de l'incurie du gouvernement et de la lâcheté de notre premier magistrat.

Par Jean-Baptiste Chikhi-Budjeia

Publié le 23 octobre 2026

Manifestations du 24 octobre : Une interdiction pour camoufler la faiblesse et la lâcheté

Emmanuel Macron, ce n'est pas « Révolution », mais le néant, et du néant naît le chaos...

Certes, cette déliquescence n’a pas commencé en 2017, mais celui qui se rêvait en Jupiter et se réveille sans être même Pluton aura considérablement accéléré le processus. Voilà que celui-là même qui n’a jamais eu de culture sécuritaire, celui-là même qui, à ce point pétri de naïveté et d’angélisme, croyait qu’il suffisait d’ubériser la société et d’avoir un discours performatif pour que l’ensemble tienne, se retrouve désarmé. Le roi est nu ! Dix ans après, son énième gouvernement minoritaire est incapable d’évaluer le risque face à des légions de casseurs, de pillards, de délinquants, non par cynisme, mais par incompétence crasse (et une arrogance toute macronienne ?)

Tétanisé à l’idée qu’il puisse y avoir un mort du côté des destructeurs, le gouvernement ne donne pas ordre de charger la racaille et laisse vandaliser les rues, les magasins, le bien public. Il se fait dépasser par les événements et laisse la République partir en fumée. Les délinquants sont moins dociles que les gilets jaunes, contre lesquels le pouvoir en place n’hésita pas à envoyer les blindés de la Gendarmerie nationale…

Samedi 24 octobre arrive, et plutôt que de donner des ordres clairs de façon à neutraliser la capacité de nuisance et la rage destructrice de pillards que beaucoup à gauche ont l’indécence de faire passer pour des révolutionnaires et des prolétaires, les autorités de l’État, incapables d’assurer la sécurité des citoyens, violent une liberté fondamentale et les droits de l’opposition, que l’on fût d’accord ou non avec tout ou partie des revendications. Quelle faiblesse, quelle incurie, quelle lâcheté…

Emmanuel Macron est une calamité pour la France, pour tout ce qu’il a toujours incarné

Que fera l’État si les interdictions ne sont pas respectées ? Le piège se refermera sur lui. Soit il laissera faire, se couchera, fermera les yeux, finissant ainsi de démontrer qu’il est incapable de faire respecter une décision qu’il a proclamée haut et fort, soit il se donnera les moyens de faire respecter ce qu’il a interdit, alors même qu’il n’aura pas su arrêter les pillards, finissant de démontrer qu’il est fort avec les faibles, faible avec les forts, et que le citoyen paisible ne peut compter que sur lui pour se défendre (il est d’ailleurs amusant d’entendre des gens parler aujourd’hui d’organisation de milices alors qu’ils nous riaient au nez il y a encore 3 ans quand nous alertions précisément sur ce risque, comme nous avons pu dire le week-end dernier que les commerçants allaient s’armer, Cassandre…)

Emmanuel Macron est une calamité pour la France, pour tout ce qu’il a toujours incarné : un mépris de classe hallucinant d’inspiration girondine, une arrogance écœurante, un dédain quant à la question sociale, une incompréhension totale de ce qu’est fondamentalement notre République (c’est le fruit de son monarchisme viscéral) ; pour ses viols assumés de la laïcité (c’est un jésuite doublé d’un communautariste néo-libéral). Ajoutons sa filiation avec le Directoire : « la République des meilleurs » (tiens, voilà qui renoue avec le mépris de classe), son économisme dogmatique (bien que nous cherchions encore « le Mozart de la finance »), son européisme béat et surtout, surtout, son absence totale de vision.

En effet, faux centriste, prétendument libéral, il a fait de l’ « en même temps » sa girouette politique : « comment annuler ma décision A en prenant ma décision B, et réciproquement ? » Emmanuel Macron a flatté les adversaires d’hier pour mieux apprécier son image dans leur regard. Narcissique à souhait, il n’a jamais développé l’ombre d’un programme politique et s’est même offert le luxe de nous priver de campagne en 2022.

Emmanuel Macron, ce n’est pas « Révolution », mais le néant, et du néant naît le chaos…

J. B. C. B.

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