Olivier Faure est minoritaire au Parti socialiste et ses opposants réclament un vote des militants « avant l’été » en vue de la présidentielle

Le Parti socialiste n'a pas perdu les élections municipales. Mais ce parti est sorti affaibli par les positions de son Premier secrétaire Olivier Faure. Depuis 2017, ce dernier n'a jamais été clair. Il est toujours en quête d'une alliance avec le mouvement de Mélenchon à la veille des élections. Les autres dirigeants du Parti socialiste ne supportent plus cette situation. Ils veulent que cela cesse, que la clarté soit imposée en vue de l'élection présidentielle de 2027. La clarification est vitale. Le parti de Blum et Jaurès mettrait-il fin à son alliance avec Mélenchon ?

Par Karim Maloum

Publié le 1 avril 2026

Olivier Faure est minoritaire au Parti socialiste et ses opposants réclament un vote des militants « avant l’été » en vue de la présidentielle

Beaucoup critiquent Olivier Faure pour avoir manqué de clarté sur les alliances aux municipales et pour avoir engagé le PS sans l'accord de la direction du parti..

Le Parti socialiste est loin d’avoir à rougir de son score aux élections municipales. Mais les alliances locales nouées avec La France Insoumise, alors que la direction du parti avait assuré ne pas en passer au niveau national, ni au premier ni au second tour, restent en travers de la gorge d’un certain nombre de dirigeants du parti.

Beaucoup critiquent Olivier Faure pour avoir manqué de clarté sur les alliances aux municipales et pour avoir engagé le PS sans l’accord de la direction du parti. Les trois têtes dirigeantes du PS ont-elles atteint le point de non-retour ? Les menaces qu’ils ont échangées à l’issue d’un bureau national interminable, mardi 24 mars, en disent long sur l’état de décomposition de la famille socialiste à l’approche de l’élection présidentielle. Si Olivier Faure a eu une majorité, par le passé dans le parti, c’était grâce au courant de Boris Vallaud qui proteste aujourd’hui : « On n’est jamais mis au courant de rien. »

Boris Vallaud poursuit son offensive contre Olivier Faure et réclame un vote des militants « avant l’été » en vue de la présidentielle. Le député des Landes a également répété son refus d’une primaire de la gauche et des Ecologistes -que souhaite Olivier Faure-, dans une interview au journal Le Parisien, publiée avant la tenue du bureau national du 24 mars.

De son côté, François Hollande a assuré qu’il y « aurait une candidature de la gauche réformiste » à l’élection présidentielle de 2027, au lendemain d’élections municipales marquées par la question des alliances entre le Parti socialiste et La France Insoumise.

C’est la première fois depuis son élection, en 2017, comme Premier secrétaire, qu’Olivier Faure se retrouve minoritaire à la direction du Parti socialiste. Comment pourra-t-il continuer à diriger un parti sans l’approbation des militants ?

Accusé en interne d’un « manque de clarté » sur sa ligne, Olivier Faure est fragilisé après l’échec d’une grande partie des alliances avec LFI au second tour des municipales et se voit réclamer des « explications », mais lui, impute les défaites de la gauche à Jean-Luc Mélenchon, devenu selon lui un « boulet ». Olivier Faure s’est-il émancipé de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Tondellier ?

Boris Vallaud : « La primaire en tant que telle, ça ne remplit pas le frigo. Ça ne dit rien de ce que nous proposons. »

La majorité des dirigeants socialistes s’opposent à l’alliance avec l’extrême gauche dirigée d’une main de fer par Jean-Luc Mélenchon. Boris Vallaud, qui s’est opposé à Olivier Faure lors du dernier bureau national, au sujet de la stratégie de ce dernier dans l’entre-deux-tours des municipales, a également répété son refus d’une primaire de la gauche et des Ecologistes.

« La primaire en tant que telle, ça ne remplit pas le frigo. Ça ne dit rien de ce que nous proposons », estime Boris Vallaud, qui avait soutenu Olivier Faure au dernier congrès du Parti socialiste. Il ajoutera : « Nous devons réaffirmer notre ancrage à gauche à travers des propositions de transformation profonde de la société, c’est le travail sur le projet. Et définir enfin notre stratégie de rassemblement de la gauche non téléphoniste. »

À gauche, l’attente d’un candidat

Boris Vallaud ne dit pas s’il sera candidat, mais affirme qu’il présentera « bientôt » ses propositions sur la « démarchandisation » de la société, concept qui vise à sortir de la loi du marché certains secteurs comme les hôpitaux, les Ehpad, les crèches, ou les services funéraires.

Les militants socialistes s’inquiètent et appellent François Hollande et Raphaël Glucksmann à dialoguer. « Qu’Hollande et Glucksmann se parlent ! », scandent en chœur les opposants à Olivier Faure, convaincus que leur candidat sera l’un des deux. Dans leurs rangs, on s’organise, l’arme au pied, pour faire travailler les troupes ensemble.

La pression portée par ses opposants sur le Premier secrétaire est forte. Sans aller jusqu’à demander formellement la démission du numéro 1 du PS, comme l’a fait le maire de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, David Assouline appelle à des changements : « Si Olivier Faure ne peut pas diriger car il n’a plus de majorité, il doit prendre ses responsabilités(…) Mais c’est une nouvelle orientation politique, pour préparer la présidentielle, qui doit diriger le PS. Celle d’Olivier Faure n’est pas majoritaire. Et il y aura des votes pour le vérifier », notamment sur « la stratégie présidentielle » et, théoriquement, sur le candidat du Parti socialiste à la présidentielle.

K. M.

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