Municipales : Jean-Luc Mélenchon est « le boulet de la gauche », selon Faure ; Vallaud et Glucksmann appellent le PS à sortir de « l’ambiguïté stratégique »
Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a estimé lundi que Jean-Luc Mélenchon était « devenu le boulet de la gauche » et que des villes, comme Toulouse et Limoges, auraient été gagnées lors des élections municipales sans ses « outrances » et « dérives antisémites ». La gauche hors Insoumis gagne nettement des batailles qui s’annonçaient plus serrées. Le Parti socialiste a réussi, dimanche, à conserver Paris, Marseille, Rennes, Montpellier, Lille et Nantes. Au lendemain du second tour des municipales, plusieurs ténors socialistes ont condamné la stratégie du Premier secrétaire du Parti socialiste et appellent à une clarification.
Par Karim Maloum
Publié le 23 mars 2026

Olivier Faure accuse Jean-Luc Mélenchon d'être "devenu le boulet de la gauche"
© Rupture
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a estimé que Jean-Luc Mélenchon était « devenu aujourd’hui le boulet de la gauche », condamnant, lundi matin sur BFM-TV/RMC, les« outrances » et les « dérives antisémites » du chef de La France insoumise.
« Les électrices et les électeurs de gauche ne sont pas irréconciliables. Mais ce qui rend la défaite quasi certaine quand un “insoumis” est à la tête d’une alliance de la gauche, c’est le fait que, aujourd’hui, il prenne à chaque fois le poids du boulet que représente Jean-Luc Mélenchon », a-t-il soutenu.
Olivier Faure estime que les « propres amis » du candidat aux trois dernières élections présidentielles devraient « s’en rendre compte« , citant Damien Maudet à Limoges et François Piquemal à Toulouse. « S’ils n’avaient pas dû supporter le poids de Jean-Luc Mélenchon, de ses outrances, de ses dérives antisémites, ils auraient gagné« . Et de marteler : « c’est fini, on ne se fera plus avoir. »
Guedj, Hollande, Glucksmann, et d’autres socialistes lancent la charge contre Olivier Faure et les alliances du PS avec LFI
Invité dans la matinale de RTL, le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale Boris Vallaud a estimé qu’« il n’y a plus de place pour l’ambiguïté stratégique » à propos des alliances avec La France insoumise : « Nous devons sortir de l’ambiguïté sur le fait qu’il n’est pas possible de s’allier avec LFI ».
« La gauche républicaine qui refuse l’alliance avec LFI elle gagne, elle gagne à Marseille, à Paris, à Rennes, à Saint-Étienne. La tambouille, ça ne fonctionne pas. La clarté est une stratégie politique », a renchéri ce matin le député européen et coprésident de Place publique Raphaël Glucksmann, sur France Inter.
Dimanche soir, l’ancien président socialiste François Hollande avait dénoncé « l’impasse » dans laquelle la « direction du PS » a, selon lui, mené le parti, en défendant « l’union pour l’union » au second tour, sans pour autant définir « une ligne ».
« Il n’y a pas eu de percée de La France insoumise »
Le chef de file du Parti socialiste a également jugé qu’il « n’y a pas eu de percée de La France insoumise« , rappelant que leur victoire dans quelques villes s’était faite « contre le reste de la gauche et non contre la droite« .
« Jean-Luc Mélenchon, au second tour, où est-il venu ? Il est venu à Lille, non pas pour gagner contre la droite, mais pour essayer de faire perdre le candidat socialiste (Arnaud Deslandes) qui avait fait l’alliance avec les Écologistes. Ce qui a échoué et ce dont je me réjouis fortement », a-t-il ajouté. Dans ce contexte, Olivier Faure considère que Jean-Luc Mélenchon « a perdu » et « qu’il devrait aujourd’hui se poser quelques examens de conscience« .
Olivier Faure change d’avis sur Catherine Trautmann après sa victoire à Strasbourg
« Cet accord à Strasbourg place ceux qui l’ont conclu en dehors du Parti socialiste. » C’est ce qu’a déclaré Olivier Faure dans l’entre-deux-tours à propos de l’alliance conclue par la candidate Catherine Trautmann avec la liste Horizons, le parti d’Edouard Philippe. Le premier secrétaire du PS change de pied ce lundi, au lendemain de la victoire de cette dernière.
« Elle est socialiste », a-t-il affirmé sur BFM TV, expliquant que le parti lui avait « retiré l’investiture » en raison de son accord avec la droite mais que, pour autant, elle n’avait « pas été exclue » du PS.
Manuel Bompard maintient que la «percée» Insoumise «se confirme, s’amplifie et se renforce»
Ce matin sur BFMTV-RMC, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a qualifié le leader insoumis, Jean-Luc Mélenchon, de « boulet de la gauche ».
Quelques heures plus tard sur franceinfo, le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, revient sur ces critiques et estime de son côté que « le repoussoir et le boulet dans ces villes, ceux qui ont fait perdre ces villes à la gauche, ce sont les maires sortants du PS qui ont pris une raclée historique au premier tour ».
Prenant la parole très tôt dans la soirée de dimanche à l’issue du second tour, le coordinateur de La France insoumise (LFI) Manuel Bompard a assuré que la «percée» des candidats LFI aux municipales se «confirme, s’amplifie et se renforce», malgré la défaite à Limoges et dans plusieurs villes où les socialistes se sont alliés aux Insoumis.
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