Législatives en Israël : le bloc d’opposition se réunit pour tenter de former une majorité face à Benjamin Netanyahu
Lundi, le Premier ministre israélien sortant, Benjamin Netanyahu, a appelé à la formation d'une large coalition gouvernementale sans les partis arabes, et en a revendiqué la direction au vu de la première place remportée au Parlement par son parti, le Likoud ; l’opposition doit se réunir pour tenter de constituer une majorité.
Publié le 3 novembre 2026

Les élections législatives du 27 octobre n’ont dégagé aucune majorité, ni pour la coalition sortante du premier ministre israélien sortant, ni pour le bloc de l’opposition, emmené par Gadi Eisenkot.
Après des législatives sans majorité, quel avenir pour Israël ? Pour la première fois depuis les attaques du 7 octobre 2023 et les guerres qui ont suivi, les Israéliens se sont rendus massivement aux urnes, près de 78 % de participation.
Le premier ministre israélien sortant, Benyamin Nétanyahou, a appelé, lundi 2 novembre, à la formation d’une large coalition gouvernementale sans les partis arabes, et en a revendiqué la direction au vu de la première place remportée au Parlement par son parti, le Likoud.
Premier ministre par intérim dit être ouvert à des discussions avec tout parti qui ne soutient pas le terrorisme, tout en affirmant rester solidaire de ses partenaires d’extrême droite. Ses options concrètes sont limitées tenter de faire basculer des députés d’opposition, rester en place aussi longtemps que possible et pousser vers de nouvelles élections.
Le bloc d’opposition israélien se réunit, ce mardi 3 novembre, pour tenter de former une majorité à l’issue des législatives sous la direction du centriste Gadi Eisenkot, le Premier ministre sortant. « Les dirigeants du bloc pour le changement (…) se réuniront à Herzliya (nord-ouest, NDLR) pour discuter et coordonner les prochaines étapes », a indiqué le parti Yashar de Gadi Eisenkot lundi dans un communiqué.
Il s’agit de leur première réunion depuis le scrutin du 27 octobre qui n’a dégagé aucune majorité, ni pour la coalition de Benjamin Netanyahu (53 sièges), ni pour le camp emmené par Gadi Eisenkot (48 sièges).
Selon les résultats quasi définitifs, la certification officielle est attendue le 4 novembre, le bloc de droite de Netanyahu obtient 53 sièges Likud 27, Otzma Yehudit 7, Judaïsme unifié de la Torah 7, Shas 6, Sionisme religieux 6.
Le bloc d’opposition emmené par Eisenkot en totalise 48 Yashar 21, B’Yachad de Bennett et Lapid 12, Democrats 8, Yisrael Beiteinu 7.
Les partis arabes, avec 19 sièges, Joint List 11, Ra’am 8, ils réalisent un score record et deviennent mathématiquement décisifs, tout en étant politiquement rejetés par presque tous les partis juifs.
Le rôle clé du président Herzog
De son côté, Gadi Eisenkot a parlé d’un « vote de défiance » contre le « gouvernement de l’échec » du 7 octobre et a appelé Netanyahu à se retirer. Il promet un « gouvernement sioniste » avec service national pour tous, respect de la Déclaration d’indépendance et démantèlement du Hamas.
Les leaders de son bloc recommandent qu’il reçoive le mandat de former le gouvernement. Leurs voies possibles incluent un gouvernement minoritaire appuyé de l’extérieur par des partis arabes (option très sensible), le ralliement de députés de la droite ou des ultra-orthodoxes, ou le blocage de Netanyahu jusqu’à de nouvelles élections.
C’est dans ce contexte de blocage que le président Isaac Herzog entre en jeu. Si sa fonction est largement cérémonielle, il dispose après les élections d’un pouvoir réel, désigner le député chargé de tenter de former le gouvernement.
Le calendrier est précis,Herzog reçoit les résultats officiels le 4 novembre. Dès ce jour, il entame des consultations avec tous les partis élus, dans un ordre inhabituel,d’abord les plus petits, pour terminer par Yashar et le Likud.
À chaque fois qu’une formation lui recommande un candidat, il fait son choix et choisit celui qu’il estime le mieux adapté pour réussir, même s’il n’est pas forcément le chef du plus grand parti. Il y a 28 jours pour former le gouvernement, et il est possible de les prolonger de 14 jours.
En cas d’échec, un second puis éventuellement un troisième candidat peuvent tenter de former un gouvernement Si personne n’y parvient, la Knesset est dissoute et de nouvelles élections sont organisées dans les 90 jours.
Le président Herzog a déjà appelé les partis à venir aux consultations avec un « esprit ouvert » et un « cœur ouvert », afin d’éviter un nouveau scrutin. Il a également indiqué qu’il ne se laisserait pas influencer par des pressions extérieures. Dans une situation aussi incertaine, son choix et la manière dont il conduit les consultations peuvent orienter durablement la suite politique.
Et le risque de nouvelles élections au début de 2027 reste élevé.
La rédaction vous conseille
- Le système électoral israélien : mode d’emploi
- « Le 7-Octobre a été un révélateur de salauds »
- 7-Octobre : une tragédie pour Israël, une honte pour l’islam et un révélateur des dérives de l’islamisme
Envie de lire tous les articles ?
Débloquez immédiatement tous les articles. Sans engagement.