Le système électoral israélien : mode d’emploi
Benyamin Nétanyahou va-t-il être reconduit à la tête du gouvernement israélien ? Pour la première fois depuis les attaques terroristes islamistes du 7 octobre 2023, les plus meurtrières jamais perpétrées sur leur sol. Le pouvoir législatif israélien est formé d’une seule chambre, la Knesset, comptant 120 députés, élus pour une durée de quatre ans. La loi stipule que les élections sont « générales, nationales, directes, égales, secrètes et proportionnelles ».
Publié le 28 octobre 2026

Selon la Commission électorale centrale, la participation a atteint 77,7 %, soit environ sept points de plus qu’en 2022 et son niveau le plus élevé depuis plusieurs décennies. Les estimations communiquées par les chaînes israéliennes ne sont pas définitives, mais l’absence de majorité signifie que les partis vont désormais se lancer dans des semaines d’intenses tractations pour tenter d’atteindre les 61 sièges nécessaires pour former une coalition gouvernementale.
La Commission électorale va publier progressivement les résultats, dans la nuit de mardi à mercredi, un processus qui pourrait durer plusieurs jours. Les Israéliens n’élisent pas directement leur Premier ministre, ni un député local. Ils votent pour une liste de parti.
Tout le pays forme une seule circonscription
Il n’existe pas de « député de Jérusalem » ou de « député de Tel-Aviv ». Tous les électeurs choisissent parmi les mêmes listes nationales.
On vote pour une liste, pas pour des personnes. Chaque parti présente une liste ordonnée de candidats. Si une liste obtient 15 sièges, ce sont les 15 premiers qui entrent à la Knesset. L’électeur ne peut ni changer l’ordre ni choisir des candidats individuels.
Les sièges sont répartis à la proportionnelle. Plus un parti a de voix, plus il a de sièges (sur 120 au total).
Pour avoir des élus, une liste doit franchir le seuil de 3,25 % des voix (environ 4 sièges). En dessous, elle n’a aucun député et ses voix sont perdues.
Aucun parti n’a jamais obtenu seul la majorité absolue (61 sièges). Il faut donc toujours former une coalition. Arriver en tête ne suffit pas : ce qui compte, c’est qui réussit à rassembler 61 sièges.
Pourquoi ce système ?
Il n’a pas été inventé en 1948. Il existait déjà dans le Yishouv, la communauté juive de Palestine sous le mandat britannique. Dès les années 1920, les institutions juives élisaient leur Assemblée des représentants à la proportionnelle, avec une seule circonscription nationale et des listes de partis.
À l’époque, la population juive était très divisée (socialistes, religieux, laïques, sionistes de différentes tendances…). Il fallait que chaque courant puisse être représenté, sinon beaucoup auraient refusé de participer. Une seule circonscription était aussi plus simple à organiser. L’objectif était d’intégrer tout le monde dans un projet commun.
À la création de l’État en 1948, ce système a été repris tel quel pour les premières élections de 1949. Il est resté en place depuis, car il continue de correspondre à une société très fragmentée (laïques, religieux, ultra-orthodoxes, Arabes israéliens, immigrants d’origines diverses…). Les petits et moyens partis y trouvent aussi leur intérêt, il leur garantit une présence au Parlement.
Même Ben Gourion souhaitait un système plus majoritaire, mais il n’a pas réussi à l’imposer.
En résumé, ce système a été choisi pour donner une voix au plus grand nombre dans une société diverse et divisée. C’est à la fois sa force et sa faiblesse, beaucoup de partis sont représentés, mais les gouvernements reposent toujours sur des coalitions souvent fragiles.
La rédaction vous conseille
- Élections législatives en Israël : Gadi Eisenkot qui a pris la tête des anti-Nétanyahou, est au coude-à-coude dans les sondages avec l’actuelle coalition, avec le Likoud
- « Le 7-Octobre a été un révélateur de salauds »
- « L’action judiciaire est un devoir du citoyen victime d’une agression antisémite »
Envie de lire tous les articles ?
Débloquez immédiatement tous les articles. Sans engagement.