Le courage des lâches

Par Kamel Bencheikh

Publié le 7 avril 2026

Le courage des lâches

Quand Boualem Sansal était emprisonné, isolé, exposé, attaqué pour ses positions, ces grandes consciences étaient aux abonnés absents.

Pendant que Christophe Gleizes croupit dans une cellule en Algérie, une partie de la presse française a trouvé mieux à faire : s’acharner sur Boualem Sansal.

Le motif affiché ? Son arrivée chez Grasset. Le vrai mobile ? Une parole libre, insupportable pour ceux qui ne tolèrent la liberté qu’à condition qu’elle leur ressemble.

Le contraste est violent. D’un côté, un homme privé de tout, dont le sort n’arrache que des réactions timides, presque gênées. De l’autre, un écrivain libre, cloué au pilori pour ses idées.

Mais le plus révélateur reste le passé récent. Quand Boualem Sansal était emprisonné, isolé, exposé, attaqué pour ses positions, ces grandes consciences étaient aux abonnés absents. Trop risqué. Trop dérangeant. Alors on s’est tu.

Aujourd’hui, les mêmes se réveillent — non pour défendre un prisonnier, mais pour régler leurs comptes avec un dissident.

Ce n’est pas une contradiction. C’est une constante chez ces gens-là.

On ne défend plus des principes, on défend des appartenances. On ne protège plus la liberté, on la trie. Et dans ce tri, Christophe Gleizes disparaît, pendant que Boualem Sansal devient une cible.

Triste époque où l’on préfère faire taire ceux qui parlent plutôt que de libérer ceux qu’on empêche de parler.

K. B.

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