Deux ans après les faits
Les plaintes contre des forces de l’ordre pour violences sur des manifestants à Sainte-Soline classées sans suite
Le parquet militaire de Rennes a clos un chapitre douloureux de l’histoire des manifestations contre les mégabassines, en annonçant le classement sans suite des plaintes pour violences déposées par quatre manifestants grièvement blessés lors des heurts de Sainte-Soline, le 25 mars 2023. Pourtant, cette décision n’est pas un point final : une information judiciaire a été ouverte pour enquêter sur des tirs de grenades “non conformes” aux règles d’emploi des armes, révélés par des vidéos accablantes. Une mesure qui, si elle marque une reconnaissance des irrégularités, laisse un goût amer chez les victimes et leurs soutiens, qui y voient une justice à deux vitesses.
Publié le 4 décembre 2025

La manifestation a dégénéré en affrontements. Bilan : 200 blessés côté manifestants dont 40 graves.
À Sainte-Soline, petite commune des Deux-Sèvres, des milliers de militants écologistes, agriculteurs et citoyens s’étaient rassemblés pour protester contre la construction d’une gigantesque réserve d’eau agricole – une “mégabassine” de 200 hectares, accusée de priver les nappes phréatiques au profit d’une agriculture intensive. Malgré l’interdiction préfectorale, la manifestation a dégénéré en affrontements violents : jets de pierres et de cocktails Molotov de la part des manifestants, riposte massive des gendarmes avec plus de 5 000 tirs de grenades lacrymogènes et assourdissantes.
Le bilan est lourd : selon les organisateurs, 200 blessés côté manifestants, dont 40 graves ; les forces de l’ordre en dénombrent 45. Parmi les victimes les plus touchées, quatre personnes portent plainte pour “violences par personne dépositaire de l’autorité publique”. Des blessures graves , fractures, traumatismes crâniens, lésions oculaires causées, selon elles, par des tirs directs de grenades ou de lanceurs de balles en caoutchouc, techniques interdites en maintien de l’ordre pour leur potentiel létal.
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