Gleizes, OQTF, coopération, terrorisme
Laurent Nuñez : Le ministre de l’intérieur à Alger, une visite sous haute tension
Laurent Nuñez se rendra en Algérie lundi 16 et mardi 17 février. Le ministre de l’Intérieur abordera notamment avec son homologue algérien les questions liées aux individus placés sous OQTF et la situation du journaliste Christophe Gleize, toujours emprisonné. Reviendra-t-il dans l'avion avec notre confrère? L’Algérie reste, malgré tout, un partenaire stratégique de la France, notamment en matière de lutte antiterroriste et de gestion des flux migratoires.
Par Karim Maloum
Publié le 14 février 2026

L’ancien préfet de police de Paris s’est même entretenu avec son homologue algérien ce jeudi 12 février pour préparer cette visite de l’autre côté de la Méditerranée.
Laurent Nuñez, le ministre de l’intérieur, a décidé de répondre à l’invitation de Saïd Sayoud, son homologue algérien. La question des OQTF, la lutte contre le terrorisme, le cas de Christophe Gleizes, normalisation des relations bilatérales : le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez sera en Algérie, lundi 16 et mardi 17 février, pour évoquer ces épineux sujets dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes entre les deux pays.
En début de semaine, quand un journaliste a posé une question au président Abdelmadjid Tebboune sur de précédentes déclarations de Laurent Nuñez affirmant souhaiter venir en Algérie, le chef de l’État algérien avait répondu laconiquement : « ces déclarations le concernent lui, pas moi », ajoutant : « S’il veut venir, il est le bienvenu. »
Il y a quelques jours, Laurent Nuñez assurait avoir reçu une invitation de son homologue algérien et qu’il y « répondrait ». « On travaille aux conditions de cette visite », avait-il expliqué sur BFM-TV, se félicitant « de ce que les échanges sécuritaires [aient] repris entre les deux pays ». Il se rendra en Algérie pour « parler de questions de sécurité, notamment la question des réadmissions, la question de la lutte contre le terrorisme, contre le narcotrafic… », détaillait-il alors.
L’ancien préfet de police de Paris s’est même entretenu avec son homologue algérien ce jeudi 12 février pour préparer cette visite de l’autre côté de la Méditerranée.
L’apaisement des tensions avec la France attendra
La relation entre les deux pays s’était fortement dégradée depuis l’été 2024 et la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, l’arrestation arbitraire de Boualem Sasan, libéré le 12 novembre dernier, l’enlèvement de l’influenceur algérien Amir Boukhors en avril 2024, la mise en examen d’un agent consulaire algérien en avril 2025 ou encore l’expulsion de douze agents de l’ambassade française à Alger quelques jours plus tard…
L’apaisement des tensions avec la France attendra. Le Parlement algérien a adopté mercredi dernier, 24 décembre, à l’unanimité une loi criminalisant la colonisation française et réclamant à la France «des excuses officielles», et des « réparations intégrales » pour « son passé colonial », notamment par la décontamination des sites des essais nucléaires français réalisés dans le Sahara algérien pendant les années 1960. Une loi qui pourrait exacerber les tensions entre deux pays déjà en crise.
L’Algérie reste, malgré tout, un partenaire stratégique de la France, notamment en matière de lutte antiterroriste et de gestion des flux migratoires.
Un fait marquant à souligner. Le président Tebboune a annoncé, lors d’un Conseil des ministres tenu le 11 janvier, une mesure de régularisation des ressortissants algériens qui se trouvent en situation « irrégulière et de précarité » à l’étranger.
Cette annonce concerne de nombreuses personnes, qui ont quitté souvent leur pays à travers les réseaux de la harga, l’immigration clandestine. Cette mesure peut résonner en France comme une possible solution inespérée pour une partie des personnes sous OQTF que les autorités françaises peinent à expulser vers l’Algérie. La question des OQTF est l’un des dossiers qui perturbent les relations franco-algériennes.
Le sujet est d’autant plus sensible que les Algériens constituent un gros contingent des personnes appelées chaque année à quitter l’Hexagone. Dans le même temps, ils représentent environ 20 % des étrangers écroués dans les prisons françaises et les centres de rétention administratifs, un chiffre régulièrement mis en avant dans le débat politique.
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