Une procédure est prévue dans les consulats

L’Algérie appelle ses ressortissants sans-papiers à rentrer au pays

En annonçant la « régularisation » de ses ressortissants qui se trouvent en situation « irrégulière et de précarité » à l’étranger, Abdelmadjid Tebboune veut reprendre la main sur le dossier migratoire. Ce dispositif de retour pourrait mettre fin à l'impasse des OQTF avec Paris. Mais des questions demeurent posées. Les personnes concernées voudront-elles rentrer dans leur pays ? La déclaration du président algérien découlent-elle d'une réelle volonté de prendre en charge ce dossier ou se résume-t-elle à un simple coup politique ?

Par Karim Maloum

Publié le 13 janvier 2026

L’Algérie appelle ses ressortissants sans-papiers à rentrer au pays

La question des OQTF est l'un des dossiers qui perturbent les relations franco-algériennes.

Personne ne s’attendait à cette étrange communication des autorités algériennes. Le président Tebboune a annoncé, lors d’un Conseil des ministres tenu le 11 janvier, une mesure de régularisation des ressortissants algériens qui se trouvent en situation « irrégulière et de précarité » à l’étranger.

Cette annonce concerne de nombreuses personnes, qui ont quitté souvent leur pays à travers les réseaux de la harga, l’immigration clandestine. Cette mesure peut résonner en France comme une possible solution inespérée pour une partie des personnes sous OQTF que les autorités françaises peinent à expulser vers l’Algérie. La question des OQTF est l’un des dossiers qui perturbent les relations franco-algériennes.

«Ces jeunes se trouvent aujourd’hui loin de leur patrie, de leurs proches et de leurs amis, souffrent de pauvreté extrême et de misère, et sont réduits à exécuter des tâches humiliantes, tandis que certains sont instrumentalisés contre leur pays», est-il souligné dans un communiqué officiel rendu public au terme du Conseil des ministres.

«De telles situations, poursuit le communiqué, ne méritent pas toute cette peine car ces jeunes peuvent être instrumentalisés par des milieux criminels mafieux, ce qui risque de salir leur réputation, que ce soit dans le pays où ils se trouvent ou dans celui qu’ils ont quitté.»

Un engagement écrit

Les procédures de régularisation annoncées se feront dans les consulats d’Algérie, où les personnes concernées devraient se voir remettre de nouveaux passeports.

La régularisation du statut de ces citoyens est subordonnée à un engagement écrit : « qu’ils s’engagent à ne pas récidiver ». Les consulats d’Algérie à l’étranger seront chargés de mettre en œuvre les procédures administratives. Leur mission consistera à appliquer cette mesure « jusqu’au retour de ces fils et filles d’Algérie dans leur patrie ».

Le sujet est d’autant plus sensible que les Algériens constituent un gros contingent des personnes appelées chaque année à quitter l’Hexagone. Dans le même temps, ils représentent environ 20 % des étrangers écroués dans les prisons françaises et les centres de rétention administratifs, un chiffre régulièrement mis en avant dans le débat politique.

K. M.

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