Ségolène Royal, l’opportuniste télégraphiste de Tebboune

La libération de l’écrivain Boualem Sansal, mi-novembre, avait un temps fait croire à une ouverture possible. Mais la condamnation de Christophe Gleizes a brutalement refermé cette parenthèse. Mais que fait Ségolène Royal en Algérie ? Pas un mot sur les arrestations des démocrates algériens. Aucune mention des atteintes aux libertés individuelles.

Par Karim Maloum

Publié le 2 février 2026

Ségolène Royal, l’opportuniste télégraphiste de Tebboune

Depuis Alger, Ségolène Royal a assuré que le président algérien était prêt au dialogue "dès lors que le respect et la considération sont au rendez-vous".

L’opportunisme permanent. La semaine dernière, Ségolène Royal, qui vient d’être élue présidente de l’Association France-Algérie, a fait un déplacement à Alger pour rencontrer le président Abdelmadjid Tebboune.

Le pouvoir algérien a minutieusement orchestré cette visite pour accuser Paris de tous les maux sur la dégradation des relations bilatérales. La meilleure approche consiste à demander à une personnalité politique française de reprendre l’accusation grotesque. Segolene Royale coche plusieurs cases.


Dès sa première prise de parole, la candidate à tous les postes reprend la fameuse argumentation de la rente mémorielle. La présidente de l’Association France Algérie note qu’Alger « attend depuis longtemps » un « geste de réconciliation qui devrait commencer par la restitution des objets culturels volés ».

Pas un mot sur les arrestations des démocrates algériens. Aucune mention des atteintes aux libertés individuelles. « Les conséquences dramatiques de la colonisation n’ont jamais été reconnues », estime Ségolène Royal. On croirait entendre le président Tebboune.

Invitée sur TF1 ce lundi 2 février, l’ancienne ministre, de retour de visite à Alger, déplore que la France ne soit pas présente en Algérie, décrivant un pays qui « a énormément évolué ». Selon l’ancienne candidate à l’élection présidentielle, la France est responsable du psychodrame actuel entre la France et l’Algérie.

Par ailleurs, Ségolène Royal a affirmé à l’AFP avoir « obtenu » le transfert près d’Alger du journaliste Christophe Gleizes, qu’elle a trouvé « aussi serein que possible » lors d’une entrevue vendredi dans sa prison. Elle n’a jamais demandé la libération du journaliste condamné à 7 ans d’emprisonnement pour avoir exercé son métier de journaliste. Elle mériterait une médaille d’opportunisme.

Le « Complément d’enquête » qui déplaît à l’Algérie et à Ségolène Royal

Tout a commencé avec la diffusion d’un « Complément d’enquête », qui s’est attirée les foudres de Ségolène Royal, en visite diplomatique en Algérie, que la France n’a pas mandatée.

Depuis Alger, Ségolène Royal a assuré que le président algérien était prêt au dialogue « dès lors que le respect et la considération sont au rendez-vous ». L’ex-ministre a plaidé pour une « reconstruction de l’amitié entre la France et l’Algérie ». 

Une visite du ministre de l’Intérieur français Laurent Nuñez, invité par son homologue, ne s’est pas encore concrétisée. Laurent Nuñez a dit vendredi matin sur France Inter attendre d’Alger « des bougés très fort sur deux sujets »: « la reprise des reconduites des Algériens en situation irrégulière », ainsi que « la situation de Christophe Gleizes ».

« Il faut que le ministre de l’Intérieur aille sur place, il est attendu », a affirmé Ségolène Royal sur TF1, ajoutant que « quand on pose des conditions, c’est que l’on ne veut pas y aller ».

L’Algérie reste, malgré tout, un partenaire stratégique de la France, notamment en matière de lutte antiterroriste et de gestion des flux migratoires.

K. M.

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