La solitude du préavis élyséen : quand l’intuition cède la place aux courtisans
À six mois du terme, cloîtré dans son palais, il est déjà le futur ex-président qui occupe son siège à la table du Conseil constitutionnel et observe le pays. C'est l'attitude d'un homme usé par les crises et profondément trahi par ses propres créatures politiques.
Par Miriam Djabali Larak (*)
Publié le 27 octobre 2026

Le chef de l’État s’est bunkerisé dans son palais.
La critique est aisée, mais l’art est difficile, et la chute du pouvoir l’est encore plus.
Emmanuel Macron donne aujourd’hui le sentiment d’être un homme fatigué, déçu, spectateur de son propre déclin, effectuant son préavis politique au milieu des coups de poignard de ceux qu’il a lui-même créés.
À six mois du terme, cloîtré dans son palais, il est déjà le futur ex-président qui occupe son siège à la table du Conseil constitutionnel et observe le pays. C’est l’attitude d’un homme usé par les crises et profondément trahi par ses propres créatures politiques.
Pendant des années, son intuition a fonctionné au point que l’on disait familièrement de lui qu’il avait « le cul bordé de nouilles », tant la chance insolente l’accompagnait dans sa conquête et son exercice du pouvoir. Mais aujourd’hui, le charme est rompu. L’attentisme a remplacé l’audace.
Un crépuscule spectaculaire et désorganisé
Au lieu de croire en son propre destin, le chef de l’État s’est bunkerisé dans son palais. Face à la tempête qui gronde dehors, il préfère se fier aveuglément à la note de ses deux derniers hommes de confiance : son chef d’état-major particulier, le général Fabien Mandon, et le préfet Patrice Faure.
Quand un président de la République cesse de croire en sa propre trajectoire, en son intuition, celle qui lui a permis d’accéder deux fois au pouvoir, pour devenir le spectateur passif de son mandat, n’écoutant plus que la voix de ses derniers courtisans, ce n’est plus un mandat qui s’achève, c’est une déchéance chaotique, un crépuscule tout azimut, aussi spectaculaire et désorganisé que son accession au pouvoir fut imprévisible et grandiose.
M. Dj. L.
(*) Professeur d’Economie, intervenante media, observatrice vie publique.
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