La laïcité qu’on châtie et qu’on évoque au gré des causes

La laïcité, ce concept qui éloigne la religion des affaires de la cité, pour reprendre un terme politico-philosophique, rempart en France contre toute hégémonie religieuse, toute suprématie dogmatique, rejetée dans les pays où l'islam est religion de l'Etat, la présentant comme incompatible avec l'islam, est, souvent, appelée au secours par des islamistes pour s'imposer et imposer, lui tordre le cou, lui faire dire et faire faire ce qui ne peut lui être attribué.

Par Achour Boufetta

Publié le 14 août 2026

La laïcité qu’on châtie et qu’on évoque au gré des causes

En marchant dans les rues parisiennes aux cotés d'islamistes qui crient à l'islamophobie, donc crier avec eux, LFI s'en prend, de fait, à la laïcité.

L’islamisme, dès que des lois le dérangent, dès lors que des positions lui font mal, il s’en réfère à la laïcité, à l’application de la laïcité, cette laïcité qu’il dit pourtant, comble de la contradiction, incompatible avec l’islam.

Ces activistes qui ont fui des systèmes totalitaires où, pourtant, l’islam est religion de l’Etat, des systèmes dont ils se gardent bien de dénoncer les injustices, sont extrêmement offensifs, virulents à l’encontre des gouvernements, des lois des pays qui les accueillent, là où ils jouissent de tous leurs droits et libertés : civiques et religieux.

Le clou est vite et plus profondément enfoncé lorsque des politiques se joignent à eux pour défendre leurs desseins politico-idéologiques, crier, à tue-tête, à l’islamophobie, à la musulmanophobie, au racisme, en usant d’une funeste gymnastique consistant à affirmer que ce n’est pas cela la laïcité.

Ils se joignent à eux, mais, plus grave encore, ils les rejoignent, car il se trouve des islamistes, dits modérés, qui s’empressent à dire que ce n’est pas cela l’islam lorsque l’opinion s’élève pour dénoncer un acte terroriste ou une violence islamiste.

C’est le cas d’une certaine gauche, ostentatoirement complaisante, qui emprunte cette sémantique chère aux « modérés » pour user de tout un argumentaire accusateur tendant à retourner la laïcité contre elle-même.

N’en déplaise à ces avocats, la laïcité, c’est cela, rien que cela : empêcher l’espace public, les institutions de l’Etat de devenir des lieux d’exhibitions religieuses, des endroits permettant à des militants islamistes de faire du prosélytisme, d’exercer des pressions, voire des menaces drapées dans ces voiles « de travail », des burkinis, par d’autres formes aussi pernicieuses que sournoises les unes que les autres.

C’est ainsi que des figures du paysage politique se hasardent à dire que la laïcité n’a pas pour compétence, ni pour vocation, pour rôle d’interdire une tenue vestimentaire.

Or, en laissant la liberté à des femmes de travailler dans une école, dans une mairie ou dans un quelconque établissement étatique, c’est toute la notion de neutralité de l’Etat qui est bafouée, piétinée, charcutée.

Une observation, toutefois, qu’il faudrait relever : ils ne parlent pas de xénophobie qui est différente du racisme, comme l’islamophobie, brandis à tout moment, à chaque fois que l’argument manque, à chaque fois qu’ils sont acculés.

A bien y voir, en marchant, dans les rues parisiennes, aux cotés d’islamistes qui crient à l’islamophobie, donc crier avec eux, LFI s’en prend, de fait, à la laïcité qu’elle considère comme une empêcheuse de tourner en rond tant bien des desseins ne peuvent se réaliser.

Sans le moindre doute de se tromper, crier à l’islamophobie en France, c’est s’attaquer à la laïcité, c’est être mû par la volonté de remettre en cause tout ce qui peut et est en train d’empêcher l’islamisme de gangréner des espaces névralgiques pour ses projections idéologiques, son image et la force dont il compte se prévaloir, posséder, même symboliquement.

La symbolique, pour l’idéologie islamique, revêt une importance importante, cruciale : la France s’islamise, la France plie, la France n’est pas ce qu’elle prétend être, son modèle est à réformer.

Si le seul souci était dans la liberté de pratiquer le culte musulman, cette religion qu’on dit de paix, de miséricorde, de pardon, pourquoi ceux qui veulent imposer la tenue islamique en France ne défendent les personnes d’autres confessions vivant dans les pays dits musulmans.

Pourquoi refusent-ils, pourquoi ne veulent-ils jamais entendre parler de laïcité dans leurs pays d’origine qui permettrait aux autres religions d’exister, de coexister ?

Pourquoi n’appellent-ils jamais à repsecter la liberté de culte, à permettre aux chrétiens, aux juifs d’exercer leurs cultes, de disposer de lieux pour se rencontrer et prier ?

La laicité n’aurait pas permis aux Mollahs, aux Talibans d’étouffer, de condamner des femmes ! Sans doute, c’est là où voudrait arriver l’islamisme dans l’apparence que beaucoup brandissent comme modérée.

La démocratie à laquelle il prétend se souscrire, la laïcité qu’il prétend défendre, sous des approches qui lui siéent, bien entendu, sont des marche-pieds comme ceux qui ont permis à L’Ayatollah Khomeini de prendre le pouvoir pour instaurer une dictature islamique, asphyxier la liberté, bannir le droit. Et les femmes, dans toute hégémonie islamique, sont les premières payer.

Et, si, en France, le christianisme était décrété religion de l’Etat, qu’en serait-il de la pratique de l’islam, des mosquées, des boucheries hallal, des toilettes et prières mortuaires dans les morgues, des associations islamiques, des repas hallal dans les cantines scolaires ?

A. B.

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