Quatre cents jours après sa condamnation en Algérie, Christophe Gleizes toujours dans l’attente d’une grâce présidentielle

Que devient le journaliste sportif français Christophe Gleizes, condamné il ya de cela plus de 400 jours,  en Algérie pour « apologie du terrorisme » ? La question reste jusque-là, sans réponse sachant que le sort du journaliste n’est toujours pas connu et tous les efforts de Paris pour le faire libérer, restent vains et sans suite favorable.

Par le correspondant de Rupture à Alger Yacine Aït Ouffella

Publié le 22 août 2026

Quatre cents jours après sa condamnation en Algérie, Christophe Gleizes toujours dans l’attente d’une grâce présidentielle

En prison pour un reportage sur un club de football, Christophe Gleizes attend une grâce que Tebboune fait mine de préparer sans jamais la signer.

Le sort du journaliste sportif français Christophe Gleizes, n’est toujours pas connu et tous les efforts de Paris pour le faire libérer, restent vains et sans suite favorable. Après l’épuisement de ses recours devant la justice, il espère obtenir une grâce présidentielle. Sauf que cette grâce tarde à venir, et toutes nos tentatives d’en avoir la moindre information quant à la suite donnée à cette affaire, sont restées vaines et sans suite.

« Je ne voudrais pas être pessimiste, mais en tout franchise,  l’affaire du journaliste Christophe Gleizes est vraisemblablement dans l’impasse. A part le fait qu’il soit toujours incarcéré à la prison de Koléa, à l’Ouest d’Alger, le dossier de sa grâce ou non, est en suspens », se désole une magistrate en poste à Alger, interrogée par Rupture.

Notre interlocutrice « espère » tout de même que les choses s’améliorent pour lui et sa famille et toutes les voix qui appellent à sa libération « soient entendues ».

Pour que ce soit le cas, les « autorités françaises doivent savoir faire des concessions ». « Refuser d’extrader des individus réclamés par Alger au nom de la liberté de la justice (française) ne fait qu’amplifier une situation déjà explosive car se dires et croire que la coopération, notamment judiciaire a bel et bien repris entre les deux pays, est faux.

Ce n’est pas parce qu’Alger a arrêté et incarcéré Mehdi Laribi et Djamel Djeha, deux cadres et chefs présumés du groupe criminel marseillais DZ Mafia, que tout baigne », a-t-elle encore soutenu. 

A ses dires, les autorités françaises savent très bien ce que veulent les Algériens, autant alors de faire un effort. « Dans le cas contraire, Emmanuel Macron quittera l’Élysée sans pouvoir assister à la libération de  Christophe Gleizes, qui risque ainsi de purger sa peine en Algérie.

Personne ne le désire, mais ce dernier est entièrement suspendu au bien vouloir du président algérien, qui ne fera aucune concession à ce sujet. On l’avait d’ailleurs vu éviter une question à ce propos, lors de sa visite en Allemagne en juillet dernier », soutient encore notre interlocutrice.

« Je ne m’exprimerai pas sur ce sujet par respect pour la justice de mon pays, et encore moins à l’étranger », avait en effet répondu le président algérien. 

Arrêté lors d’un reportage sur le club de football de la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK), basé à Tizi-Ouzou, à 100 km à l’est de la capitale Alger, Christophe Gleizes est d’abord placé sous contrôle judiciaire.

Les autorités lui reprochent d’être entré en Algérie avec un simple visa de tourisme et d’être entré en contact avec des personnes liées au Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), mouvement séparatiste classé terroriste en Algérie depuis mai 2021.

L’un de ces échanges, avec un responsable du club par ailleurs membre du MAK « visait à la préparation de son reportage sur le club de football, la JSK, ce dont Christophe Gleizes ne s’est jamais caché », explique RSF après sa condamnation.

Il renonce à son pourvoi en cassation

Le 29 juin 2025, le tribunal de Tizi-Ouzou le condamne à sept ans de prison avec mandat de dépôt pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national ».

Cette décision de justice intervient en pleine crise diplomatique entre Paris et Alger, déclenchée en juillet 2024 par l’annonce du soutien de la France au plan d’autonomie sous souveraineté marocaine pour le Sahara occidental, territoire revendiqué par les indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie.

Le 5 mai 2026, la famille de Christophe Gleizes annonce au micro de France Inter que le journaliste renonce à son pourvoi en cassation contre sa condamnation, pour ouvrir la voie à une possible grâce présidentielle.

« Il s’en remet totalement à la clémence du président [Abdelmadjid] Tebboune », expliquait sa mère. Cette dernière avait adressé le 10 décembre dernier une lettre au chef de l’État algérien pour lui demander de gracier son fils.

Le 25 mai, la Cour de cassation prend « acte du désistement du pourvoi » de Christophe Gleizes et rejette « au fond » un autre recours introduit par le parquet, font savoir ses avocats. Cet épuisement des voies de recours judiciaires ouvre la voie à une éventuelle grâce présidentielle.

Le 11 mai, Christophe Gleizes reçoit la visite de Bruno Clerc, consul de France à Alger, la première d’un diplomate français depuis son incarcération. 

Depuis, les choses sont au point mort. Et Christophe Gleizes ne bénéficiera d’aucune grâce, du moins jusqu’à la rédaction de ces lignes. 

Y. A. O.

La rédaction vous conseille

Envie de lire tous les articles ?

Débloquez immédiatement tous les articles. Sans engagement.

Abonnement

Débloquez immédiatement tous les articles.

Je m'abonne

Newsletter

Recevez chaque semaine les titres à la Une

Inscrivez-vous
Activer les notifications OK Non