Deuxième partie
Matoub Lounes assassiné il y a vingt-huit ans : un combat pour la vie, pour la dignité, pour la démocratie et la laïcité
Surnommé à juste titre "le Rebelle", Matoub Lounes est bien plus qu'une légende de la chanson kabyle ; au-delà de l'artiste, il était un farouche défenseur de la démocratie, de la laïcité et des droits des femmes.
Par le correspondant de Rupture à Alger Yacine Aït Ouffella
Publié le 29 juin 2026

Pour le barde de Taourirt Moussa, le fanatisme religieux était l’antithèse absolue de la culture berbère, tolérante et humaniste.
Né à Taourirt Moussa (Ath Douala), il a marqué l’histoire de l’Algérie par son militantisme acharné pour l’identité berbère, la démocratie et la laïcité.
Farouche défenseur farouche de la démocratie, de la laïcité et des droits des femmes, Matoub était une cible privilégiée des islamistes, qui l’enlèveront en septembre en 1994. Durant ses 16 jours de séquestration, il a été condamné à mort par un « tribunal islamique » avant d’être finalement libéré sous la pression populaire kabyle.
Pour le barde de Taourirt Moussa, le fanatisme religieux était l’antithèse absolue de la culture berbère, tolérante et humaniste.
Parallèlement à son combat contre les islamistes, Matoub Lounes a lutté des années durant pour les libertés et la démocratie. Un combat qui a failli l’empoter lors des émeutes d’octobre 1988 déjà, le 9 octobre pour être plus précis. Il a été grièvement blessé par balles à un barrages dressé par des gendarmes qui lui ont tire dessus à bout portant; à mi chemin entre les villes de Ain El Hammam et Larbaa Nath Irathen, en Haute Kabylie. Il a été atteint de par cinq balles d’arme automatique, lui fracassant l’intestin et le fémur. Laissé pour mort, il ne doit sa survie qu’à la bravoure des citoyens kabyles qui le transportent en urgence à l’hôpital de Tizi-Ouzou, avant qu’il ne soit transféré en France pour subir pas moins de 17 interventions chirurgicales en deux ans.
À travers sa poésie engagée et sa voix unique, Matoub Lounes porté la culture kabyle sur la scène internationale. Il est devenu le symbole de la résistance culturelle et politique, ce qui lui a valu de multiples arrestations. « Je sais qu’un jour je tomberai entre les mains d’assassins, mais je préfère mourir parmi les miens, déclarait-il. Je sais que je fais partie du lot, celui des personnages qui vont être assassinés. Je vais mourir dans un mois ou peut-être deux. Mais une chose est sûre, je combattrai toujours l’intégrisme. Je suis de la race des guerriers, ils peuvent me tuer mais ils ne me feront jamais taire. »
La rédaction vous conseille
- 26 mai 1993 : Tahar Djaout, le premier journaliste visé par un attentat islamiste en Algérie
- Les moines de Tibhirine, trente ans après la découverte macabre des têtes près de Médéa
- Il y a trente ans, le premier attentat islamiste en France
Envie de lire tous les articles ?
Débloquez immédiatement tous les articles. Sans engagement.