Les moines de Tibhirine, trente ans après la découverte macabre des têtes près de Médéa
Le 30 mai 1996, à environ quatre kilomètres au nord-ouest de Médéa, en Algérie, les autorités découvraient les têtes décapitées de sept moines trappistes enlevés deux mois plus tôt dans leur monastère de Notre-Dame de l’Atlas, à Tibhirine, dans la même région. Leur enlèvement et leur assassinat ont été revendiqués par le GIA (Groupe islamique armé), le principal groupe terroriste islamiste qui sévissait en Algérie pendant le Décennie Noire et qui avait commis également plusieurs attentats en France au cours de l'année 1995 dont celui de la station RER Saint-Michel, à Paris.
Publié le 30 mai 2026

Les moines de Tibhirine vivaient en harmonie avec la population locale depuis des décennies.
Une nuit d’horreur au monastère
Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, une vingtaine d’hommes armés font irruption dans le monastère cistercien de Tibhirine, situé sur les hauteurs de Médéa, à une centaine de kilomètres au sud d’Alger. Ils enlèvent sept moines français de l’ordre des Trappistes : les pères Christian de Chergé (prieur), Luc Dochier, Michel Fleury, Célestin Ringeard, Bruno Lemarchand, Tibault Orzechowski et Paul Favre-Miville.
À découvrir
Les moines de Tibhirine vivaient en harmonie avec la population locale depuis des décennies. Ils cultivaient la terre, soignaient les malades et entretenaient un dialogue profond avec leurs voisins musulmans, incarnant un idéal de fraternité et de paix.
Une détention de deux mois et une revendication par le GIA
Les religieux sont retenus en otage pendant près de deux mois. Le Groupe islamique armé (GIA), principal organisation terroriste islamiste durant la Décennie Noire en Algérie, revendique l’enlèvement. Un communiqué signé Djamel Zitouni, le chef du GIA, annonce leur exécution le 21 mai 1996 : « Nous avons tranché la gorge des sept moines, conformément à nos promesses. » Le motif invoqué est le refus des autorités françaises de négocier un échange contre des islamistes détenus.
Le 30 mai 1996, les têtes des moines sont découverts sur le bord d’une route près de Médéa. Les corps ne seront jamais retrouvés.
Les sept moines béatifiés à Oran
En 2018, les sept moines sont béatifiés à Oran, aux côtés d’autres martyrs chrétiens d’Algérie, reconnaissant leur témoignage de paix et leur choix courageux de rester malgré les menaces.
Trente ans après cette tragédie, le souvenir des moines de Tibhirine continue d’inspirer. Leur engagement pour le dialogue interreligieux et leur refus de céder à la peur symbolisent une forme de résistance spirituelle face à la barbarie.
Aujourd’hui, le monastère de Tibhirine, géré par une autre communauté chrétienne, reste un lieu de mémoire et de pèlerinage où le message des moines, celui d’une fraternité universelle, continue de résonner dans un monde encore confronté aux extrémismes.
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