Première partie

Offensive de l’Arcom contre Cnews : impartialité progressiste, pluralisme socialiste et neutralité de gauche, la liberté d’expression fait rage !

Cnews est dans le viseur de l’Arcom… Qu’est-ce qui est reproché à la chaîne de télévision par une institution dont la neutralité politique devient de plus en plus sujette à caution ? Doit-on craindre une remise en cause de la liberté d’expression et le retour de la censure ? Décryptage.

Par Marc Hellebroeck

Publié le 29 juin 2026

Offensive de l’Arcom contre Cnews : impartialité progressiste, pluralisme socialiste et neutralité de gauche, la liberté d’expression fait rage !

Toutes les armes (médiatiques, politiques, judiciaires et institutionnelles) sont mobilisées par le camp progressiste pour neutraliser les médias Bolloré.

Tout a commencé le 10 juin dernier par une mise en demeure de l’Arcom  à Radio France (1). Le régulateur de l’audiovisuel pointait une « sous-représentation » du Rassemblement National sur les chaînes France Inter et France Info aux heures de grande écoute. Cette décision ne manquait pas d’être surprenante : diable, voilà une institution penchant idéologiquement à gauche qui mettait en cause un média de service public largement acquis à la gauche ! Quel prurit d’équité et de neutralité démangeait soudainement l’Arcom ? On aurait voulu donner l’illusion de l’impartialité et éviter l’accusation du « deux poids, deux mesures » qu’on ne s’y serait pas pris autrement…  

Le pote aux roses (du PS) a été révélé deux jours plus tard, soit le 12 juin,  avec une autre mise en demeure de l’Arcom, une mise en demeure aux allures de réquisitoire et adressée, cette fois, à (contre ?) la chaîne Cnews (2). Ouf, les choses avaient retrouvé leur cours normal !

Le paradoxe du « sans frontières » limité

On notera qu’à l’origine de la mise en demeure, il y a une saisine de l’Arcom par Reporters Sans Frontières. Sans frontières, peut-être, mais avec tout de même une limite infranchissable, à savoir la défense de la liberté d’expression des médias de droite conservatrice. Ceux-là, il convient pour rapporteurs sans frontières de les dénoncer aux autorités et, si possible, de les faire taire. Et dire qu’on pensait que la dénonciation était une vilaine pratique typique de l’extrême droite, une pratique évoquant « les heures les plus sombres de notre histoire »… Faut croire que ça a changé ! Que penserait-on d’une association de sauveteurs en mer qui jetterait (ou pas) une bouée de sauvetage aux personnes en train de se noyer en fonction de leur sensibilité politique ?

Bref, nous avons donc une ONG de gauche qui a saisi une institution de gauche pour exiger qu’un média de droite cesse de produire des contenus de droite…au nom du pluralisme ! En effet, ledit pluralisme, selon la conception qu’on s’en fait à RSF et à l’Arcom, signifie la libre-expression de toutes les sensibilités politiques, de toutes les sensibilités politiques allant, bien sûr, de l’extrême gauche au centre gauche en passant par la gauche !

Au secours, le pluralisme monopolistique est menacé !

Le fond de cette affaire est un combat culturel et, par conséquent, un combat politique. Hégémonique (ou presque) dans les médias pendant plus d’un demi-siècle, le gauchisme culturel est désormais confronté à l’irruption et au succès grandissant des médias Bolloré, médias qui osent assumer une tendance de droite conservatrice. Cette irruption et ce succès sont perçus dans le camp dit « progressiste » comme une intolérable remise en cause d’un quasi-monopole de l’information : ainsi l’Arcom, peinant à dissimuler ce qui lui apparaît probablement comme une provocation, fustige des « animateurs (de Cnews) qui tendent à se positionner comme les prescripteurs du point de vue à adopter sur le thème choisi ».

En effet, il a été pendant si longtemps admis et convenu que les « prescripteurs » d’opinion devaient majoritairement être issus des différentes chapelles de la gauche, qu’aujourd’hui le clergé médiatique progressiste se vit comme assiégé par la mise en place inédite du pluralisme politique dans le microcosme de l’information. Et, pour ceux qui considèrent que la ligne éditoriale de centre-droit du Figaro, c’est déjà le fascisme, il est clair que Cnews, Europe 1 et le JDD, c’est l’apocalypse des zombies nazis cannibales et qui tuent les chatons ! Paradoxalement, l’introduction progressive d’une dose de pensée de droite dans le très univoque microcosme médiatique et culturel est ressentie par les progressistes comme une menace existentielle contre le pluralisme.

C’est pourquoi toutes les armes (médiatiques, politiques, judiciaires et institutionnelles) sont mobilisées par le camp progressiste pour neutraliser les médias Bolloré : il en va non seulement des intérêts financiers (l’information est aussi un business, ne l’oublions pas), mais aussi de la conservation du pouvoir qu’apporte la suprématie en matière de prescriptions morales. Les plus conservateurs ne sont pas toujours ceux qu’on croit…

Dans ce contexte de conflit pour le contrôle de l’information, on peut craindre que l’Arcom ne devienne pour l’audiovisuel français ce que le tribunal de l’Inquisition était à l’Église chrétienne aux temps médiévaux : un instrument de répression destiné à protéger le dogme dominant et à faire taire toute dissidence intellectuelle.

L’Arcom ou la neutralité engagée

Parmi les différents éléments à charge retenus par l’Arcom à l’encontre de Cnews, celui qui est martelé tout au long de la mise en demeure, c’est « la large convergence des points de vue exprimés » sur la chaîne privée. Traduction : des points de vue de droite conservatrice (3). Et effectivement, comme déjà précisé plus haut, il est absolument indéniable que Cnews est un média à la ligne éditoriale de droite conservatrice ; tout comme est indéniable « la large convergence des points de vue » de gauche progressiste sur les chaînes de télévision et de radio du service public, ainsi que vient de le démontrer le rapport de la Commission d’enquête parlementaire « sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audioviduel public » (4). On notera d’ailleurs que la mise en demeure de l’Arcom incriminant Cnews survient juste après la publication du rapport de ladite Commission parlementaire : hasard du calendrier…  

Selon le député Charles Alloncle, rapporteur de la Commission parlementaire, France Telévisions et Radio France présentent un biais éditorial de gauche et une sensibilité sociétale progressiste ; tandis que, selon l’Arcom, Cnews présente un biais éditorial de droite et une sensibilité sociétale conservatrice : les deux institutions ont donc été financées par l’argent public pour mettre en évidence…des évidences que n’importe quel téléspectateur ou auditeur doté d’un cerveau est capable de constater ! N’y avait-il pas de dépenses plus urgentes à faire ? A quand une commission d’enquête parlementaire ou une mise en demeure de l’Arcom sur l’enfonçage des portes ouvertes ?

Quant à Mr Adjari, actuel président de l’Arcom, contredisant la Commission parlementaire (qui s’en serait douté ? ), il a affirmé avec vigueur que l’audiovisuel public était « très largement impartial » (5). Pour éviter de sombrer dans la dissonance cognitive, on ne dissertera pas sur le concept d’autorité administrative indépendante dont le président est nommé par le président de la République… Franchement, qui pourrait douter qu’un homme au background aussi prestigieux que Mr Adjari – ancien conseiller des ministres socialistes Laurent Fabius et Florence Party et ancien directeur de cabinet des ministres socialistes Aurélie Filippeti et Fleur Pellerin – ne fait pas ce qu’il faut pour garantir l’impartialité au sein de l’institution qu’il dirige ?

Le journaliste Thomas Legrand (France Inter), lui aussi, fait ce qu’il faut ! Ainsi, alors qu’il déjeunait à l’été 2025 en compagnie de son confrère Patrick Cohen (France Inter et France 5) et de hiérarques du Parti Socialiste, il avait déclaré, dans un contexte politique de pré-campagne électorale pour les municipales parisiennes : « Nous, on fait ce qu’il faut pour Dati, Patrick et moi». C’est dire à quel point l’impartialité fait rage sur l’audiovisuel public ! D’ailleurs, puisqu’il est question de messieurs Legrand et Cohen, impartial plus impartial égale deux partiaux…

Quoi qu’il en soit, l’Arcom a tranché : sa mise en demeure exige de Cnews qu’elle restreigne la diffusion de points de vue conservateurs et qu’elle donne davantage de place aux idées prétendues progressistes. En résumé, la chaîne a (encore pour le moment…) le droit d’avoir une ligne éditoriale de droite conservatrice, mais à condition d’être « en même temps » de gauche ! Parallèlement, on constate qu’en l’absence de décision contraignante de l’Arcom, les chaînes publiques peuvent demeurer des médias d’opinion faisant la part belle aux journalistes militants de gauche et d’extrême gauche.

Remarquons au passage que le PS détient en France un pouvoir institutionnel sans commune mesure avec son poids électoral (1,75 % des suffrages à la dernière élection présidentielle pour Mme Hidalgo, qui a fait de Paris un sanctuaire pour les rats) : ainsi, Mr Didier Tabuteau, qui a travaillé dans les cabinets ministériels des ministres socialistes Claude Evin, Martine Aubry et Bernard Kouchner, est vice-président du Conseil d’État ; tandis que Mr Richard Ferrand, qui a été ministre socialiste, est président du Conseil Constitutionnel (où il a succédé au socialiste Laurent Fabius). Vous ne voulez plus des socialistes ? Vous l’avez manifesté dans les urnes ? Eh bien, vous les aurez quand même !

Le pluralisme à la française, c’est juste l’abréviation de plurisocialisme.

M. H.

(1) Décision du 12 juin 2026 mettant en demeure la société d’exploitation d’un service d’information | Arcom

(2) Décision n° 2026-271 du 12 juin 2026 mettant en demeure la société d’exploitation d’un service d’information – Légifrance  Bon courage à ceux qui auront assez de persévérance pour lire jusqu’au bout ce texte-purge rédigé en volapük techno-juridico-administratif !

(3) Tout au long de sa mise en demeure, l’Arcom se garde bien d’utiliser les mots « droite » ou « gauche ». Le texte évoque juste la « convergence » des points de vue ou des points de vue « univoques », mais sans préciser l’orientation politique desdits points de vue. C’est un procédé rhétorique puéril utilisé par l’autorité de régulation pour masquer ses propres a priori idéologiques et c’est surtout prendre le lecteur de la mise en demeure pour un…demeuré !

(4) Commission d’enquête sur l’audiovisuel public: le rapport de Charles Alloncle publié | LCP –

Assemblée nationale

(5) Audiovisuel public : « Il est très largement impartial, mais il y a un travail à faire pour examiner ce qu’attendent les Français », estime le président de l’Arcom Ne riez pas, ce n’est pas un sketch ! Il a vraiment affirmé cela !

La rédaction vous conseille

Envie de lire tous les articles ?

Débloquez immédiatement tous les articles. Sans engagement.

Abonnement

Débloquez immédiatement tous les articles.

Je m'abonne

Newsletter

Recevez chaque semaine les titres à la Une

Inscrivez-vous
Activer les notifications OK Non