26 mai 1993 : Tahar Djaout, le premier journaliste visé par un attentat islamiste en Algérie
Nous sommes le 26 mai 1993. L'information provoque un grand choc dans les rédactions d'Alger, puis sur toute ville et rapidement à travers le pays. Tahar Djaout vient de tomber sous les balles de terroristes islamistes. C'est le premier artiste, intellectuel et journaliste à tomber sous le feu et les lames des islamistes en Algérie. Oui, Tahar Djaout est à la fois poète, romancier, intellectuel et journaliste. Il restera dans le coma jusqu'au 2 juin où il succombera à ses blessures. De nombreux autres artistes, intellectuels et journalistes seront assassinés les mois, les années qui vont suivre. Cent pour les seuls journalistes.
Publié le 26 mai 2026

C'est le premier artiste, intellectuel et journaliste à tomber sous le feu et les lames des islamistes en Algérie.
Le journaliste, poète et écrivain a été la cible d’un attentat islamiste le 26 mai 1993, à Alger, à proximité de son domicile. Laissé pour mort, touché de deux balles dans la tête à bout portant, il allait rester huit jours dans le coma, son décès allait être déclaré le 2 juin.
Ce 26 mai, une belle journée commençait à Alger ; ça allait vite virer au cauchemar. Il était environ 9h et le journaliste venait de monter dans sa voiture pour rejoindre les locaux de l’hebdomadaire dont il était le directeur de la rédaction, Ruptures, qu’il avait fondé avec Abdelkrim Djaad et Arezki Metref. Un journal ouvertement anti-intégriste (comme on disait à l’époque en Algérie), comprendre anti-islamiste.
Tahar Djaout venait d’allumer le moteur lorsqu’un homme a frappé à la vitre de sa voiture côté chauffeur. Il a eu à peine le temps de se tourner pour regarder l’homme que celui-ci lui a tiré deux balles dans la tête. Avec un acolyte, le terroriste a ensuite sorti le journaliste de son véhicule et jeté par terre, le croyant déjà mort.
Le nom de Tahar Djaout est gravé dans la mémoire individuelle et la mémoire collective des Algériens
L’information a vite circulé dans les rédactions d’Alger et y a provoqué un grand choc, l’effroi ; la nouvelle s’est ensuite propagée comme une trainée de poudre dans la ville, puis à travers le pays.
Evacué rapidement à l’hôpital, Tahar Djaout n’a pas pu être sauvé ; il a été gardé huit jours dans un coma profond et il a succombé à ses blessures le 2 juin. Il avait 39 ans et déjà une longue carrière dans la presse écrite. Il était un journaliste connu. Il était également connu comme poète et écrivain. La maison de la presse d’Alger a été baptisé Maison de le Presse Tahar Djaout. De nombreux textes et conférences lui ont été consacrés depuis 33 ans. Le nom de Tahar Djaout est gravé dans la mémoire individuelle et la mémoire collective des Algériens.
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