Christine Kelly, une volonté de faire dans une parole de velours
Christine Kelly fut la première femme noire à présenter un Journal Télévisé sur une chaîne d’infos en France métropolitaine (sur LCI en 2000) et également la première femme issue de la France d’outre-mer nommée au CSA (plus jeune membre de l’institution en 2009). Bref, quand on évoque Christine Kelly, les mots « première » et « pionnière » s’imposent…sauf qu’on s’en fout ! On s’en fout parce que sous-entendre que la journaliste devrait tout ou partie de sa réussite professionnelle à son sexe et à sa couleur de peau -autrement dit à une discrimination positive officieuse- serait faire preuve de sexisme et de racisme. Si Christine Kelly est arrivée là où elle est, c’est grâce à son talent et à ses compétences. A compétences et talent égaux, Christian Kelly, journaliste Ch’ti au teint pâle, aux yeux clairs et à la calvitie prononcée, occuperait aujourd’hui la même place au sein de l’audiovisuel français. Fin du débat.
Par Marc Hellebroeck
Publié le 16 février 2026

Il y a chez Christine Kelly une volonté inflexible de ne jamais être débordée par ses chroniqueurs masculins ou par les personnalités publiques qu’elle interviewe dans son émission « Face à l’info », sur Cnews.
A l’heure où le journalisme de cour et le journalisme militant -les deux étant d’ailleurs compatibles- sont quasiment la norme sur les médias de service public acquis à la wokisphère, Christine Kelly incarne la tradition du journalisme à la française : un journalisme libre, parfois polémique, mais toujours élégant et pourvoyeur d’enrichissants débats intellectuels, politiques et culturels.
La féministe tranquille
Par son ascension dans les médias d’information, Christine Kelly a démoli le cliché, pourtant puissamment enraciné dans l’inconscient collectif, de la jolie femme qui serait par nature superficielle et par conséquent assignée au rôle de potiche télévisuelle. Devenant un modèle pour les jeunes filles françaises ambitieuses, elle en a sans doute fait bien davantage pour l’égalité des sexes que telle élue écologiste infichue de comprendre que ce n’est pas en lançant une croisade (ou plutôt une fatwa) contre les entrecôtes grillées au barbecue qu’on libérera les femmes afghanes de l’emprise patriarcale des talibans…
Christine Kelly, ce n’est pas le féminisme intersectionnel et décolonial qui assimile les hommes (occidentaux et hétéros) à des entités maléfiques, c’est à l’inverse un féminisme tranquille et apaisé qui démontre qu’une femme journaliste peut non seulement rivaliser avec ses collègues masculins, mais aussi les surpasser en termes d’audience. Nul besoin d’éructations misandres, d’appels à la guerre des sexes ou de s’exhiber topless dans une église pour faire avancer la cause des femmes ! La détermination et le travail fonctionnent bien mieux et ont valeur d’exemplarité.
Le milieu médiatico-politique où évolue Christine Kelly est un écosystème encore plus impitoyable que la jungle. Dans cette jungle, notre journaliste est une dompteuse. Elle côtoie et dompte les seules bestioles plus féroces que les grands félins et plus sournoises que les serpents venimeux : je veux parler des politiciens français. Derrière son sourire affable et son ton modéré en toutes circonstances, il y a chez Christine Kelly une volonté inflexible de ne jamais être débordée par ses chroniqueurs masculins ou par les personnalités publiques qu’elle interviewe dans son émission « Face à l’info », sur Cnews.
Ainsi, face à ces professionnels de la langue de bois, de l’autosatisfaction, de la démagogie et de l’indignation surjouée que sont nos politiciens, elle ne se départit jamais de son sourire et ne hausse jamais la voix, mais elle tient le cap et n’admet en aucun cas de se laisser dicter la trame de ses questions. Par ses relances opportunes, par certaines questions faussement naïves (mais en fait redoutablement pertinentes) et par sa sérénité imperturbable, elle parvient, sinon à faire dire à nos édiles ce qu’ils souhaiteraient taire, du moins à faire comprendre aux téléspectateurs que, parfois, lesdits édiles éludent, mentent et ne sont pas tout à fait ce qu’ils prétendent être.
Même l’ingérable Eric Zemmour, roi de la punchline déstabilisante et cauchemar des journalistes, s’était soumis, durant son passage sur Cnews, à l’autorité douce mais ferme de Christine Kelly. Il fallait voir comment la terreur des plateaux attendait sagement que la patronne des lieux consente à lui accorder la parole, il fallait voir le petit sourire crispé de ce redoutable rhétoricien, soudainement réduit à l’état du bon élève un peu fayot qui veut absolument complaire à sa maîtresse d’école… Dompteuse, vous dis-je !
La militante inlassable
Contrairement aux nombreuses personnalités engagées à gauche qui, entre un séjour à Gstaad et une virée en yacht, culpabilisent les français moyens en leur reprochant de se montrer parfois un peu rétifs quant à l’accueil fraternel de certains allogènes hostiles qui violent et assassinent leurs enfants, Christine Kelly, pour sa part, ne s’est jamais contentée de belles paroles moralisatrices qui n’engagent à rien mais qui rapportent beaucoup en termes de reconnaissance germanopratine et de subventions du ministère de la Culture.
Quand d’aucuns braient de grandiloquents sermons wokistes, Christine Kelly agit et s’engage, dans sa vie professionnelle comme dans sa vie privée, au service des défavorisés. Ainsi, pendant son passage au CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, ancêtre de l’Arcom), elle avait obtenu que les chaînes de télévision sous-titrent leurs programmes pour les personnes en situation de handicap auditif. Elle a également créé « K d’urgences » (1), une fondation qui intervient aux côtés des familles monoparentales confrontées aux aléas de la vie (problèmes de logement, soutien scolaire, garde d’enfant, pensions alimentaires impayées ou aide à la recherche d’emploi). Face à une aristocratie politique, médiatique et artistique déconnectée des difficultés de la vie quotidienne, Christine Kelly a compris que « les parents célibataires sont les premières victimes de la crise et de la pauvreté en France » (2). Aider une maman ou un papa célibataire et démuni à prendre en charge son enfant, quand on est un journaliste célèbre, n’est-ce pas finalement plus empathique et solidaire que de faire, à partir d’un restaurant, la campagne électorale du PS pour les élections municipales à Paris ?
Christine et Christiane : celle qui croyait en la France et celle qui n’y croyait pas
Christine Kelly, c’est un peu l’inverse de Christiane Taubira. La première vient du département de la Guadeloupe, tandis que la seconde est née dans le département de la Guyane. La comparaison s’arrête là car, hormis une origine ultramarine commune, tout sépare ces deux éminentes figures médiatiques, même si Christine Kelly reconnaît « la place importante » de Christiane Taubira dans la vie politique française et la qualifie de « femme politique brillante, qui sait manier le verbe de façon incroyable » (3).
Indépendantiste guyanaise dans les années 70, militante d’un antiracisme sélectif ensuite et enfin grande prêtresse du laxisme judiciaire pendant son passage au ministère de la Justice, Christiane Taubira a réussi le prodige d’être wokiste avant même que le wokisme n’existe ! « Elle a préparé le terrain du wokisme », écrit Christine Kelly (3).
J’ajouterais que Christiane Taubira a également été précurseure de l’islamogauchisme, bien avant que Jean-Luc « butin de guerre » Mélenchon n’abjure la laïcité républicaine (4) : selon la loi mémorielle du 21 mai 2001, appelée aussi « Loi Taubira », la traite négrière transatlantique et l’esclavage sont considérés comme crimes contre l’humanité, ce qui est tout à fait incontestable. En revanche, la même loi n’évoque absolument pas la traite transsaharienne, perpétrée par les arabo-musulmans. Où quand l’idéologie conduit à une vision tronquée de l’Histoire…
Français ultramarins, français ultrarépublicains
L’exemple de Christine Kelly montre que la population des territoires ultramarins n’est pas uniquement constituée d’indépendantistes animés d’un farouche ressentiment francophobe et exigeant des français métropolitains qui n’étaient pas nés à l’époque de l’esclavage et de la colonisation qu’ils passent leur vie à faire repentance. La journaliste martèle en outre que nos compatriotes d’outre-mer sont des citoyens français à part entière et s’insurge contre ceux qui les assimilent de manière erronée à des immigrés (5). Il convient en effet de ne jamais oublier que les Antilles, par exemple, sont françaises depuis le règne de Louis XIII, soit depuis plus longtemps que la Savoie ou que Nice. On imagine à quel point de tels propos doivent faire enrager les racistes résiduels d’extrême droite et les racialistes résidus d’extrême gauche…
« Mon Dieu, que vous êtes français ! », s’exclamait avec émotion le général de Gaulle en 1964, à Fort-de-France, devant une foule enthousiaste (6). Les français d’outre-mer sont en effet bien plus français que ne le seront jamais nos gouvernants européistes, avec notamment un président xénocrate qui, malgré trois consultations référendaires manifestant l’attachement d’une majorité de néo-calédoniens à la République, semble vouloir brader la Nouvelle-Calédonie, ce « Caillou » injustement sous-estimé et qui est en fait un pur joyau convoité par l’Australie voisine…
Tandis que certaines communautés allogènes sont surreprésentées dans la délinquance, la criminalité et les revendications identitaires séparatistes, la France ultramarine, quant à elle, est majoritairement ultrapatriote et ultrarépublicaine, comme en témoigne la surreprésentation de nos frères d’outre-mer dans l’armée.
«J’aime la France, c’est ma seule boussole et c’est mon seul parti » (7)
Par son engagement contre le délitement des valeurs républicaines et pour la préservation de la culture française, Christine Kelly ferait une remarquable Marianne, parfaitement digne de succéder à Brigitte Bardot qui l’incarna autrefois.
J’irais même plus loin : à quand un engagement en politique ? En effet, si un « grand remplacement » est nécessaire en France, c’est bien le « grand remplacement » politique ! Depuis 1974 et la fin du gaullisme, l’Élysée a été occupé par une succession d’européistes qui ont systématiquement œuvré contre les intérêts nationaux. Il faut mettre urgemment fin à ce cycle délétère où xénocrates de gauche, de droite et du centre se succèdent sans véritable alternance, c’est-à-dire sans alternance de tendance souverainiste. La candidature de Christine Kelly à l’élection présidentielle pourrait initier ce « grand remplacement » politique : non à la créolisation communautariste de la France souhaitée par LFI, oui à une créolisation française, républicaine et laïque incarnée par Christine Kelly !
Christine Kelly a le charisme, la solidité et la résilience indispensables pour exercer la fonction présidentielle. De plus, elle possède de solides connaissances en matière de géopolitique et elle maîtrise l’art difficile de la rhétorique. Elle ferait bien mieux, « for sure », que le chef actuel de l’État, détenteur du déplorable record de la dette publique, qui atteint quasiment 3500 milliards d’euros aujourd’hui…
Christine Kelly présidente de la République, je vote pour !
Plus me plaît Lamentin, la France ultramarine,
que Bruxelles et Berlin des traîtres maastrichtiens.
Et plus que l’ère Macron la douceur de Christine.
M. H.
(1) K d’urgences – Christine Kelly
(4) Mélenchon, « butin de guerre » de Houria Bouteldja
(5) Christine Kelly : Non, les Ultramarins ne sont pas des immigrés
(6) 23-24 Mars 1964 : De Gaulle en Martinique, une folie populaire | AZ Martinique
(7) (1) Facebook
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