Il était journaliste et écrivain

Le 2 juin 1993, mourrait Tahar Djaout, victime du terrorisme islamiste

Le journaliste et écrivain algérien Tahar Djaout est mort le 2 juin 1993, à Alger, à l'âge de trente-neuf ans. Il avait été victime d'un attentat commis par des islamistes le 26 mai. Atteint à la tête de deux balles tirées à bout portant, il était tombé dans un coma profond.

Par Karim Maloum

Publié le 2 juin 2025

Le 2 juin 1993, mourrait Tahar Djaout, victime du terrorisme islamiste

Tahar Djaout a été, le 26 mai 1993, la cible d'un attentat islamiste qui le plongea dans un coma profond.

En quittant son domicile situé à Baïnem, dans la banlieue ouest d’Alger, Tahar Djaout, journaliste, poète et écrivain connu et reconnu, même à l’étranger, a été, le 26 mai 1993, la cible d’un attentat islamiste. Il plongea dans un coma profond qui allait durer une longue, une interminable semaine. 

Sa voiture était garée à quelques dizaines de mètres de chez lui. Il était environ 9h lorsque Tahar Djaout entrait dans la voiture et allumait le moteur. Selon les témoignages recueillis sur place, un individu le guettait lorsqu’il était sorti de chez lui et allait au parking. Une détonation se fit entendre, puis une seconde. Le sort du journaliste était scellé : touché à la tête, il a sombré dans un coma profond.

Tahar Djaout est le premier d’une longue liste de journalistes et parmi les premiers intellectuels et artistes assassinés par «les monstres qui éteignent les étoiles» (dixit le chanteur Matoub Lounès, lui-même assassiné cinq ans plus tard).

Les Algériens membres de « la famille qui avance » (selon la propre formule de Tahar Djaout qui parlait de « la famille qui avance et la famille qui recule » pour décrire l’opposition modernistes-islamistes) ont retenu leur souffle une semaine durant, du 26 mai au 2 juin 1993. Le 2 juin, la nouvelle tomba comme un couperet. Tahar Djaout était mort.

Tahar Djaout est le premier d’une longue liste de journalistes et parmi les premiers intellectuels et artistes assassinés par «les monstres qui éteignent les étoiles» (dixit le chanteur Matoub Lounès, lui-même assassiné cinq ans plus tard).

Avec Les Chercheurs d’os, roman publié en 1984 à Paris, le talent littéraire de Tahar Djaout a été plus largement reconnu.

Tahar Djaout est né le 11 janvier 1954 à Azeffoun en Kabylie maritime. Après des études qui le conduisent des mathématiques aux sciences de l’information, il devient journaliste en 1976. Ses premières publications avaient été des plaquettes de poèmes : Solstice barbelé (édité au Québec en 1975), L’Arche à vau-l’eau (Paris, 1978), Insulaire & Cie(Alger, 1980), L’Oiseau minéral (Alger, 1982). Un roman, L’Exproprié (publié à Alger en 1981, réédité à Paris en 1991), puis un recueil de nouvelles, Les Rets de l’oiseleur (Alger, 1983). Avec Les Chercheurs d’os, roman publié en 1984 à Paris, le talent littéraire de Tahar Djaout a été plus largement reconnu.

K. M.

La rédaction vous conseille

Envie de lire tous les articles ?

Débloquez immédiatement tous les articles. Sans engagement.

Abonnement

Débloquez immédiatement tous les articles.

Je m'abonne

Newsletter

Recevez chaque semaine les titres à la Une

Inscrivez-vous
Activer les notifications OK Non