11 septembre 2001 : un souvenir lointain mais vivace
Par Yacine Aït Ouffella
Publié le 11 septembre 2026

Lorsque des kamikazes ont détourné des avions et les ont précipités contre deux gratte-ciel de New York, cela a vite ravivé chez eux le sentiment d’insécurité vécu durant les années 90.
Pour les Algériens, les événements du 11 septembre 2001, lorsque des kamikazes ont détourné des avions de ligne américains et les ont précipités contre deux gratte-ciel de New York, tuant des milliers de personnes, cela a vite ravivé chez eux le sentiment d’insécurité, vécu des années durant lors de ce qui sera appelé la Décennie noire, une tragédie nationale qu’ils venaient de traverser. Vingt-cinq après, il est difficile de ne garder que vaguement les souvenir de cette journée qui changera le cours de l’histoire. Mais pour moi, en plus des événements du 11 septembre, c’est toute l’année 2001 qui sera mémorable.
En septembre, cela faisait déjà six mois que la Kabylie, ma région natale, est à feu et à sang. Elle livrait une guerre d’un autre genre, alors que les cicatrices des années du terrorisme islamiste n’étaient pas encore pansées. Le destin a voulu que cette région qui a payé un lourd tribut dans la Guerre d’Algérie, paiera encore une fois, cette fois-ci pour la démocratie.
Le 18 avril 2001, à deux jours de la commémoration du Printemps berbère d’avril 1980, Massinissa Guermah, un jeune lycéen âgé de 18 ans, est assassiné par une rafale d’arme automatique tirée par un gendarme dans les locaux de la gendarmerie de Beni Douala, en Kabylie. Cet événement est l’élément déclencheur d’une révolte en Kabylie. Des manifestations pacifiques sont observées dans toute la région.
En tant que délégué du Mouvement citoyen des Aarchs, une organisation kabyle, née à la suite des évènements du Printemps noir de Kabylie de 2001, ce qui se passait aux USA, importait peut-être peu pour moi, car ce qui nous intéressait le plus était la suite à donner à notre contestation, vu notamment la centaine de morts qu’ont fait les balles réelles que tiraient les gendarmes algériens, sans hésitation sur les foules.
Il était surtout question de « cerner » la contestation après la marche du 14 juin 2001, réprimée également dans le sang, sachant que malgré les interdictions de manifester décrétées par le pouvoir et les tentatives de dialogue amorcées par le gouvernement, la tension restait vive en Kabylie en ce début d’automne.
En ce 11 septembre 2001, au cours d’une réunion, une quinzaine de délégués du Mouvement citoyen devaient désigner ses représentants pour une rencontre prévue pour le 3 octobre avec Ali Benflis, le Premier ministre algérien de l’époque. Ce ne sera pas pour autant, la fin de la contestation populaire qui se poursuivra jusqu’en 2003 avec le retour d’Ahmed Ouyahia à la tête du gouvernement et le départ de la Gendarmerie algérienne de la Kabylie.
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