Législatives en Israël : Consultations présidentielles ce Mercredi 4 novembre, la Commission électorale ne relève aucune preuve de fraude aux législatives

La Commission électorale israélienne a annoncé mercredi n'avoir trouvé aucune preuve de fraudes portant atteinte à l'intégrité des dernières élections législatives, dont le résultat est contesté par le camp du premier ministre sortant Benyamin Netanyahou. Le président Herzog reçoit les résultats officiels le 4 novembre à midi et il entamera les auditions dès 17 heures, en commençant par les listes les plus modestes.

Par Marie Dolores Prost

Publié le 4 novembre 2026

Législatives en Israël : Consultations présidentielles ce Mercredi 4 novembre, la Commission électorale ne relève aucune preuve de fraude aux législatives

Le président Herzog, dont le rôle reste largement protocolaire en dehors des périodes de formation de gouvernement, se trouve ainsi au centre des arbitrages.

Mercredi, la Commission électorale israélienne a écarté les accusations de fraude pour les législatives, contestées par le parti de Benyamin Netanyahou. Après avoir examiné les recours déposés par les différents partis et procédé à des vérifications poussées, les autorités électorales n’ont trouvé «aucune irrégularité ou preuve indiquant que l’intégrité des élections a été compromise ou que les résultats ont été altérés», a indiqué la commission dans un communiqué.

Cette mise au point intervient à quelques heures de la publication des résultats officiels de ce scrutin qui n’a permis de dégager aucune majorité.

Consultations présidentielles ce Mercredi 4 novembre pour sortir d’une impasse post-électorale. Aucun camp n’ayant obtenu de majorité absolue à l’issue des élections législatives du 27 octobre 2026, le président Isaac Herzog a ouvert mercredi 4 novembre une série de consultations destinées à désigner le député chargé de former le prochain gouvernement. 

L’ordre inhabituel retenu des plus petites formations aux plus grandes traduit la volonté d’explorer toutes les combinaisons possibles avant d’éventuelles nouvelles élections. Selon le décompte final, le bloc de Benjamin Netanyahu rassemble 53 sièges sur les 120 que compte la Knesset (Likud 27, Otzma Yehudit 7, Judaïsme unifié de la Torah 7, Shas 6, Sionisme religieux-Zehut 6). 

L’opposition « sioniste » conduite par Gadi Eisenkot (Yashar) en compte 48 (Yashar 21, B’Yachad 12, Démocrates 8, Yisrael Beiteinu 7). Les partis arabes atteignent 19 sièges (Liste unifiée 11, Ra’am 8), un niveau inédit.  La participation s’est établie autour de 78 %. Aucune majorité de 61 sièges n’émerge clairement, même si les forces opposées à Netanyahu totalisent 67 députés.

Le président Herzog reçoit les résultats officiels le 4 novembre à midi et il entamera les auditions dès 17 heures, en commençant par les listes les plus modestes. 

Mercredi soir sont entendus le Sionisme religieux-Zehut, Shas et Yisrael Beiteinu ; jeudi suivent le Judaïsme unifié de la Torah, Otzma Yehudit, les Démocrates, Ra’am, la Liste unifiée, B’Yachad, Yashar et, en dernier, le Likud. Le président Herzog a appelé les responsables politiques à faire preuve d’« ouverture d’esprit » et à « descendre des arbres » afin d’éviter un nouveau scrutin.

Le mécanisme est fixé par la loi fondamentale sur le gouvernement. Après les consultations, le président charge le député qu’il estime le mieux placé pour constituer une coalition. Ce dernier dispose de 28 jours, prorogeables de 14, pour obtenir la confiance de la Knesset. En cas d’échec, un second candidat peut être désigné, puis, en ultime recours, 61 députés peuvent proposer une personnalité pour une dernière tentative de 14 jours. 

Si aucune solution n’aboutit, la Knesset est automatiquement dissoute et de nouvelles élections sont convoquées dans un délai d’environ 90 jours. La nouvelle assemblée sera assermentée le 10 novembre, quel que soit l’aboutissement des négociations.

La Knesset, majoritairement opposée à Netanyahu

L’opposition s’oriente vers une recommandation unanime en faveur d’Eisenkot. Les partis arabes pourraient lui apporter le même soutien, ce qui porterait son total à 67 recommandations contre 53 pour Netanyahu, mais des  réticences persistent toutefois dans le camp d’Eisenkot, notamment chez Avigdor Lieberman, quant à l’hypothèse d’un gouvernement minoritaire soutenu de l’extérieur par Ra’am ou la Liste unifiée. Eisenkot a lui-même posé des conditions préalables reconnaissance d’Israël comme État juif et démocratique, service pour tous et classement du Hamas comme organisation terroriste qui complexifient les équations.

Herzog, dont le rôle reste largement protocolaire en dehors des périodes de formation de gouvernement, se trouve ainsi au centre des arbitrages. Son invitation à des « solutions créatives » laisse entrevoir la possibilité d’un gouvernement d’union ou d’un arrangement large, même si les clivages idéologiques, personnels et postérieurs au 7 octobre 2023 demeurent marqués. 

La Knesset, majoritairement opposée à Netanyahu, pourrait également peser sur le calendrier et les équilibres institutionnels.

L’enjeu immédiat est de mettre fin à une situation de transition dans laquelle Netanyahu demeure Premier ministre par intérim, tout en évitant un nouveau cycle électoral dans un pays déjà profondément polarisé. 

Les prochains jours, au fil des audiences à la résidence présidentielle, permettront de mesurer si les acteurs privilégient un compromis fragile ou un nouveau recours aux urnes.

M. D. P.

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