COMMÉMORATION DU 46ÈME ANNIVERSAIRE DU PRINTEMPS BERBÈRE
La Kabylie a défié la dictature algérienne le 20 avril 1980 pour revendiquer une Algérie libre et démocratique
Le 20 avril 1980 est en Algérie, le jour anniversaire du Printemps berbère. La Kabylie s’est soulevée, de Tizi Ouzou à Bejaïa et en passant par Bouira, pour les libertés démocratiques, l’affirmation de l’identité et de la langue berbères. Cette révolte est le premier mouvement populaire d’opposition aux autorités depuis l’indépendance du pays en 1962. Après une phase de répression, puis une longue hésitation, le tamazight est reconnu en tant que langue officielle et nationale depuis 2016
Par Karim Maloum
Publié le 20 avril 2026

Le 20 avril 1980, la Kabylie s'est embrasée pour les libertés démocratiques.
Il y a 46 ans, le 20 avril 1980, une grève générale spontanée contre le pouvoir totalitaire algérien est déclenchée à Tizi Ouzou, en Kabylie, pour la reconnaissance de la culture et de la langue berbères, contre le parti unique, pour les libertés démocratiques.
Cette révolte populaire contre le régime totalitaire est la première parmi d’autres qui ont marqué les mouvements démocratiques en Algérie, qui réclamaient avec force les libertés démocratiques, le multipartisme, la liberté de la presse et l’égalité entre les hommes et les femmes. La scène politique en Algérie a été marquée par ce mouvement pendant plusieurs décennies.
Le 20 avril, les étudiants entament une grève et occupent l’Université de Tizi Ouzou. Face à une opération de police visant à les déloger, la population déclenche une grève générale et des manifestations sont organisées partout en Kabylie et jusqu’à Alger, notamment dans les universités. Tous les ans, les domaines de l’éducation tels que les écoles, les collèges, les lycées, les universités, les services publics, les mairies… restent fermés.
Ce mouvement a donné naissance à beaucoup de défenseurs de la démocratie. Depuis cette date, l’Algérie est condamnée à changer. Les Kabyles ont ouvert la voie pour se débarrasser du Parti unique.
L’islamisme a tout détruit
Ce mouvement, le premier à contester le régime totalitaire depuis l’indépendance en 1962, sera à l’origine de la création de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme et du Mouvement culturel berbère…
Le Printemps berbère de 1980 reste un marqueur fort pour le combat démocratique en Algérie. Le 20 avril est plus qu’un souvenir, c’est l’écho fondateur pour une Algérie libre.
Beaucoup pensaient que l’Algérie suivrait le chemin des grandes nations dans un processus démocratique. Neuf ans plus tard, le pouvoir légalise le multipartisme. Les islamistes entrent en action. Le Front islamique du salut (FIS) figure parmi les partis légalisés. Le pouvoir laisse faire les islamistes et les démocrates ne prennent pas conscience du danger.
En juin 1990, le FIS gagne les élections municipales avec plus de 50% des voix. Et, en décembre 1991, il gagne le premier tour des législatives mais il n’y aura pas de deuxième tour le processus électoral ayant été interrompu pour empêcher le parti islamiste de prendre le pouvoir.
Il est bien connu que l’armée est la colonne vertébrale du régime algérien. Les militaires refusent de renoncer au pouvoir, ce qui empêche la société civile d’avancer.
Les Algériens conservent leur optimisme, et les principes du mouvement démocratique lancé au printemps 1980 sont toujours d’actualité : lutter pour une Algérie libre et démocratique.
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