Djihadisme : la menace a changé de visage, pas d’intensité
Que l’on ne s’y trompe pas. Si les capitales européennes respirent depuis quelques années, ce n’est ni parce que les organisations terroristes auraient renoncé, ni parce que nos services auraient gagné la guerre. C’est que la violence islamiste a changé de régime. Elle s’est provincialisée, criminalisée, enracinée dans les failles des États faibles, et l’Occident ne figure plus en tête de ses cibles immédiates. Voilà une bonne nouvelle qui n’en est pas une. Explications.
Par Mohamed Sifaoui
Publié le 29 mai 2026

Le djihadisme de 2026 n’est pas celui des années 2000, encore moins celui des années 1990. Il s’est dispersé, criminalisé, enraciné loin des projecteurs occidentaux.
Le 11-Septembre, Madrid, Londres, Paris, Bruxelles : autant de jalons qui ont fixé l’imaginaire européen sur le coup d’éclat projeté. Or, le centre de gravité s’est déplacé. Au Sahel, dans la Corne de l’Afrique, sur l’arc qui va du Pakistan à la Turquie, ce que l’on nomme, par commodité, « Khorassan », la violence est devenue routinière. Elle ne fait plus la une. Elle tue chaque semaine. Souvent plusieurs dizaines de personnes.
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