Saint-Denis : une élue PS annonce sa démission, pointant des « relations » entre le nouveau maire et le commanditaire de son agression

Une élue PS de Saint-Denis, Oriane Filhol, a démissionné en dénonçant des liens présumés entre le maire LFI Bally Bagayoko et Mouloud Bezzouh, le commanditaire de son agression dont elle a été victime en 2023. Son agresseur a été condamné à quatre ans de prison assortis d'un sursis probatoire de deux ans.

Par Karim Maloum

Publié le 25 mars 2026

Saint-Denis : une élue PS annonce sa démission, pointant des « relations » entre le nouveau maire et le commanditaire de son agression

Ce qui se passe dans les nouvelles municipalités LFI est, du point de vue de la démocratie, très inquiétant. Les polémiques se multiplient après l’élection de Bally Bagayoko à la tête de la mairie de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Une élue PS a annoncé sa démission du conseil municipal de Saint-Denis en dénonçant des liens entre le nouveau maire LFI et le commanditaire de son agression, condamné mardi en appel pour ces violences et que l’édile affirme ne pas connaître «personnellement».

Au bord des larmes à la sortie de la salle d’audience, Oriane Filhol, 34 ans, a indiqué qu’elle ne se sentait «pas en sécurité dans ce conseil municipal, sachant justement les relations entre le nouveau maire et le commanditaire de mon agression».

Le 16 mars, au lendemain de l’élection perdue par la liste socialiste, Oriane Filhol avait, depuis son bureau qu’elle était en train de vider, pris en photo le nouveau maire Bally Bagayoko et le commanditaire de son agression Mouloud Bezzouh ayant, selon elle, «une discussion qui a duré de nombreuses minutes et qui s’est terminée par une poignée de main très chaleureuse». Sur les images consultées par l’AFP, les deux hommes apparaissent en train de discuter seuls sur le parvis de l’hôtel de ville. 

Mouloud Bezzouh était jugé ce mardi par la cour d’appel de Paris pour avoir commandité l’agression de l’élue socialiste

Les faits incriminés remontent à 2023. Le mis en cause aurait alors engagé trois jeunes, contre une promesse de rémunération, pour passer à tabac celle qui occupait alors les fonctions d’adjointe en charge des questions de solidarité et de droits des femmes. Eux-mêmes condamnés en 2024 pour ces violences, les trois individus âgés de 18 à 22 ans avaient reconnu avoir été approchés par un mystérieux commanditaire, lequel leur demandait de frapper une personne qu’ils ne connaissaient pas en échange de la somme de 2 500€.

La victime avait été suivie alors qu’elle sortait d’une réunion. Deux hommes l’avaient frappée à de multiples reprises. Blessée au niveau du visage, l’adjointe qui était en charge des thématiques liées à l’égalité hommes-femmes s’était vue octroyer cinq jours d’incapacité totale de travail. Quelques semaines après, les agresseurs avaient été interpellés, jugés et condamnés.

Mouloud Bezzouh, 59 ans, a été reconnu mardi par la cour d’appel de Paris coupable d’avoir envoyé trois jeunes en décembre 2023, contre la promesse de rémunération, passer à tabac la jeune femme, alors adjointe en charge des questions de solidarité et de droits des femmes. Il a été condamné à quatre ans de prison assortis d’un sursis probatoire de deux ans, une peine inférieure aux cinq années dont trois ferme infligée en première instance.

Liens présumés entre le nouveau maire LFI et le commanditaire de l’agression

Le nouveau maire LFI a réagi à cette annonce de démission. « Pour la grandeur de ce qu’elle est, c’est-à-dire une élue qui a toujours été digne », Bally Bagayoko juge « extrêmement grave » et « totalement irresponsable », le fait « qu’elle démissionne au regard des supposées accointances que j’aurais avec l’auteur des faits ».

Dans un entretien téléphonique avec l’AFP, le maire de la deuxième ville d’Île-de-France après Paris a affirmé qu’il ne « connai(ssait) pas personnellement ce Mouloud Bezzouh », n’ayant avec lui qu’un lien « purement de relations publiques ».

Un maire d’une ville de 150 000 habitants, le jour de son élection, passe plusieurs minutes avec une personne qu’il ne connaît pas. Qui pourrait être convaincu de cela? Plusieurs photos existent de cette rencontre entre le nouveau maire Bally Bagayoko et le commanditaire de l’agression, Mouloud Bezzouh.

«Une discussion qui a duré de nombreuses minutes et qui s’est terminée par une poignée de main très chaleureuse». Sur les images consultées par l’AFP, les deux hommes apparaissent en train de discuter seuls sur le parvis de l’hôtel de ville.

K. M.

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