Journée internationale des droits des femmes. Qu’avons nous appris ?
Par Fadila Tatah
Publié le 8 mars 2026

© Dessin de Fadila Tatah
Journée internationale des droits des femmes. Qu’avons-nous appris ? Que faisons-nous quand on sait que des millions de femmes n’ont encore aucun droit ?
Bien peu d’ONG se mobilisent réellement pour elles. Voire pire : certaines se mobilisent pour que le droit des femmes souhaitant porter le hijab soit respecté, pendant que d’autres femmes, ailleurs, risquent la prison ou la mort simplement parce qu’elles refusent de le porter.
Aucune guerre, aucune armée, aucune institution ne se mobilise pour sauver les femmes emmurées vivantes dans leurs maisons, sous une étoffe cachant leurs visages.
Qui sont ces hommes qui leur infligent un tel sort ? Quel est ce Dieu qui pourrait ainsi vouloir autant de mal à ces fillettes, à ces jeunes femmes, à ces femmes ?
Aujourd’hui, nous avons une lueur d’espoir pour les femmes iraniennes. Pour le peuple iranien, certes, mais surtout pour les femmes iraniennes, pour ces filles, ces jeunes femmes qui, à l’heure d’Internet, peuvent espérer qu’un jour elles pourront être libres de s’exprimer dans ce monde qui, aujourd’hui, n’est que le reflet de ce qu’elles n’ont pas : la liberté.
Cette liberté qu’hier elles regardaient au travers de leurs écrans, demain, peut-être pourront-elles enfin la vivre.
Pour les femmes afghanes, et pour toutes ces femmes que nous ne connaissons pas, pour ces femmes qui, peut-être comme les femmes afghanes, sont enfermées parce que des hommes en ont décidé ainsi, nous devons continuer à nous mobiliser et à espérer.
Ce combat que femmes et hommes portent ensemble est ce qui nous unit. C’est aussi cela, l’égalité.
Nous sommes en 2026.
Depuis 1909, le 8 mars, devenu la journée internationale consacrée à la lutte pour les droits des femmes et à la fin des inégalités entre les femmes et les hommes, est un rappel constant de ce qui fragilise nos sociétés.
Cent dix-sept années consécutives de manifestations, de marches, de mobilisations… pour quel résultat ? Des femmes emprisonnées. Des femmes dignes d’un casting de La Servante écarlate qui, loin d’être une fiction pour certaines, devient réalité en Afghanistan.
C’est avec tristesse que je me dis parfois : à quoi bon continuer ?
Prise par ce sentiment d’impuissance, la journée internationale des droits des femmes est toutefois un rappel qu’il faut continuer, qu’il faut agir, que notre devoir est de penser tous les jours à elles — à toutes ces femmes qui n’ont aucun droit. Pas seulement le 8 mars, mais tout le temps.
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