Un nouveau code pénal divise la société en castes

Afghanistan : un système de féodalisme pour les hommes, une sorte d’esclavage pour les femmes

Un nouveau code pénal en Afghanistan a instauré une forme de système féodal, avec des castes, des droits différents, un traitement différent notamment au niveau judiciaire. Pour les femmes, cela s'ajoute à une situation de discrimination extrême, de soumission et d'humiliation qu'elles subissent depuis la prise du pouvoir par les talibans, une condition proche de l'esclavage.

Par Christophe Rivière

Publié le 8 février 2026

Afghanistan : un système de féodalisme pour les hommes, une sorte d’esclavage pour les femmes

La femme est un sous-humain sous régime taliban.

Adopté le 4 janvier dernier, un nouveau code pénal en Afghanistan vient d’être porté à la connaissance du monde par l’organisation afghane de défense des droits humains Rawadari. Un code pénal anachronique dans l’histoire de l’humanité qui a connu l’esclavage, avec la marchandisation d’hommes, de femmes, d’enfants, et la féodalité, avec des statuts et des droits différents selon qu’on soit seigneur possédant les terres ou cerfs à son service pour cultiver ses terres, lui servir de servants et mourir pour lui à la guerre.

Les talibans, qui ont instauré depuis le début une théocratie d’un autre âge et n’ont cessé de réduire les libertés individuelles et collectives, vont encore plus loin avec ce nouveau code pénal qui consacre par la loi l’impunité totale pour eux-mêmes et ceux qu’ils considèrent comme appartenant aux « classes supérieures ».

Pour un crime, un simple avertissement pour les deux, la prison pour les autres

Le nouveau code pénal des islamistes au pouvoir en Afghanistan a instauré quatre catégories, quatre castes, les dignitaires religieux, autrement dit les dirigeants talibans, une classe supérieure, une classe moyenne et une basse classe. Ce classement des gens a des conséquences concrètes ; par exemple, pour un même crime, lorsqu’un dignitaire religieux recevra un simple avertissement, un membre de la classe supérieure recevra une convocation en plus d’un avertissement, un membre de la classe moyenne peut être condamné à de la prison et un membre des basses classes risquent une peine de prison plus des châtiments corporels.

Ce code pénal concerne, en réalité, surtout les hommes. Car les femmes étaient déjà, en tous les cas, classées comme inférieures aux hommes, dans une situation pire que les basses classes dont parlent les nouvelles lois. Ces dernières vont sans doute empirer la condition de la femme afghane. La femme est un sous-humain sous régime taliban. Elle n’a pratiquement aucune liberté, pas même celle de rendre visite à ses parents sans l’autorisation de son mari. Elle est invisibilisée socialement, presque sans identité individuelle, sans visage dans l’espace public. Le statut de la femme en Afghanistan est proche de celui de l’esclave.

Ch. R.

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