Blocage des lycées : Un «acte V» sous haute tension ce mardi en France, près de 200 établissements fermés selon Edouard Geffray

Ce mardi, une nouvelle journée de mobilisation est prévue à l'appel d'organisations lycéennes et étudiantes. Environ 200 lycées pourraient être fermés sur les quelque 3 700, a estimé le ministre de l’éducation nationale sur France Inter. Des manifestations sont annoncées à Paris, Marseille, Lille... La violence se propage de plus en plus. C'est dans ce contexte qu'un élève de 14 ans s'est introduit dans son collège d'Aubagne le lundi 12 octobre et a tiré sur le chef d'établissement à l'aide d'un fusil.

Par Rédaction Rupture

Publié le 13 octobre 2026

Blocage des lycées : Un «acte V» sous haute tension ce mardi en France, près de 200 établissements fermés selon Edouard Geffray

Les réponses de l’exécutif ont pour l’instant semblé laisser sur leur faim les organisations lycéennes. L’Union syndicale lycéenne a évoqué des «miettes» et maintenu sa revendication d’une suppression totale de Parcoursup et d’un plan de dix milliards d’euros pour les lycées.

Le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, a promis que 3 000 professeurs remplaçants allaient être déployés en urgence dans les lycées où la situation est la plus critique. Selon la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, ce « déploiement a commencé ».

Interrogé sur France Inter, le ministre évoque plutôt une « décrue » et une mobilisation qui s’arrêtera grâce à « la démocratie », via la plateforme lycéenne qui a recueilli 86.000 contributions et « des solutions très concrètes », notamment sur le remplacement des professeurs.

S’ils peuvent « évidemment continuer à s’exprimer dans le cadre de la liberté de manifester », le « souhait profond » du ministre « c’est que chacun puisse retourner  en cours devant ses professeurs ».

La mobilisation doit se faire « dans le calme, dans l’ordre et dans le respect à la fois des personnes et des biens », a demandé le président de la République, Emmanuel Macron, dont la parole est rare depuis le début du mouvement lycéen. À Paris, la manifestation s’élancera à 14 heures de la place d’Italie pour rallier les Invalides, non loin de Matignon et du ministère de l’Éducation

« On n’est pas dans du maintien de l’ordre, mais dans du rétablissement de l’ordre »

Si le « mouvement recule nettement », les « violences s’intensifient », Édouard Geffray indique sur France Inter que 20 personnels de l’Éducation nationale ont été blessés lundi lors de la mobilisation lycéenne. Hier, le ministère avait noté une « intensification » des violences et dénombré au moins huit personnels blessés dans un premier bilan transmis à la mi-journée.

Invité de franceinfo, Richard Caminade, ancien général de gendarmerie, estime que la réponse des forces de l’ordre face à la mobilisation des lycéens est adaptée. « Nous sommes entraînés à ce genre de confrontations. On n’est pas dans du maintien de l’ordre, mais dans du rétablissement de l’ordre », dit-il.

Dégradations dans les lycées: David Lisnard favorable à « déduire des aides » sociales aux parents des mineurs responsables

Qui doit payer pour les dégradations infligées sur les établissements scolaires pendant la mobilisation lycéenne? Pour le maire de Cannes et candidat à l’élection présidentielle David Lisnard, il faut remettre « la responsabilité individuelle » au cœur des débats.

« Soit ces gamins sont responsables de leurs actes, donc on fait comme je fais à Cannes, on leur fait faire des travaux d’intérêt général. Soit ils ne sont pas responsables et ce sont leurs parents qui doivent assumer », propose-t-il sur BFMTV-RMC. « Quand ils sont solvables, ils payent et quand ils ne le sont pas, on déduit des aides de la société. »

« Il faut revoir tout le système de l’Éducation. Notre système éducatif est à bout de souffle », appelle ce matin le maire de Cannes et candidat à l’élection présidentielle David Lisnard. L’édile veut « mettre en place un autre système pour remplacer Parcoursup » et « rétablir un bac qui soit un vrai bac », soit mettre fin au baccalauréat dit Blanquer, en « revalorisant l’épreuve finale » et en « rétablissant un tronc commun d’éducation ». « Il faut libéraliser l’Éducation », appelle-t-il.

« Lorsqu’on détruit des lycées, lorsqu’on s’attaque à des abribus, lorsqu’on attaque des transports, on demande la responsabilité civile des parents désormais », a déclaré ce matin, vendredi 2 octobre, Gérald Darmanin sur RTL. Le ministre de la Justice a poursuivi en disant « espérer » que « les magistrats du siège confirmeront » ce que demanderont les procureurs – qu’il avait réunis hier. En termes plus explicites, le gouvernement veut faire « payer les réparations » des dégâts provoqués par leurs enfants.

« Les parents doivent avoir leur responsabilité de parents, a ajouté le ministre. Que font des gamins de 15-16 ans à attaquer des abribus ou leur chef d’établissement? », s’est-il interrogé. « C’est pas le mineur qui paye, ce sont les parents, aujourd’hui c’est aussi un problème de parents », a résumé le ministre au lendemain de sa réunion avec les procureurs généraux, jugeant cette réponse « bien plus utile que l’enfermement ».

R. R.

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