Fusillade dans une école : la France s’américanise-t-elle ?

Est-ce un événement exceptionnel ou la France s'américanise-t-elle ? Cette interrogation est suscitée par ce qui est arrivé ce matin près de Marseille, à Aubagne, où un garçon de 14 ans a tiré avec un fusil de chasse sur le principal de son collège qu'il a blessé, de même qu'une professeure.

Par Christophe Rivière

Publié le 12 octobre 2026

Fusillade dans une école : la France s’américanise-t-elle ?

Devant le collège Joseph-Lakanal d'Aubagne après la fusillade de ce matin.

Fusillade dans une école… pas aux Etats-Unis mais en France, près de Marseille, à Aubagne. Ce matin, un garçon de 14 ans a tiré avec un fusil de chasse sur le principal de son collège, qu’il a touché de plusieurs balles, ainsi qu’une professeure qui a été blessée aussi.

Cela existe depuis longtemps aux Etats-Unis, que des fusillades éclatent dans des écoles ou à proximité et dont les auteurs sont le plus souvent d’anciens élèves de l’établissement ciblé. En France, c’est inquiétante nouveauté.

Il y a déjà eu des agressions dans des lycées et des collèges, parfois mortelles, mais toujours à l’arme blanche, comme lorsqu’un lycéen, à Nantes, a attaqué au couteau, en classe, quatre de ses camarades tuant une élève.

Aujourd’hui, c’est avec un fusil de chasse qu’un adolescent s’est présenté à son collège pour tirer son principal à la chevrotine. Il l’a touché avec quatre ou cinq balles. Il a touché aussi une professeure qui n’était pas ciblée. Donc, apparemment, c’est le principal qui était visé.

L’Etat a laissé se développer la violence chez les adolescents sans agir

Qu’est-ce qui peut bien pousser un collégien de 14 ans à aller à l’école avec une arme à feu et tiré sur le principal ? Et ce n’est même pas la question. La véritable interrogation est : comment en est-on arrivé là ? La réponse est difficile à trouver et elle est multiple. Une des réponse est qu’on a laissé se développer, ces dernières années, la violence chez les adolescents sans agir. Et « on », c’est l’Etat, car c’est l’Etat qui est garant de la sécurité.

Sur un autre plan, cette fusillade dans une école survient la veille du triste anniversaire de l’assassinat dans un groupe scolaire d’un professeur, Dominique Bernard, tué il y a treize ans par un terroriste islamiste, et à quatre jours de celui de Samuel Paty massacré par un autre islamiste.

Ch. R.

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