Blocage des lycées : 96 % d’établissements ouverts mais les violences qui « s’intensifient » et un élève à Aubagne a tiré sur le principal et une professeure de son collège

Son intention était de commettre des meurtres parmi les enseignants. À Aubagne, le parcours terrifiant du collégien qui a ouvert le feu sur son enseignant principal et son enseignante. Le blocage des lycéens a repris ce lundi, avant la journée de mobilisation mardi. Si le nombre d'établissements touchés réduit, les violences s'intensifient, déplore le gouvernement. «Au moins huit personnels» blessés ce lundi selon le ministère de l’Education, 96 % d’établissements ouverts.

Par Karim Maloum

Publié le 12 octobre 2026

Blocage des lycées : 96 % d’établissements ouverts mais les violences qui « s’intensifient » et un élève à Aubagne a tiré sur le principal et une professeure de son collège

Le ministre a dénoncé « un phénomène sociétal global, où nous avons une violence débridée de la part de certains jeunes.

«Au moins huit personnels» de l’Éducation nationale ont été blessés ce lundi 12 octobre dans la matinée, en marge des mobilisations du mouvement lycéen, a fait savoir le ministère, précisant que ce chiffre ne prenait pas en compte le principal de collège et l’enseignante blessés par un tir de fusil de chasse à Aubagne (Bouches-du-Rhône).

Le principal du collège Joseph-Lakanal à Aubagne (Bouches-du-Rhône) et une professeure ont été blessés par un collégien de 14 ans à l’aide d’une arme à feu, selon Matignon lundi 12 octobre. Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, ainsi que la ministre déléguée chargée de l’enseignement, Sabrina Roubache, sont arrivés sur place en milieu d’après-midi.

Selon le préfet du département Jacques Witkowski, «le suspect, pour une raison qu’on ne connaît pas, a tiré sur le proviseur qui a pris une gerbe de plombs de chasse dans les cuisses, le bas du dos». «Il a tiré une deuxième fois sur une professeure qui prend un plomb dans la cuisse (…)», a-t-il dit à l’AFP.

Les élèves du collège sont encore profondément marqués par cette violence sans nom. «Mardi, uniquement les professeurs seront présents dans le collège pour qu’ils se retrouvent. Nous sommes dans un processus de soins et cela va prendre plusieurs jours» a précisé Édouard Geffray.

Les élèves seront de retour dans l’établissement scolaire dès mercredi, «sûrement pour parler» de la situation avec leurs professeurs.

«Un phénomène sociétal global», estime Édouard Geffray

Edouard Geffray a dénoncé « un acte criminel (qui) a une résonance très particulière pour nous, puisqu’il s’inscrit dans la semaine de commémoration des assassinats de (Dominique) Bernard et (Samuel) Paty ».

Le ministre a dénoncé « un phénomène sociétal global, où nous avons une violence débridée de la part de certains jeunes, singulièrement à l’encontre de l’institution scolaire », estimant que « l’école ne peut pas traiter de la grande violence ». Mardi, le collège accueillera seulement les professeurs, et, mercredi, les élèves pourront revenir mais « sans doute pas pour faire cours (…) parce qu’ils ont besoin de parler », a précisé le ministre, avant de quitter l’établissement.

Qu’est-ce qui peut bien pousser un collégien de 14 ans à aller à l’école avec une arme à feu et tiré sur le principal ? Et ce n’est même pas la question. La véritable interrogation est : comment en est-on arrivé là ? La réponse est difficile à trouver et elle est multiple. Une des réponse est qu’on a laissé se développer, ces dernières années, la violence chez les adolescents sans agir. Et « on », c’est l’Etat, car c’est l’Etat qui est garant de la sécurité.

La police est confrontée à des actes violents de grande ampleur

Un policier âgé de 51 ans a été blessé à la tête par un tir de mortier, lundi matin, alors qu’il assurait la sécurité lors d’une manifestation de lycéens devant le lycée Saint-Exupéry, dans les quartiers nord de Marseille.

L’agent a été pris en charge par les secours et transporté à l’hôpital par les marins-pompiers de Marseille. La préfète indique que l’individu, auteur du tir, n’a pas encore été identifié.

« Jacques Witkowski, le préfet de la région Provence-Alpes Côte d’Azur, et Corinne Simon, la préfète de police déléguée des Bouches-du-Rhône, condamnent avec la plus grande fermeté toute forme d’agression sur des personnes dépositaires de l’autorité publique et apportent tout leur soutien à ce policier blessé ainsi qu’à l’ensemble des forces de l’ordre mobilisées depuis le début du mouvement », ajoute le message posté sur X.

La police nationale déplore sur X de « nombreuses violences » commises en marge des blocages et manifestations lycéennes « par des individus violents » ces derniers jours, dont « des tirs de mortiers d’artifice en direction des forces de l’ordre ».

« Face à ces comportements qui mettent en danger les manifestants pacifiques et les forces de l’ordre, notre rôle est d’intervenir pour rétablir l’ordre républicain », insiste la police, tandis que la politique de maintien de l’ordre a été vivement critiquée (nouvelle fenêtre) par des associations et responsables de gauche.

K. M.

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