Attentats de janvier 2015 : des procès historiques, des procès pour l’histoire

Par Franck Serfati

Publié le 7 janvier 2026

Attentats de janvier 2015 : des procès historiques, des procès pour l’histoire

Le dessinateur Riss, témoignant à la barre au sixième jour du procès des attentats de janvier 2015, à Paris, en septembre 2020.

Les 7, 8 et 9 janvier 2015, trois attentats criminels et islamistes ont cruellement frappé la France, l’attaque dans les locaux du journal Charlie Hebdo, l’assassinat de la policière municipale à Montrouge, Clarissa Jean–Philippe et la prise d’otages sanglante dans un hypercacher à la Porte de Vincennes.

Les frères Kouachi sont à l’origine d’un véritable carnage le 7, immédiatement suivi par leur compère, Amedy Coulibaly, venus « venger le Prophète, leurs frères palestiniens, les délaissés de la République française » ; surtout exprimer par la violence extrême leur déséquilibre et leur haine !

Un procès historique fut remarquablement organisé durant huit mois, pour faire comparaître 14 accusés responsables de complicité, punis de peines entre 5 à 30 ans de réclusion criminelle, suivant arrêt du 16 décembre 2020 de la cour d’assises spécialement composée.

Peter Cherif, un des mis en cause, n’a pu être jugé car détenu au même moment en Belgique ; son procès a commencé devant la Cour d’Assises de Paris spécialement composée, entre le 16 septembre et 4 octobre 2024 ; il fut condamné à la réclusion criminelle à perpétuité avec une peine de sureté de 22 ans.

La justice est passée mais les traumatismes demeurent

« Un cauchemar ? Une terrible blague ? Un film d’horreur, de terreur ? Une fin de vie programmée ? Une réalité désastreuse ? Des monstres en action ».

Difficile de croire à un tel cahot à la vue de scènes de guerre dans les locaux de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, dans les rues de Paris le 8 où jonchaient le corps de Clarissa Jean–Philippe promue policière la veille, à l’hypercacher Porte de Vincennes après la tuerie de quatre innocents le 9 janvier.

Ces procès des attentats de janvier 2015 ont été remarquablement mis en place, avec une organisation bien huilée et un format exceptionnel. Plusieurs centaines d’individus interrogés, près de 200 parties civiles, plus de 100 avocats, 90 000 pages dans le dossier pénal, des dizaines de témoins appelés à la barre. Un procès historique dont l’issue, même satisfaisante pour d’aucuns, ne mettra pas fin au terrorisme, hélas !

Nonobstant des critiques véhémentes, systématiques, acides, voire exacerbées, ces procès, sous haute protection policière, ont pu se tenir convenablement l’État français ayant mis des moyens extraordinairement considérables, aux plans financier, logistique, humain et sécuritaire !

Les accusés ont-ils été conscients d’avoir été jugés dans des conditions parfaitement démocratiques, avec une défense de qualité aux frais du contribuable, un respect du contradictoire unique, une réelle liberté de parole, des droits respectés tout au long de la procédure, sans commune mesure avec le sort réservé aux mis en cause dans des pays parfois cités à la barre comme la Syrie, la Turquie, l’Iran, l’Algérie ?

Par Maître Franck Serfati, avocat de parties civiles

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