Echec pour Agnès Pannier-Runacher
L’Assemblée nationale supprime les Zones à faibles émissions
L'Assemblée nationale a adopté cette nuit la suppression des Zones à faibles émissions du projet de loi "Simplification". Depuis le début de l'année, l'écrivain Alexandre Jardin a lutté contre cette mesure qu'il considérait comme méprisante et violente, et qui excluait des villes des milliers de personnes.
Publié le 29 mai 2025

Le projet de loi visant à limiter la circulation des véhicules les plus polluants a été présenté en 2019 et renforcé en 2021.
Les députés ont approuvé, dans la nuit de mercredi à jeudi, dans le cadre de l’examen du projet de loi de « simplification », la suppression des Zones à faibles émissions (ZFE), qui restreignent la circulation de certains véhicules. Introduite en commission par les LR et le RN, cette suppression a été adoptée à 98 voix contre 51 avec les voix du RN, de la droite, de LFI et de quelques macronistes.
À découvrir
Le vote devra être confirmé par celui sur le projet de loi dans son intégralité, encore visé par plus de 600 amendements. C’est un double revers pour le gouvernement et la ministre de la Transition écologique Agnès Panier Runacher.

Beaucoup d’applaudissements ont salué dans l’hémicycle l’approbation de cette suppression. « Lutter contre la pollution de l’air, il faut le faire, lutter contre les pauvres non », a renchéri le vice-président du groupe RN et porte-parole du parti Laurent Jacobelli, sur franceinfo ce jeudi. « Je ne vois pas pourquoi on interdirait les centres urbains aux classes moyennes, ou aux classes les plus fragiles », a dénoncé le député RN de Moselle.
🔴 Suppression des ZFE ➡️ "Lutter contre la pollution de l'air, il faut le faire. Lutter contre les pauvres non. C'est un apartheid social, il a explosé hier", dit Laurent Jacobelli, porte-parole du RN et vice-président du groupe à l'Assemblée nationale. pic.twitter.com/y57uGumFMS
— franceinfo (@franceinfo) May 29, 2025
« Une vraie victoire pour dire stop à ces zones de forte exclusion » qui viennent écarter des villes des milliers de personnes ! », a déclaré, Alexandre Jardin, écrivain et leader du mouvement Les Gueux. Il a remercié les maires qui se sont engagés pour la suppression des ZFE dont David Lisnard, le maire LR de Cannes et président de l’Association des maires de France, qui s’est montré particulièrement opposé aux Zones à faibles émissions, dénonçant leur caractère discriminatoire et leur impact sur les populations modestes.
Cris de satisfaction pour Alexandre Jardin : « La France victorieuse ! C’est gagné ! Vous avez tous fait gagner notre pays… larmes de fierté… on reste un grand pays. Avec des valeurs. Merci à tous. »
Alexandre Jardin qui s’est fortement impliqué pour la suppression des ZFE en créant un terme viral à ce soir, avec le livre #LesGueux a remercié ceux qui ont combattu pour la suppression des ZFE.
Cris de satisfaction pour Alexandre Jardin « La France victorieuse ! C’est gagné ! Vous avez tous fait gagner notre pays… larmes de fierté… on reste un grand pays. Avec des valeurs. Merci à tous. »
Décision saluée par l’association 40 millions d’automobilistes
Cette décision, saluée par l’association 40 millions d’automobilistes, réjouit aussi La France insoumise. « Nous avons empêché le gouvernement de rétablir les ZFE qui pénalisent les classes populaires. Et, contrairement au RN, nous défendons la mise en œuvre d’alternatives écologiques et sociales « , a déclaré Mathilde Panot, députée du Val-de-Marne et présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale.
✊ ZFE : VICTOIRE HISTORIQUE ! ✊
— 40 millions d'automobilistes (@40MA) May 28, 2025
Les députés ont majoritairement voté l’abrogation des ZFE : nous tournons la page d’une mesure profondément discriminatoire et anti-sociale. Ce succès est le nôtre : bravo à tous pour votre mobilisation à nos côtés ! 👏 pic.twitter.com/V8nmR0Bo1M
Une mobilisation qui s’étend sur tout le territoire, comme le souligne le maire de Saint-Priest Gilles Gascon : « Une belle victoire! » «Je remercie les 1500 élus de la Métropole de Lyon qui ont signé le vœu que j’ai défendu dans la plus grande partie des Villes de la Métropole de Lyon. »
Déception des écologistes
Du côté des écologistes, les réactions sont à l’opposé. L’adjoint à la maire de Paris chargé des mobilités, David Belliard, fustige une décision « stupide et injuste », stupide « car au contraire, il fallait les rendre plus justes socialement », injuste « car ce sont les plus pauvres qui meurent de la pollution de l’air ».
Le 26 mars, le vote en commission a eu lieu et la commission spéciale de l’Assemblée nationale a voté la suppression des ZFE par 26 voix pour, 11 contre et 9 abstentions, via des amendements portés par les groupes Les Républicains (LR) et Rassemblement National (RN), contre l’avis du gouvernement. Cette décision a été soutenue par certains députés de la coalition présidentielle (Horizons, LIOT) et des abstentions de gauche.
Dans les zones périurbaines ou mal desservies par les transports en commun, la voiture reste essentielle pour se rendre au travail ou accéder à des services.
Le projet de loi visant à limiter la circulation des véhicules les plus polluants, présenté en 2019 et renforcé en 2021, vise à établir des Zones à faibles émissions dans les grandes agglomérations pour réduire la pollution de l’air.
Les ZFE restreignent l’entrée des véhicules (souvent Crit’Air 3, 4 ou 5), ce qui pousse les propriétaires à opter pour des véhicules plus récents ou électriques. Les ménages à faible revenu sont souvent confrontés à une charge financière lourde pour acheter un véhicule conforme, ce qui les rend souvent inabordables.
Dans les zones périurbaines ou mal desservies par les transports en commun, la voiture reste essentielle pour se rendre au travail ou accéder à des services. Les restrictions des ZFE limitent la mobilité de ces populations, accentuant les inégalités d’accès. Les ZFE sont perçues comme une mesure imposée par les élites urbaines, ignorant les réalités des territoires ruraux ou périurbains où la voiture est indispensable.
Un sentiment d’injustice et de discrimination est né et des associations se sont créées
Un sentiment d’injustice et de discrimination est né, et des associations se sont créées, comme la Fédération Française des Motards en Colère, et des mouvements citoyens dénoncent les ZFE comme discriminatoires, notamment pour les motards et automobilistes modestes. Une pétition a aussi été initiée contre les ZFE. Elle a recueilli plus de 28 000 signatures.
Un impact sur différentes professions voit le jour. Les artisans, livreurs ou commerçants qui utilisent des véhicules utilitaires diesel sont fortement touchés, car les solutions de rechange (véhicules utilitaires électriques) sont onéreuses et parfois inadaptées à leurs besoins.
Mais bien d’autres maires se sont mobilisés, Laurent Jaoul, maire LR de Saint-Brès, décrit comme un pionnier dans la lutte contre les ZFE, Robert Ménard, maire de Béziers, Serge Grouard, maire LR d’Orléans, François Lafforgue, maire de Castel-au-Lez.
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