Exécution d’un athlète iranien : silence assourdissant

Silence assourdissant après l’exécution d’un jeune athlète iranien. Quand le monde du sport et le monde tout court choisit le mutisme.

Par Marie Dolores Prost

Publié le 22 mars 2026

Exécution d’un athlète iranien : silence assourdissant

Saleh Mohammadi incarnait l’espoir d’une jeunesse iranienne étouffée par la répression.

À seulement 19 ans, Saleh Mohammadi, lutteur de l’équipe nationale iranienne et médaillé international, a été pendu publiquement à Qom le 19 mars dernier. Condamné pour « moharebeh » (hostilité envers Dieu) et pour le meurtre présumé de deux agents des forces de l’ordre lors des manifestations de janvier 2026, ce jeune sportif prometteur a été exécuté à l’issue d’un procès expéditif dénoncé par Iran Human Rights et Amnesty International comme entaché de torture et d’absence de preuves indépendantes.

Promis à une carrière internationale, Saleh Mohammadi incarnait l’espoir d’une jeunesse iranienne étouffée par la répression. Pourtant, son supplice n’a suscité aucune réaction publique de la part des grandes voix du sport mondial, des acteurs, des chanteurs ou des célébrités habituellement promptes à dénoncer les injustices.

Pas un communiqué, pas un message sur les réseaux sociaux, pas un geste de solidarité. Un silence collectif, assourdissant, qui interroge sur la cohérence des engagements en faveur des droits humains.

Ce mutisme n’est pas seulement regrettable, il est révélateur. Il montre comment, face à la barbarie d’un régime théocratique, une partie du monde préfère détourner le regard plutôt que de risquer une prise de position inconfortable.

Comme le soulignait Albert Einstein : « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire. »

Face à l’exécution d’un jeune homme dont le seul tort était de rêver d’un Iran libre, ce silence devient une forme de complicité passive. Le cas de Saleh Mohammadi ne doit pas être effacé. Il interpelle la conscience collective et rappelle que l’indifférence est, elle aussi, une responsabilité.

M. D. P.

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