Visage du mouvement de contestation en Iran

La libération d’Erfan Soltani relève de l’hypocrisie des autorités iraniennes

Visage du mouvement de contestation en Iran, Erfan Soltani a été libéré par les autorités. Sa libération relève de la propagande et de l'hypocrisie des mollahs, qui n'efface pas les massacres. Des milliers d'autres sont emprisonnés, et d'autres ont été tués par milliers. Cette libération se produit dans un contexte tendu, avec des menaces d'intervention militaire américaine et des pourparlers diplomatiques en cours pour relancer les négociations sur le dossier nucléaire.

Par Karim Maloum

Publié le 2 février 2026

La libération d’Erfan Soltani relève de l’hypocrisie des autorités iraniennes

Son seul crime a été d’appeler à la liberté. Erfan Soltani, 26 ans, est devenu l’un des symboles de la répression en Iran.

Le manifestant Erfan Soltani, symbole du vaste mouvement de contestation en Iran, a été libéré sous caution, a déclaré son avocat. L’homme avait été arrêté dans le cadre du mouvement de contestation de janvier en Iran.

Son seul crime a été d’appeler à la liberté. Erfan Soltani, 26 ans, est devenu l’un des symboles de la répression en Iran. Arrêté à son domicile de Fardis, à l’ouest de Téhéran, le 8 janvier, après avoir participé à des manifestations antigouvernementales, il n’a finalement pas été condamné à mort.

La République islamique a réagi en réprimant le mouvement dans le sang et en multipliant les arrestations. Erfan Soltani était détenu dans un centre de détention à Karaj, près de Téhéran, pour des accusations de propagande contre le système islamique et d’atteinte à la sécurité nationale, selon la justice.

Des pays, des organisations de soutien aux peuples iraniens, ont été préoccupés mi-janvier par le risque d’exécution imminente d’Erfan Soltani. Mais l’Iran, qui applique largement la peine capitale, avait démenti le fait qu’il encoure la peine de mort pour les faits qui lui étaient reprochés.
C’est normal de se réjouir de la libération d’une personne arrêtée arbitrairement par les gardiens de la révolution, mais cela ressemble plus à une campagne médiatique et hypocrite des mollahs.

Plus de 36.000 morts, selon plusieurs sources en seulement deux jours

Depuis plus d’un mois, on assiste à des massacres en Iran, devant les yeux du monde entier. Face à une barbarie, celle d’un régime qui tue méthodiquement sa population.
De nouveaux rapports font état, ces derniers jours, non pas de milliers, mais de dizaines de milliers de morts de la répression sanglante en Iran, où un puissant mouvement de contestation a embrasé tout le pays ces dernières semaines.

Le recensement des décès est particulièrement compliqué en raison de la coupure d’internet imposée par le régime. Selon certaines estimations, jusqu’à 36 500 personnes ont été tuées en seulement deux jours, au plus fort de la contestation.

Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l’Union européenne sont tombés d’accord, le 29 janvier, pour désigner comme « organisation terroriste » les Gardiens de la révolution iraniens, accusés d’avoir orchestré la répression sanglante de la contestation populaire en janvier.

« La répression ne peut rester sans réponse. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE viennent de franchir une étape décisive en désignant les Gardiens de la révolution iraniens comme une organisation terroriste. Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens œuvre à sa propre perte », a écrit la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, sur les réseaux sociaux.

K. M.

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