Avec la hausse du prix du gaz, l’Europe est face à la menace d’un choc énergétique et les restrictions ne tarderaient pas à commencer
Risque d'un conflit qui dure. Le blocage du détroit d'Ormuz pourrait entraîner des coûts élevés pour l'industrie européenne.
Par Karim Maloum
Publié le 8 mars 2026

Les marchés pétroliers réagissent au quart de tour. Le spectre d'un choc pétrolier frappant l'économie mondiale ressurgit.
Le scénario s’est écrit pendant le week-end des 27 et 28 février. Dès l’amorce des frappes américano-israéliennes sur l’Iran, les grands armateurs mondiaux ont suspendu leurs opérations dans le détroit d’Ormuz, passage essentiel du commerce international, d’hydrocarbures en premier lieu. En temps normal, environ 20 millions de barils par jour y transitent. Cela représente près d’un cinquième de la consommation mondiale. Un simple doute sur la sécurité du corridor suffit. L’économie, telle une mécanique de précision, commence alors à grincer.
Les marchés pétroliers réagissent au quart de tour. Le spectre d’un choc pétrolier frappant l’économie mondiale ressurgit avec la fermeture du détroit d’Ormuz, en guise de représailles de l’Iran aux attaques israéliennes et américaines. Le Financial Times souligne que l’Europe est relativement protégée pour l’instant car elle ne s’approvisionne qu’à environ 10% en GNL auprès du Qatar.
Les facteurs les plus pertinents pour le marché pétrolier sont la quantité de pétrole produite dans la région et la situation dans le détroit d’Ormuz, par lequel transitent chaque jour environ 21 millions de barils de pétrole brut et de produits pétroliers.
L’Agence internationale de l’énergie permet de prendre la mesure de la menace en indiquant qu’«environ 20% des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié transitent par le détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique». D’autant que les gazoduc contournant le détroit ne peuvent acheminer collectivement plus de 40% des barils de pétrole destinés à l’export.
Or, même si le conflit prenait fin immédiatement, le retour à un cycle normal de livraisons prendrait « des semaines, voire des mois », prévient le ministre de l’énergie de l’émirat gazier dans une interview au Financial Times, vendredi. Saad Al-Kaabi met aussi l’Europe en garde : sans être la principale cliente de la région, elle doit se préparer à subir un sérieux contrecoup, car les acheteurs asiatiques vont être prêts à surenchérir pour tout le gaz disponible.
En Birmanie, la junte au pouvoir annonce des restrictions sur le carburant. À partir de samedi, les voitures et motos à moteur thermique ne seront autorisées à circuler qu’un jour sur deux en fonction de leur numéro d’immatriculation.
« Les conflits armés au Moyen-Orient ont provoqué des obstructions et des blocages le long des voies maritimes utilisées pour l’importation de carburant par les pétroliers », a souligné le conseil dans un communiqué.
La question du gaz russe
L’UE est confrontée à des tensions à un moment délicat, car elle prévoit d’interrompre entièrement les importations d’hydrocarbures russes à l’automne 2027 pour priver la Russie des ressources financières nécessaires à sa guerre en Ukraine. En raison de la situation géopolitique actuelle, il est évident que ce débat fera surface.
« La question clé, c’est la durée du blocus » du détroit d’Ormuz, indique à l’AFP Laurent David, délégué général de l’association internationale des importateurs de GNL (GIIGNL), qui couvre 95% du marché d’importations de ce gaz. Les exportations de GNL du Qatar et des Émirats arabes unis, qui transitent presque toutes par le détroit d’Ormuz, représentent 20% du commerce mondial de GNL.
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