Le baril de pétrole à trois chiffres : avec sa promesse de poursuivre la guerre en Iran, Trump fait exploser le prix des énergies
Trump se comporte comme un débutant en politique. En annonçant la continuation de la guerre, le président américain a déclaré sur Truth Social que la guerre contre l'Iran durera jusqu'à la "capitulation totale", il a destabilisé les marchés. Il a été élu deux fois en promettant de ne pas causer de conflits. Le baril de Brent, référence internationale, a dépassé les 94 dollars (environ 80 euros), soit une hausse d'environ 10 % en une journée et son niveau le plus élevé depuis 2023.
Par Karim Maloum
Publié le 7 mars 2026

Les factures d’énergie continueront d’augmenter.
Un effet domino. Comme souvent lors d’une guerre de ce type, le cours du baril de pétrole s’envole. Il est vraiment difficile de prédire les véritables effets des frappes américaines et israéliennes sur l’Iran, sur le prix du pétrole et, par conséquent, sur l’économie mondiale. Les marchés pétroliers sont dans un état de panique. Les cours de l’or noir s’envolent, ce vendredi 6 mars, après la promesse de Donald Trump de poursuivre la guerre jusqu’à la «capitulation totale» de l’Iran.
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«Il n’y aura pas d’accord avec l’Iran, seulement une CAPITULATION SANS CONDITION», a fanfaronné le président américain sur son réseau Truth Social, sans se soucier que cette déclaration sèmerait un vent de panique chez les investisseurs concernant l’offre pétrolière du Moyen-Orient, ravivant les craintes d’un nouveau choc inflationniste.
Le baril de Brent, référence internationale, a dépassé les 94 dollars (environ 80 euros), soit une hausse d’environ 10 % en une journée et son niveau le plus élevé depuis 2023. De son côté, le baril de West Texas Intermediate (WTI) s’est échangé au-dessus de 92 dollars (environ 79 euros), progressant de plus de 13 %.
Pour les analystes, la situation pourrait encore se détériorer. Les répercussions d’une guerre sont incalculables. Elles sont toutes horribles. Les investisseurs sont inquiets car chaque journée passée dans un Moyen-Orient en guerre représente un risque pour l’approvisionnement en pétrole sur les marchés mondiaux. Depuis le début du conflit déclenché le samedi 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui riposte, plusieurs infrastructures énergétiques ont été la cible d’attaques.
La fermeture de facto du détroit d’Ormuz pose un risque majeur de choc pétrolier
La guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février constitue l’engagement militaire le plus important décidé par Trump au cours de ses cinq années cumulées passées au pouvoir. Au huitième jour de guerre au Moyen-Orient, des explosions ont été entendues ce vendredi matin à Téhéran, tandis que l’Iran a lancé une nouvelle salve de missiles contre Israël.
Les Européens pourraient-ils supporter une nouvelle crise économique? Les États seront dans l’urgence de défendre le pouvoir d’achat et les entreprises. L’addition serait coûteuse, voire extrêmement coûteuse, pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines voire centaines de milliards d’euros.
Deux facteurs étroitement liés pèsent sur le marché pétrolier : la quantité de pétrole produite dans la région et la situation du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique entre le golfe Persique et l’océan Indien. La fermeture de facto du détroit d’Ormuz pose un risque majeur de choc pétrolier, avec un baril qui peut rapidement s’envoler vers des niveaux à trois chiffres, même si la configuration mondiale est moins vulnérable qu’en 1973.
Les Gardiens de la Révolution ont bien saisi la situation. Leur allié est la hausse des prix du gaz et du pétrole. Ils ont affirmé, dans un communiqué publié hier, mercredi, 4 mars, avoir pris le « contrôle total » du détroit d’Ormuz, point de passage clé pour le commerce mondial de pétrole à l’entrée du golfe Persique. Pas moins de 20 % de la consommation mondiale de pétrole transite par ce couloir maritime, dont le blocage fait craindre une flambée du prix du baril.
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