Enquête exclusive

Des vérités à propos de l’état de santé de Tebboune

Depuis plusieurs années, et davantage depuis l’été dernier, plusieurs interrogations se sont imposées à propos de l’état de santé d’Abdelmadjid Tebboune. Un sujet marqué par le secret et l’opacité. Depuis l’épisode lié à la maladie de l’ancien président algérien, Abdelaziz Bouteflika, chaque éternuement de l’actuel autocrate fait l’objet de spéculations. Beaucoup de rumeurs et d’approximations à ce sujet, surtout que Tebboune a littéralement échappé à la mort lors de son hospitalisation en Allemagne durant plusieurs mois lorsqu’il a été terrassé par un Covid long qui a failli lui être fatal. Depuis, d’aucuns savent que la santé du dictateur algérien est très fragile. Il y a quelques mois, des informations émanant de sources crédibles nous ont poussés à enquêter.

Par Mohamed Sifaoui

Publié le 20 novembre 2025

Des vérités à propos de l’état de santé de Tebboune

En juillet 2025, Tebboune se rend en Allemagne pour un contrôle médical. L’information relève alors du secret d’État.

La santé d’Abdelmadjid Tebboune est devenue un enjeu de pouvoir, un tabou d’État et un mystère soigneusement dissimulé dans les entrailles d’un régime déjà connu pour son opacité.

En juillet 2025, Tebboune se rend en Allemagne pour un contrôle médical. L’information relève alors du secret d’État. Les sbires du régime étaient d’ailleurs furieux lorsque nous avions révélé l’information relative à ce déplacement. Nous pensions alors qu’il s’agissait d’un simple contrôle médical et d’un bilan de santé de routine. 

Mais les investigations que nous avons menées nous ont révélé que la situation était beaucoup plus complexe, c’est ce qui explique l’éclipse de l’autocrate algérien pendant plus de cinq semaines. 

Avant son séjour à l’étranger, Tebboune passait quelques jours de vacances en famille dans la résidence d’État de Bou Sfer, dans l’ouest du pays, là où Chadli Bendjedid avait jadis ses habitudes. Son médecin personnel lui avait conseillé de prendre quelques jours de repos, car une grosse fatigue, inexpliquée d’ailleurs, s’était abattue sur lui. Son état était d’autant plus anormal que le président algérien n’est pas connu pour être un forçat de travail. À vrai dire, il est beaucoup plus proche du roi fainéant.

C’est lors de ce moment de répit familial, au début du mois d’août, qu’il a subi, selon nos sources, un malaise sérieux, neurologique, en lien avec un Covid long contracté en 2020. Discrètement transféré en Allemagne, il y reçut un diagnostic inquiétant : un début de déclin cognitif, c’est-à-dire une sénilité naissante.

Une maladie neurodégénérative débutante

Les symptômes que nous avons pu confirmer auprès de sources médicales sont ceux d’une maladie neurodégénérative débutante : troubles de la mémoire récente, fluctuations de l’humeur, irritabilité prononcée, difficultés de concentration avec des épisodes de confusion transitoire. Rien qui permette de diagnostiquer formellement une démence à un stade avancé, mais des signaux suffisants pour questionner la capacité de l’homme à gouverner un pays de 40 millions d’habitants.

On sait, par analogie, que ce genre de fragilité physique et cognitive a empêché un président américain de se porter candidat.​ Mais l’Algérie n’est pas les États-Unis. Il n’existe pas de contre-pouvoirs, pas d’opposition, étant donné que tous les opposants sont en prison ou en exil, et qu’il n’existe plus de presse libre ni une société civile organisée, non clientélisée et non phagocytée par le régime.

L’irascibilité croissante de Tebboune, longtemps attribuée à un caractère colérique, s’explique également par ces troubles. Les spécialistes nous ont rappelé que les maladies dégénératives ne font qu’amplifier parfois, car ce n’est pas systématique, les traits de personnalité. Parfois, c’est l’inverse qui se produit. Toujours est-il que les témoignages convergents d’anciens proches brossent un portrait sans concessions : fourbe, rancunier, haineux et envieux, mais aussi cupide et vénal. 

Destitution du président en cas d’incapacité physique ou mentale

Plus troublant encore, ce déclin s’accompagne d’une fainéantise avérée, d’incapacités d’attention prolongée. L’attitude est connue du microcosme algérois : Tebboune ne passe que deux à trois heures par jour dans son bureau. Ses confusions et faux pas répétitifs alimentent les quolibets populaires, la jeunesse le surnomme désormais « Kedboune », comprendre le menteur. Pièces d’un puzzle médical, ces comportements sont autant de preuves que le dictateur navigue à partir d’un esprit trouble.

Ce secret d’État, sacré et jalousement protégé, cache une peur panique : l’application éventuelle de l’article 102 de la Constitution, qui prévoit la destitution du président en cas d’incapacité physique ou mentale. Un spectre qui hante le régime, aujourd’hui à bout de souffle. 

Rappelons tout de même que c’est l’article 102 qui a amené finalement Bouteflika à donner sa démission et à partir plus ou moins dignement. Tebboune redoute aujourd’hui que le même sort ne l’attende. Voilà pourquoi il musèle tout ce qui bouge et tout ce qui ne bouge pas.

Le régime engage une lutte contre la montre

Récemment, des diplomates français et algériens tentaient encore de concilier une rencontre entre Macron et Tebboune en marge du G20. Mais la partie française fut surprise d’apprendre, ce mercredi, l’annulation du déplacement. Aucune explication n’a été donnée, mais des sources françaises évoquent des « raisons médicales ». Or, selon nos vérifications, des médecins ont averti des risques graves d’un voyage long et stressant pour un patient dans un état de démence débutante : désorientation, aggravation de l’anxiété, troubles mnésiques temporaires. 

L’autocrate algérien, en annulant à la dernière minute son voyage en Afrique du Sud, a voulu tout simplement s’éviter un voyage à haut risque.​

À ce stade, le régime engage une lutte contre la montre. Tebboune, fragile mais accroché à son fauteuil de roi fainéant, compte modifier la Constitution, lever les limitations de mandats, instituer indirectement une présidence à vie et créer la fonction de vice-président qu’il entend confier à un homme loyal, Saïd Sayoud, l’actuel ministre de l’Intérieur.

Un facteur de risque pour toute une nation

L’Allemagne, reconnue pour son excellence en gériatrie, devient le sanctuaire médical où il espère ralentir la progression de la maladie et conserver sa lucidité aussi longtemps que possible.​

Au-delà du secret et des peurs, c’est un régime dans la tourmente, dont la survie est conditionnée à la capacité d’un homme à régner au-delà de ses forces. 

Au sujet du pouvoir algérien, sa santé interne devient, elle, un facteur de risque pour toute une nation. Dans ce pays, les vérités les plus dérangeantes ne surgissent pas d’un communiqué, d’une conférence de presse ou d’un dossier officiel, mais d’un malaise, d’un voyage impromptu, d’un silence de trop. C’est la raison pour laquelle il faut constamment suivre l’évolution de ce pays et apprendre à décrypter chaque événement. Car l’opacité, avant la dégénérescence, est la caractéristique première de ce régime.

M. S.

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