Anatomie d’une haine : pourquoi la Gauche déteste Christine Kelly ?
La gauche actuelle – j’entends par « gauche » l’ensemble des responsables politiques, des militants et des sympathisants se réclamant de gauche – estime que toute personne d’origine immigrée, toute personne de confession musulmane et toute personne mélanoderme lui appartient, de droit et par nature. Dans l’imaginaire sociopolitique de cette gauche wokiste – un imaginaire construit sur le racialisme le plus glauque –, Christine Kelly, en tant que femme noire née dans le département de Guadeloupe, devrait forcément être de gauche, afficher des opinions de gauche et s’engager à gauche.
Par Marc Hellebroeck
Publié le 30 octobre 2026

Christine Kelly représente une incongruité, une anomalie qui vient infirmer toutes les postures paléopaternalistes et tous les préjugés néoracistes de la gauche wokiste.
La gauche déteste Christine Kelly.
La gauche institutionnelle (celle qui contrôle les grands corps de l’État), la gauche médiatique (celle qui domine les médias du service public et les journaux prétendus « de référence »), la gauche politique (de LFI aux écologistes en passant par ce qui reste du PS), toute la gauche déteste Christine Kelly ! La seule nuance, dans ce front uni de la détestation, c’est que l’extrême gauche déteste extrêmementChristine Kelly…
Cette hostilité ne trouve pas seulement son origine dans le fait que Christine Kelly travaille pour Europe 1 et Cnews, deux médias à la ligne éditoriale conservatrice. En effet, de nombreux autres journalistes officient dans ce qu’il convient d’appeler les « médias Bolloré », sans pour autant susciter une vague de haine d’une telle intensité.
Alors, pourquoi cette détestation ?
Vous nous appartenez !
La gauche actuelle – j’entends par « gauche » l’ensemble des responsables politiques, des militants et des sympathisants se réclamant de gauche – estime que toute personne d’origine immigrée, toute personne de confession musulmane et toute personne mélanoderme lui appartient, de droit et par nature.
Dans l’imaginaire sociopolitique de cette gauche wokiste – un imaginaire construit sur le racialisme le plus glauque –, Christine Kelly, en tant que femme noire née dans le département de Guadeloupe, devrait forcément être de gauche, afficher des opinions de gauche et s’engager à gauche. Selon la doxa wokiste, l’appartenance à une minorité ethnique et/ou religieuse induit implicitement une soumission idéologique aux doctrines politiques de gauche, ainsi que la servitude intellectuelle à l’égard des partis et organisations représentatives de la gauche.
À la « nouvelle France » LFIste correspond une nouvelle forme d’esclavage : l’esclavage mental, un esclavage mental par lequel la gauche radicale voudrait enchaîner moralement tout Français issu de la « diversité ». La gauche ne peut donc tolérer que Christine Kelly échappe à son emprise et demeure une journaliste libre de ses choix éditoriaux. Aux Antilles françaises, à l’époque du sinistre Code Noir, lorsqu’un esclave s’enfuyait de la plantation pour recouvrer sa liberté, on lui coupait le jarret. Aujourd’hui, en exigeant la fermeture d’Europe 1 et de Cnews, la non moins sinistre extrême gauche racialiste voudrait couper la parole à Christine Kelly (1).
Confronté à une femme noire gaucho-divergente telle que Christine Kelly, un citoyen à l’esprit formaté par l’idéologie wokiste se retrouve en situation de dissonance cognitive. Ledit wokiste n’a dès lors plus qu’une solution pour échapper à cette douloureuse et insoluble contradiction : la haine !
Nous vous aimons comme nos enfants !
La gauche aime les Noirs.
Enfin, presque… Elle aime certains Noirs.
Elle aime les Noirs pauvres.
Elle aime aussi les Noirs en échec scolaire.
Bref, la gauche blanche et bourgeoise aime les Noirs qui lui permettent de se vautrer dans cette abjecte compassion paternaliste et néocoloniale qui lui tient désormais lieu de morale.
La gauche aime encore davantage les Noirs rappeurs ineptes qui éructent leur francophobie et qui exhibent leur vulgarité « bling bling ».
Elle aime enfin à la folie les Noirs qui se comportent comme des « racailles » ou qui ont versé dans l’identitarisme islamique.
Cette gauche blanche et privilégiée aime les Noirs délinquants ou intégristes religieux en qui elle voit des « damnés de la Terre » encore capables de faire une révolution à laquelle elle est physiquement inapte.
« Nous savons mieux que vous ce qui est bon pour vous » et « rejoignez-nous car vous êtes fragiles et nous vous protégerons » ; voilà au fond quel est le discours infantilisant que la gauche tient à nos frères et sœurs français qui ne sont pas des leucodermes de vieille souche européenne. Quand le prétendu « antiracisme » des cuistres et des pédants recycle les stéréotypes les plus sordides du racisme biologique pour les hybrider avec le racisme de classe…
De Zola à Uber…
La bourgeoisie industrielle de droite du XIXe siècle avait ses dames patronnesses : dans « Germinal », de Zola, c’est Cécile Grégoire, fille d’un gros actionnaire de la Compagnie des mines de Montsou, qui donne de vieux vêtements et de la brioche aux enfants de la Maheude.
La bourgeoisie culturelle de gauche, en 2026, a ses bien-pensants : ils bossent dans la com’, la finance, les médias ou la haute fonction publique et ils exhibent complaisamment leur repentance post-coloniale en toutes circonstances. Mais, comme les Grégoire de Zola, ils ne donnent jamais d’argent aux enfants déshérités, fussent-ils « racisés ». À la place, ils donnent de bons sentiments pour se donner à eux-mêmes bonne conscience. Les bons sentiments, ça coûte encore moins cher que les haillons et que la brioche. Les bons sentiments, c’est la pénitence des bourgeois post-chrétiens ; les bons sentiments, c’est de la bonne conscience ubérisée.
Cette classe sociale élitaire actuelle – autrement dit, les « bobos » des centres urbains gentrifiés – a d’ailleurs largement renoncé à avoir des enfants. Mais elle s’est trouvée, avec les migrants (et tous ceux, français ou non, qu’elle assimile indistinctement et en vrac à la « diversité »), une progéniture de substitution lui permettant de jouer, de temps en temps, à la maman et au papa… Sauf que ces mamans et ces papas « bobos » et prétendument progressistes sont en fait des parents indignes dans la mesure où leurs enfants de substitution sont systématiquement relégués dans les banlieues et assignés aux emplois subalternes. L’antiracisme de la gauche wokiste, c’est voter LFI aux élections et donner deux euros de pourboire au subsaharien livreur de pizzas ou au maghrébin conducteur de VTC…
Dans ce schéma sociologique, Christine Kelly représente une incongruité, une anomalie qui vient infirmer toutes les postures paléopaternalistes et tous les préjugés néoracistes de la gauche wokiste ! Voilà une femme noire, originaire de la France ultramarine. Une femme noire qui a fait des études. Une femme noire qui, par son seul talent et par ses seules compétences, occupe un statut social élevé. Une femme noire dont le parcours professionnel est un modèle de réussite pour toutes les petites filles françaises, quelle que soit leur couleur et leur origine. Quelle insupportable provocation ! Il ne faudrait pas que tous les talentueux Français d’origine ultramarine ou étrangère prennent exemple sur Christine Kelly et ambitionnent par conséquent d’accéder aux emplois de prestige réservés à cette bourgeoisie progressiste de souche qui n’a pas d’autre projet que de rester en place ! L’antiracisme et l’inclusivité, ça va bien dans les discours et les déclarations d’intention, mais de là à cohabiter avec des mélanodermes dans les quartiers haussmanniens et à partager avec eux les postes de cadres dirigeants, c’est une autre affaire !
La gauche, c’est un idéal que nos bourgeois blancs et progressistes des grandes aires urbaines préfèrent appliquer aux autres, et ailleurs que chez eux…
Quand on n’a que la haine…
« Quand on n’a que l’amour à s’offrir en partage », chantait Jacques Brel, qui avait une sensibilité de gauche, à une époque où ce mot avait encore un sens…
La gauche actuelle, à la remorque des brutes de LFI, ne « partage » plus, elle divise… Elle divise la nation française en communautés ethnico-religieuses antagonistes. De même, elle n’a plus d’amour à « offrir ». En revanche, il lui reste de la haine, beaucoup de haine. Alors, elle insulte, elle diffame, elle anathématise et elle excommunie. En outre, elle encourage ceux qui brandissent des drapeaux étrangers sur le territoire français, même si ces drapeaux étrangers sont ceux de pays hostiles à la France et même si ces drapeaux étrangers sont ceux de dictatures qui embastillent les écrivains et les poètes… La gauche soutient aussi les casseurs, les incendiaires et les pillards. Elle cautionne les mêmes lorsqu’ils agressent les policiers, caillassent les pompiers ou tentent de brûler un enseignant.
Parfois même, l’extrême gauche lynche. Pas seulement verbalement.
Cette gauche-là déteste Christine Kelly.
Déjà insultée et menacée sur les réseaux sociaux, la journaliste est désormais dans le viseur idéologique de l’ARCOM et ce qu’elle subit s’apparente à une persécution de nature politique, une persécution telle qu’on peut en observer dans des pays où la liberté de la presse n’est pas garantie (2).
Christine Kelly pourrait renoncer. Elle pourrait aller à Canossa, faire son autocritique à la mode stalinienne et accomplir son coming out progressiste. Une fois obtenue l’absolution de la part du clergé médiatique wokiste, elle obtiendrait sans aucun doute des tribunes dans Le Monde, Libération ou L’Obs et animerait des émissions sur Radio Nova ou France Inter. Elle serait enfin du côté du bien officiel et il est fort probable que le déferlement de haine qui s’abat sur elle cesserait aussitôt. Qui pourrait lui reprocher de rechercher l’apaisement alors qu’elle est systématiquement ciblée par une gauche et une extrême gauche de plus en plus violentes, que ce soit verbalement, administrativement ou physiquement ?
Sauf que Christine Kelly ne cède pas. Elle tient tête à « la meute ».
Calmement. Imperturbablement. Avec le sourire.
Sans renoncer à son indépendance d’esprit.
Sans abjurer ses convictions.
Sans hurler et sans invectiver quiconque.
Avec cette dignité tranquille qui fait défaut à un Mélenchon si éructant qu’on pourrait le surnommer « le vain du postillon ».
Il y a du Cyrano de Bergerac chez cette femme.
Sa constance, son abnégation et son courage face à la haine dont elle est l’objet lui permettent légitimement de faire sienne cette réplique du héros d’Edmond Rostand : « … on n’abdique pas l’honneur d’être une cible ».
M. H.
(1) Dans ce contexte, l’étymologie du mot « sinistre » est explicite…
(2) Christine Kelly ciblée par l’ARCOM ! – Rupture
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