Le 7 octobre 2023, le jour où l’histoire a basculé
Le 7 octobre 2023 restera gravé dans ma mémoire comme un jour où l’histoire a basculé, où les avertissements d’un résistant afghan ont résonné avec une actualité tragique et immédiate.
Publié le 7 octobre 2025

Dans une conférence à Blois, le 7 octobre 2023, Ahmad Massoud, leader de la résistance afghane contre les talibans, nous interpellait sur les dangers de l’islamisme.
J’étais à Blois, aux Rendez-vous de l’Histoire, ce festival annuel qui rassemble historiens, penseurs et public autour des grands enjeux du passé et du présent. Cette édition, la 26e, portait sur le thème “Les vivants et les morts”, un titre qui, rétrospectivement, semble prémonitoire.
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J’assistais à la conférence d’Ahmad Massoud, fils du légendaire commandant Ahmad Shah Massoud, assassiné par Al-Qaïda en 2001. Ahmad Massoud, leader de la résistance afghane contre les talibans, nous interpellait sur les dangers de l’islamisme, sur l’oppression en Afghanistan et les résistances nécessaires pour préserver la liberté et les droits humains.

La salle était comble, l’atmosphère chargée d’émotion ; Massoud a reçu une ovation debout, entouré d’un important dispositif de sécurité, signe des menaces qui pèsent sur lui. Ses mots sur la lutte contre l’extrémisme islamiste, sur la nécessité de ne pas abandonner les peuples opprimés, m’ont profondément marqué. Il parlait d’un danger global, d’une idéologie qui transcende les frontières et menace les démocraties.
En sortant de cette conférence, encore imprégnée de cet appel à la vigilance, j’ai appris la nouvelle effroyable : le pogrom en Israël. Des terroristes du Hamas avaient lancé une attaque surprise, massacrant des centaines de civils – jeunes fêtards à un festival de musique, familles entières dans leurs kibboutz, enfants et personnes âgées.
Plus de 1 200 personnes tuées, des otages emmenés à Gaza, une barbarie qui rappelait les heures les plus sombres de l’histoire. Ce jour-là, le monde a basculé dans une nouvelle phase de conflit, et pour moi, c’était comme si les paroles de Massoud prenaient corps en temps réel.
L’islamisme radical qu’il dénonçait en Afghanistan se manifestait avec une violence inouïe aux portes de l’Europe, liant l’Afghanistan à Israël dans une chaîne de terreur idéologique. Cette coïncidence – écouter un avertissement sur l’islamisme le matin même où le Hamas perpétrait son atrocité – a marqué mon esprit à jamais. C’était un rappel brutal que l’histoire n’est pas un récit lointain, mais une force vivante qui peut frapper à tout moment.
Mais ce qui a rendu cette journée encore plus poignante, c’est la façon dont elle a révélé les failles de ma propre société. En France, pays des Lumières et de la laïcité, l’antisémitisme rampant qui gangrène notre nation s’est exacerbé depuis ce 7 octobre. Les actes antisémites ont explosé : selon le Service de protection de la communauté juive (SPCJ), ils ont augmenté de plus de 1 000 % dans les semaines suivantes, avec une moyenne de 25 à 40 incidents par jour dans le mois qui a suivi.
Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) a rapporté 1 676 actes en 2023, soit près de quatre fois plus qu’en 2022, et ce chiffre est resté élevé en 2024 avec 1 570 incidents. Des graffitis haineux, des menaces, des agressions physiques – une femme juive poignardée à Lyon avec une croix gammée taguée sur sa porte, des étoiles de David peintes sur des immeubles parisiens, des harcèlements d’enfants juifs à l’école. Ces actes ne sont pas isolés ; ils s’inscrivent dans une vague plus large, souvent liée au conflit israélo-palestinien, où “Palestine” est mentionné dans près d’un tiers des incidents post-7 octobre.
Des manifestations pro-palestiniennes ont parfois dérapé en slogans haineux, tandis que des communautés juives vivent dans la peur, avec des écoles et synagogues sous protection policière renforcée. Plus de 180 000 personnes ont marché à Paris et ailleurs en novembre 2023 contre cette hausse, un sursaut républicain bienvenu, mais insuffisant face à la persistance du phénomène. Des Juifs français émigrent vers Israël, se sentant de moins en moins en sécurité.
Cette gangrène sape les fondements de notre République : comment tolérer que des citoyens soient menacés pour leur identité ?
Deux ans plus tard, en 2025, cette journée du 7 octobre continue de hanter. Elle m’a enseigné que la vigilance face à l’islamisme et à l’antisémitisme n’est pas une option, mais une urgence. Massoud nous appelait à résister ; aujourd’hui, c’est à nous, en France, de combattre cette haine qui ronge de l’intérieur, pour que l’histoire ne se répète pas.
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