Tariq Ramadan : le donneur de leçons de morale absent à l’ouverture de son procès
Coup de théâtre ou tartufferie ? Tariq Ramadan, petit-fils du fondateur des Frères musulmans, habitué à masquer son islamisme politique, est visé par plusieurs plaintes pour viol. L'islamiste a annoncé par la voix de ses avocats être hospitalisé en Suisse, ce lundi, alors que s’ouvrait à Paris son procès où il est accusé de trois viols. La cour a demandé une expertise médicale.
Par Karim Maloum
Publié le 2 mars 2026

Henda Ayari (ici avec ses avocats), l'une des principales plaignantes contre Tariq Ramadan, lors de l'audience de ce lundi 2 mars où le prédicateur islamiste ne s'est pas présenté.
Le procès de l’islamologue suisse Tariq Ramadan pour des viols sur trois femmes commis en France de 2009 à 2016, qu’il conteste, s’est ouvert ce lundi devant la cour criminelle départementale de Paris. L’accusé de 63 ans ne s’est pas présenté à l’audience. Selon un de ses conseils, Me Marie Burguburu, Tariq Ramadan, qui souffre d’une sclérose en plaques, a été hospitalisé samedi à Genève.
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Depuis de nombreuses années, les accusations graves de viol contre lui et les victimes attendent ce procès, et la justice doit pouvoir accomplir sa mission. Mais Tariq Ramadan se moque ouvertement de la justice. Il est courant pour une personne qui fuit la justice de se déclarer malade et de multiplier les recours.
La cour a ordonné une expertise médicale sur pièces en raison de ces provocations. Sous contrôle judiciaire, Tariq ne doit quitter la France sans en informer la justice française. Il vivait à la frontière avec la Suisse.
La présidente de la cour a observé que le contrôle judiciaire imposé à Tariq Ramadan lui imposait aussi de vivre à Saint-Denis, près de Paris, et non à la frontière franco-suisse.
L’islamiste Tariq Ramadan déjà condamné par la justice suisse pour un viol
L’audience reprendra mercredi à 14 heures, a annoncé la présidente de la cour. En fonction de cette expertise collégiale sur pièces, confiée à deux neurologues, la cour décidera si elle renvoie ou pas le procès à une date ultérieure.
L’islamiste Tariq Ramadan déjà condamné par la justice suisse pour un viol sur une autre femme, est censé comparaître jusqu’au 27 mars devant une cour composée uniquement de juges professionnels. Il encourt jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle.
Le Tribunal fédéral souligne que la cour de justice genevoise « a fondé son verdict sur plusieurs témoignages, certificats, notes médicales et avis d’experts privés qui concordaient selon elle avec les faits dénoncés par la victime ». La plaignante, qui se fait appeler « Brigitte » pour se protéger de menaces, avait porté plainte dix ans après les faits, encouragée par les plaintes déposées par des femmes en France en 2017 contre l’islamologue.
L’affaire a commencé fin octobre 2017 avec la plainte d’une première femme, Henda Ayari, ancienne salafiste devenue militante laïque. L’homme fait l’objet d’une deuxième plainte déposée à Paris le 26 octobre, en plein débat autour du harcèlement sexuel dans la société, et qui dénonce des faits similaires
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