Périscolaire à Paris : Anne Hidalgo fait part de ses « regrets immenses » à propos des violences faites aux enfants

"Nos institutions ont failli" dans la protection des enfants, a estimé Anne Hidalgo.L’ancienne maire de Paris est auditionnée au Sénat mardi, qui enquête sur les violences sexuelles dans le périscolaire en France. Évoquant un "échec collectif", a-t-elle également affirmé. Agresser un enfant, c’est aussi agresser l’avenir, c’est fragiliser les adultes de demain.

Par Karim Maloum

Publié le 15 septembre 2026

Périscolaire à Paris : Anne Hidalgo fait part de ses « regrets immenses » à propos des violences faites aux enfants

«Le nombre de victimes est intolérable, inacceptable», souligne Anne Hidalgo.

Les violences faites aux enfants sont les plus graves des violences contre les personnes, étant les plus fragiles. C’est profondément pervers d’agresser un enfant. L’heure des explications pour Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire : l’ancienne maire de Paris et son successeur sont convoqués, mardi 15 et mercredi 16 septembre, au Sénat, qui enquête sur les violences sexuelles dans le périscolaire en France, alors que des investigations pénales visent les édiles parisiens.

Agresser un enfant, c’est aussi agresser l’avenir, c’est fragiliser les adultes de demain. Dans cette affaire, les sanctions devront être particulièrement sévères, cela devra servir d’exemple.

Devant les sénateurs, l’ancienne maire de Paris a dit que ses « premières paroles seront bien sûr pour toutes les petites Parisiennes et les petits Parisiens victimes de prédateurs sexuels dans l’enceinte de l’école et dans le cadre des activités périscolaires », avant de dire « à toutes les victimes et à leur famille toute sa compassion » et de faire part de ses « regrets immenses pour ce qu’elles ont subi ».

« Si nous sommes ici devant vous aujourd’hui, c’est parce que nos institutions, mairie de Paris, collectivités locales, Éducation nationale, police, justice, malgré les actes posés et malgré la conscience réelle des abus sexuels dont sont victimes nos enfants dans notre pays, nos institutions ont failli dans la protection de nos enfants », a déclaré Anne Hidalgo, qui a dirigé la capitale pendant 12 ans.

Anne Hidalgo affirme que les signalements ne se sont pas bien déroulés au sein de son administration dès les premiers cas, il y a dix ans. « Il y a eu des dysfonctionnements, des chaînes d’information qui n’ont pas fonctionné », a-t-elle dit, regrettant que la moitié des recommandations du rapport de l’inspection générale de la Ville en 2015, qu’elle avait commandé, n’aient pas été mises en œuvre de manière satisfaisante en raison d’un « non-respect » de « consignes » qu’elle avait données.

« La doctrine que j’ai demandé d’appliquer et qui n’a pas été appliquée jusqu’au bout était une suspension immédiate de l’agent pour lequel un signalement a été fait », et que l’animateur en question ne puisse être « remis en contact avec des enfants ».

Hidalgo réclame des réformes « absolument indispensables »

À plusieurs reprises, l’ancienne maire de Paris de 2014 à 2026 a admis l’existence de failles dans l’appréhension de ces infractions, sans pour autant reconnaître de problème systémique au sein de l’école. « S’il y a eu un nombre de victimes extrêmement important, c’est qu’il y a eu des failles. C’est un échec collectif. » Cette dernière a ainsi jugé qu’il fallait désormais « mettre des garde-fous pour éviter que des prédateurs ne s’en prennent aux enfants ». En fin d’audition, Anne Hidalgo a également confessé : « Je n’ai pas rencontré » les familles des victimes en 2025 « et je le regrette. (…) Il n’y a pas d’excuses ».

« Malgré tout cela, il y a quand même des prédateurs qui se sont inscrits et qui ont agressé nos enfants », a ajouté Mme Hidalgo, sans reconnaître un problème systémique au sein du périscolaire comme lui a demandé la rapporteure de la commission, la sénatrice LR Agnès Evren.

« Ce qui a été fait n’est pas suffisant, c’est clair. Mais les outils juridiques à la disposition des maires ne sont pas suffisants », dénonce Anne Hidalgo qui demande des réformes « absolument indispensables ».

Le sénateur (LR) Max Brisson reconnaît les lenteurs administratives dans les prises de décisions et admet les reconnaître en tant qu’élu local. « Quand il s’agit d’un équipement pour les services des jardins, ce n’est pas grave. Quand il s’agit ici d’apporter des réponses à des parents en détresse, il y a là un hiatus que notre société ne peut plus comprendre », déplore-t-il.

Anne Hidalgo affirme apprendre parfois le classement sans suite d’animateurs d’écoles parisiennes. Malgré la colère et l’incompréhension des familles, toutefois, elle rappelle que la mairie de Paris est obligée de réintégrer dans ses effectifs lesdits animateurs. «L’administration applique le droit», assure-t-elle.

«Si on veut respecter les victimes et à nos institutions d’empêcher que des prédateurs»rôdent dans les écoles, « alors il faut réfléchir sérieusement aux failles collectives de notre système et trouver des solutions », poursuit l’ex-élue.

K. M.

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