Municipales 2026 :  Vaux-en-Velin, Mantes-la-Jolie, Creil, Blanc-Mesnil… des sortants menacés, hués ou escortés par la police après leur défaite aux municipales

À Creil, à Mantes-la-Jolie ou au Blanc-Mesnil, certains de ces maires perdants face à un candidat LFI ont dû être escortés par la police, du jamais vu au cours d'un scrutin municipal. Les scènes montrant plusieurs maires battus, hués et insultés à Vaux-en-Velin, au Blanc-Mesnil ou à Creil sont « un scandale », ont estimé, mercredi matin, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, et la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.

Par Marie Dolores Prost

Publié le 25 mars 2026

Municipales 2026 :  Vaux-en-Velin, Mantes-la-Jolie, Creil, Blanc-Mesnil… des sortants menacés, hués ou escortés par la police après leur défaite aux municipales

Thierry Meignen, sénateur LR élu au Blanc-Mesnil en 2020, battu aux élections municipales de 2026 a été hué et insulté.

À l’issue du second tour des élections municipales du 23 mars 2026, des listes soutenues par La France insoumise ou qui lui sont alliées ont remporté des victoires significatives dans plusieurs communes emblématiques. À Creil, dans l’Oise, le candidat insoumis Omar Yaqoob a battu la maire sortante socialiste Sophie Dhoury-Lehner. Au Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis, Demba Traoré, soutenu par LFI, a défait le maire sortant Les Républicains Thierry Meignen. À Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, Adama Gaye, allié à LFI, a emporté la mairie face au maire sortant divers droite Raphaël Cognet.

Ces alternances électorales, issues du suffrage universel, auraient dû s’inscrire dans le cadre d’un débat républicain respectueux et d’un transfert serein du pouvoir. Pourtant, elles ont été immédiatement suivies de scènes d’une rare indignité, totalement indignes de la France et de sa tradition démocratique.

Des images choquantes ont ainsi circulé : des maires et élus sortants battus démocratiquement, la socialiste Sophie Dhoury-Lehner à Creil, le républicain Thierry Meignen au Blanc-Mesnil et le divers droite Raphaël Cognet à Mantes-la-Jolie poursuivis dans les rues par des militants, hués, insultés et humiliés publiquement dans des scènes de vindicte collective.

Des propos d’une violence extrême ont été proférés : « Dégage de là ! », « Arrache ta mère ! », « Prends tes affaires et casse-toi ! », « Rentre chez ta mère ! ». 

« Tire toi ! », « arrache ta mère« . Les élections municipales ont accouché de passations de pouvoir houleuses

À Creil, l’ancien maire socialiste Jean-Claude Villemain a également été chahuté de manière dégradante. Ces comportements d’intimidation et d’humiliation, largement diffusés, constituent une régression inacceptable, bien éloignée d’une alternance digne d’une grande démocratie.

« Tire toi ! », « arrache ta mère« . Les élections municipales ont accouché de passations de pouvoir houleuses dans plusieurs villes après l’annonce des résultats ce dimanche 22 mars. La maire sortante de Vaulx-en-Velin (Rhône) la socialiste Hélène Geoffroy a ainsi été insultée après avoir été battue par l’Insoumis Abdelkader Lahmar.

Les scènes de maires sortants hués sont « un scandale », dénoncent Olivier Faure et Yaël Braun-Pivet

« C’est honteux, c’est même un scandale démocratique que de voir des gens hués, des maires qui ont fait leur travail, qui l’ont fait avec conscience », a déclaré Olivier Faure sur Franceinfo, se disant contre « toute forme de hooliganisation de la vie politique ».

« C’est un pur scandale », a renchéri Yaël Braun-Pivet sur Sud Radio. Elle a rappelé qu’un élu «donne de sa vie, donne de son temps, donne son énergie pendant six ans ». « Voir que cet engagement total est ainsi conspué, hué, ça fait peur à voir et ça m’inquiète », a-t-elle ajouté.

De telles scènes de violence se sont produites dans plusieurs villes conquises par la France Insoumise et ses alliés. Face à ces dérives, une interrogation grave et urgente s’impose : la démocratie s’efface-t-elle devant des gauchistes violents et conquérants qui ne se contentent pas de gagner aux urnes, mais qui tolèrent ou encouragent l’intimidation et la violence verbale à l’encontre de leurs adversaires politiques ? La République peut-elle survivre si l’alternance s’accompagne d’un tel mépris pour la dignité des élus battus ? 

L’heure est à la défense intransigeante des principes démocratiques fondamentaux, sans lesquels notre vie publique risque une régression irréversible.

M. D. P.

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