Le FMI plus optimiste pour la croissance pour la zone euro, mais prévoit un décrochage pour la France

Dans son nouveau rapport publié, mardi 13 octobre, sur l’état de l’économie mondiale à l’occasion de son assemblée annuelle à Bangkok, le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance dans la zone euro de 1,1 % en 2026, soit 0,2 point de plus par rapport à sa prévision de juillet. L'économie française est à contre-courant.

Par Karim Maloum

Publié le 13 octobre 2026

Le FMI plus optimiste pour la croissance pour la zone euro, mais prévoit un décrochage pour la France

Le FMI a révisé à la hausse sa prévision de croissance pour la zone euro, mais il observe un déclin de l'économie française.

Dans son rapport sur l’état de l’économie mondiale publié mardi 13 octobre, le Fonds monétaire international (FMI) a relevé ses prévisions pour les principales économies européennes, mais cela ne s’applique pas à la France.

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance dans la zone euro de 1,1 % en 2026, soit 0,2 point de plus par rapport à sa prévision de juillet. Pour l’année suivante, le FMI maintient sa prédiction de 1,2 % de croissance. Avec ce niveau, elle retrouverait son taux de croissance de 2025, alors que l’économie pâtit toujours des conséquences de la guerre au Moyen-Orient.

La croissance en zone euro est portée notamment par l’Allemagne, première économie européenne, qui enregistre une forte accélération avec une croissance revue en hausse de 0,6 point à 1,3%. Elle s’établirait à 1,1% en 2027 (+0,1). L’Espagne confirme son dynamisme : sa croissance atteindrait 2,5% cette année (+0,4 point) avant de fléchir à 1,8% en 2027, une prévision inchangée. L’Italie profite également d’une embellie, avec une croissance attendue à 0,8% (+0,3 point) en 2026 et à 0,6% en 2027 (+0,1).

Mais cette dynamique ne se poursuit pas en France pour laquelle le FMI a revu à la baisse ses prévisions de croissance (-0,2 point en 2026 et 2027). L’institut de Washington prévoit donc pour elle une croissance de 0,4 % en 2026 et de 0,7 % en 2027. 

Les performances économiques des pays asiatiques ont principalement conduit à cette hausse de la croissance prévue, alors que les pays émergents sont confrontés à une augmentation des coûts liés aux hydrocarbures causée par le conflit au Moyen-Orient.

« Deux forces agissent sur l’économie : d’un côté, une hausse des prix de l’énergie qui vient créer des chocs d’approvisionnement négatifs, renforçant l’inflation ; de l’autre, les investissements, principalement dans l’intelligence artificielle, qui génèrent un choc de demande », a détaillé la nouvelle cheffe économiste du FMI, Silvana Tenreyro, lors d’une conférence de presse.

Tous les moteurs de la croissance française sont grippés

La France fait bien figure d’exception, puisqu’à l’échelle mondiale, le FMI a également relevé sa prévision de croissance en 2026, désormais attendue à 3,1 %, et prévoit une accélération à 3,4 % en 2027.

Les causes sont connues : l’économie française « décroche ». Dans une note intitulée « vigilance orange sur la croissance », et publiée jeudi 10 septembre, l’Insee a fortement abaissé sa prévision de croissance pour 2026. Elle passe de 0,4% du produit intérieur brut (PIB) contre 0,7% envisagé en juin. Cette nouvelle prévision marque aussi un ralentissement par rapport à la croissance de 0,9% en 2025. Si ce chiffre se confirmait, il s’agirait de la plus faible croissance depuis 2012, hors Covid.

Plus largement, « tous les moteurs de la croissance française sont grippés: la consommation privée est atone, la consommation publique progresse moins vite et l’investissement patine », résume Clément Bortoli, chef de la division Synthèse conjoncturelle au sein du département de la conjoncture. En réalité, « seul le commerce extérieur », essentiellement dans les secteurs aéronautique et naval, porte l’activité tricolore.

L’inflation, qui a atteint 2,4% en août, continuerait d’augmenter pour atteindre 2,9% en France en fin d’année, indique-t-elle. Le pouvoir d’achat des ménages reculerait de 0,4% sur l’année, sous l’effet de la baisse de l’emploi salarié et de l’atonie des salaires réels.

Ce n’est pas nouveau. La France n’a plus dégagé d’excédent commercial global depuis 2004 : ce déficit est chronique, pas conjoncturel. Elle est aussi en situation de déficit budgétaire, de façon ininterrompue depuis 1974. L’an dernier, il a atteint plus de 152 milliards d’euros, soit 5,1 % du PIB.

Le déficit commercial de la France s’est dégradé de 900 millions d’euros sur un mois pour atteindre 6,7 milliards d’euros en juillet en raison de la hausse des importations, a indiqué le bureau des Douanes françaises mardi. Sur le mois de juillet, les importations ont atteint 61,3 milliards d’euros et les exportations 54,7 milliards d’euros.

K. M.

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