La France emprunte à 10 ans à un taux supérieur à 4%, un taux qui n’a jamais été aussi haut depuis 2009

Encore une mauvaise nouvelle pour les finances publiques... mais pas seulement. Les taux auxquels la France emprunte sur dix ans ont dépassé ce jeudi le seuil de 4% pour la première fois depuis juin 2009. Ce taux correspond au rendement exigé par les investisseurs pour prêter à la France pendant une décennie. Plus ce taux est élevé, plus la facture grimpe pour les finances publiques.

Par Karim Maloum

Publié le 24 juillet 2026

La France emprunte à 10 ans à un taux supérieur à 4%, un taux qui n’a jamais été aussi haut depuis 2009

de 3,6 milliards d’euros. Le pays a recours à des emprunts sur les marchés pour se financer. Avec l'aggravation des situations financières et géopolitiques, l'inflation est de plus en plus menaçante.

Il n’y a pas eu une émission obligataire française aussi importante depuis 2009. Le taux d’emprunt sur dix ans des obligations assimilables au Trésor (OAT) a dépassé 4% ce jeudi 23 juillet, ce qui est inédit. À 9h47 à Paris, les obligations françaises à dix ans affichaient un rendement de 4,014%. Ce taux correspond au rendement exigé par les investisseurs pour prêter à la France pendant une décennie. Plus ce taux est élevé, plus la facture grimpe pour les finances publiques.

Ce seuil symbolique pose la question du coût des intérêts de la dette publique française, se situe au niveau record. En effet, les finances publiques tricolores sont en mauvaise posture. La dette publique de la France a augmenté à 3.536,1 milliards d’euros à la fin du premier trimestre 2026, pour s’établir à 117,5% du Produit intérieur brut (PIB), a annoncé l’Insee ce jeudi 25 juin. 

 La dette publique française évolue sur une trajectoire ascendante presque ininterrompue depuis des décennies. Portée par des crises successives et des déficits structurels, elle s’est alourdie de manière très spectaculaire, traversant les quinquennats sans réelle inflexion durable.

À titre de comparaison, le budget de l’Éducation nationale en 2026 est de 64,5 milliards d’euros et celui de la défense est à 57 milliards. En 2026, la charge d’intérêts de la dette atteindrait 77,4 milliards d’euros, et le choc d’inflation y contribuerait à hauteur de 3,6 milliards d’euros.

Le pays a recours à des emprunts sur les marchés pour se financer. Avec l’aggravation des situations financières et géopolitiques, l’inflation est de plus en plus menaçante, ce qui fait que les créanciers prennent davantage de risques pour voir la valeur de leur capital diminuer. De facto, le taux d’intérêt augmente. En ce mois de juillet, les inquiétudes liées à la guerre au Moyen-Orient entraînent ainsi une hausse du taux.

Tensions inflationnistes liées à l’énergie

Au 14e jour de la guerre au Moyen-Orient, les États-Unis ont effectué, pour le douzième jour consécutif, des frappes contre l’Iran, dans la nuit du lundi 20 au jeudi 23 juillet. L’armée américaine a bombardé l’Iran, entre mercredi 22 et jeudi 23 juillet, tandis que le régime iranien continue de répliquer de façon sporadique à travers le Moyen-Orient, y compris sur les bases militaires des États-Unis.

Certains responsables politiques et candidats aux élections présidentielles ont récemment prétendu qu’il serait possible de continuer à dépenser, voire à les encourager. Reste qu’à un taux de 4%, le coût de l’emprunt pour les finances publiques va devenir de plus en plus important. La « charge » de la dette, à savoir les intérêts versés aux créanciers, est ainsi devenue dans le budget le premier poste de l’État, devant celui de l’Éducation nationale.

Malheureusement, la dette française n’est pas détenue par des personnes qui résident en France. Il serait possible pour les créanciers de réclamer un taux d’intérêt supérieur à 4% sans aucune difficulté. Quelque 56 % des créanciers de la dette de la France étaient « non-résidents » fiscaux fin 2025, contre 50,1 % en décembre 2022, selon l’Agence France-Trésor (AFT), service de Bercy qui émet les obligations françaises.

Côté créanciers français, les compagnies d’assurance (9,6 %), les banques (10,5 %), les organismes de placement collectif (OPCVM, 1,8 %) et une nébuleuse d’« autres créanciers » (22,2 %) complètent le tableau des détenteurs des plus de 3 500 milliards d’euros de dette publique française à la fin du premier trimestre 2026.

K. M.

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