La langue française malmenée en Algérie, l’Institut français en Kabylie toujours fermé
Le français est de nouveau un enjeu politique majeur en Algérie en raison des tensions qui prévalent depuis deux ans dans les relations diplomatiques avec la France. Abdelmadjid Tebboune a décidé de remplacer le français par l'anglais comme deuxième langue à l'école dès la troisième année du primaire. Cependant, les plus hauts responsables préfèrent inscrire leurs enfants au Lycée International Alexandre Dumas d'Alger, pour les envoyer ensuite étudier en France, en français, plutôt qu'à l'école algérienne islamo-arabisée dont ils louent les vertus. Cette attaque contre le français a commencé en décembre 1994, lorsque le gouvernement a fermé l'Institut français de Tizi Ouzou, le seul sur les six existant dans le pays.
Par Achour Boufetta
Publié le 22 juillet 2026

L'Institut français de Tizi Ouzou est fermé depuis 1994.
Jusqu’à 1994, l’Algérie disposait de six instituts français, anciennement CCF, Centre culturel français, ainsi répartis : Alger, Tizi Ouzou, Oran, Tlemcen, Constantine, Annaba. A Alger, il y en a deux en plus du LIAD, le Lycée international Alexandre Dumas, à Ben Aknoun.
A la surprise générale, en décembre 1994, le gouvernement algérien a fermé l’institut de Tizi Ouzou, le seul sur les six. Les autres instituts jamais été fermés ; ils continuent toujours de fonctionner, de recevoir les gens, de dispenser des cours de français, d’organiser des activités culturelles.
Pour justifier la fermeture de l’institut de Tizi Ouzou, que d’aucuns savaient injuste et politique, ont été avancées des raisons sécuritaires. Or, nul n’était dupe pour comprendre que ces raisons ne pouvaient convaincre personne.
En fermant uniquement l’institut de Tizi Ouzou pour des raisons sécuritaires, au moment où le terrorisme islamiste frappait à travers tout le pays, cela voulait-il dire que le gouvernement de l’époque abandonnait les autres régions du pays ?
En réalité, il s’agissait d’une décision politique pour sévir contre une région frondeuse, une région rebelle, une région que l’arabo-islamisme voulait assujettir.
Xavier Driencourt, ex-ambassadeur de France à Alger, qui s’était entretenu avec de hauts responsables, alors qu’il était en poste, a eu à s’exprimer sur cette fermeture qu’il disait politique, car c’était la Kabylie. « Pourquoi n’avoir fermé que l’institut de Tizi Ouzou ? » se demandait l’opinion publique.
Pourquoi l’institut n’a pas été rouvert une fois le terrorisme islamiste vaincu ?
Pourquoi fermer un institut français dans une région la plus francophone et celle qui compte l’une des plus importantes universités du pays où la majeure partie de ses spécialités sont enseignées en français ? Une décision qui pénalise les étudiants de Kabylie qui sont nombreux à solliciter des visas pour lesquels la procédure CampusFrance est indispensable, une procédure qui les contraint à se déplacer jusqu’à Alger, distante de cent kilomètres. Comme ce refus de l’Algérie d’intégrer l’Organisation internationale de la francophonie. Un où il a été décidé de faire remplacer le français par l’anglais, une langue qui n’est absolument pas parlée, contrairement au français, présent partout ; pas un président, pas un ministre, pas un haut responsable ne peut s’exprimer sans recourir au français.
Les plus hauts responsables préfèrent inscrire leurs enfants au Lycée International Alexandre Dumas d’Alger, pour les envoyer ensuite étudier en France, en français, plutôt qu’à l’école algérienne arabo-islamisée dont ils louent les vertus.
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