Kamel Daoud condamné en Algérie : Quand un écrivain dérange, la prison devient la réponse

La condamnation de Kamel Daoud à trois ans de prison par le régime algérien n’est pas seulement une décision de justice, c’est un acte politique brutal, une déclaration de guerre faite à la pensée libre. Que l’on jette en prison un écrivain, qui plus est lauréat du Prix Goncourt pour son roman Houris, dit tout de la fébrilité d’un pouvoir incapable de tolérer la moindre dissidence.

Par Kamel Bencheikh

Publié le 22 avril 2026

Kamel Daoud condamné en Algérie : Quand un écrivain dérange, la prison devient la réponse

Kamel Daoud doit être libre. Parce qu’un écrivain en prison, c’est une société entière que l’on enferme.

Ce verdict infâme révèle une vérité que beaucoup feignent encore d’ignorer. En Algérie, écrire reste un acte dangereux. Penser, un risque. Nommer, un crime. Le régime, arc-bouté sur ses réflexes autoritaires, ne supporte ni les voix singulières ni les consciences libres. Il préfère les faire taire, les briser, les enfermer.

Kamel Daoud n’est pas un agitateur de l’ombre. Il est une voix reconnue, traduite, discutée, parfois contestée — mais toujours vivante. Et c’est précisément cela que l’on veut abattre. Cette capacité à déranger, à interroger, à fissurer les certitudes imposées. Derrière sa condamnation, il y a la peur d’un pouvoir qui tremble face à la littérature, comme si un roman pouvait ébranler ses fondations. Peut-être a-t-il raison d’avoir peur.

Car la littérature, lorsqu’elle est sincère, est une force subversive. Elle ne ment pas. Elle n’obéit pas. Elle échappe. Et dans les régimes autoritaires, ce qui échappe est insupportable.

Ce qui se joue aujourd’hui dépasse le cas d’un seul homme. C’est une attaque frontale contre la liberté d’expression, contre la dignité intellectuelle, contre le droit fondamental de dire le monde tel qu’on le voit. Ceux qui se taisent aujourd’hui deviennent les complices de cette violence.

Il faut nommer les choses avec les mots qu’il faut : emprisonner un écrivain pour ce qu’il écrit est un acte de dictature. Et il faut répondre avec la même clarté. La solidarité ne doit pas être tiède, elle doit être totale.

Kamel Daoud doit être libre. Parce qu’un écrivain en prison, c’est une société entière que l’on enferme.

K. B.

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